Fibrome utérin : l’embolisation une alternative à l’ablation de l’utérus

Auteur /Etablissement :
La très bonne qualité de la vie et la satisfaction des femmes traitées par embolisation pour un fibrome utérin sont un des atouts de cette technique moins agressive et plus respectueuse de leur corps. A la différence de l’hystérectomie (ablation de l’utérus), l’embolisation préserve l’utérus et assure à la patiente un retour à une qualité de vie, notamment sexuelle, bien meilleure qu’avant traitement. Fort des résultats de l’étude EFUZEN* (Evaluation de la Fonction sexUelle cheZ des patientes atteintes de fibromEs utériNs) menée auprès de 264 femmes, le CHRU de Tours entend promouvoir cette alternative à l’hystérectomie radicale
La très bonne qualité de la vie et la satisfaction des femmes traitées par embolisation pour un fibrome utérin sont un des atouts de cette technique moins agressive et plus respectueuse de leur corps. A la différence de l’hystérectomie (ablation de l’utérus), l’embolisation préserve l’utérus et assure à la patiente un retour à une qualité de vie, notamment sexuelle, bien meilleure qu’avant traitement. Fort des résultats de l’étude EFUZEN* (Evaluation de la Fonction sexUelle cheZ des patientes atteintes de fibromEs utériNs) menée auprès de 264 femmes, le CHRU de Tours entend promouvoir cette alternative à l’hystérectomie radicale ; un acte chirurgical encore employé dans 2 cas sur 10, sur des femmes de 40 et 50 ans. 
Au CHRU de Tours, 1er centre d’inclusion pour l’étude EFUZEN, les équipes de gynécologie et de neuro-radio interventionnelles collaborent pour proposer de traiter les fibromes (ou myomes) utérins par embolisation des artères utérines Elle peut constituer une alternative à la chirurgie radicale comme l’ablation de l’utérus ou hystérectomie ou bien à la chirurgie conservatrice : la myomectomie ou ablation des fibromes. 
L’embolisation des artères utérines permet de détruire les fibromes, sans les retirer chirurgicalement. Les fibromes utérins peuvent se développer grâce à leur vascularisation (vaisseaux sanguins qui apportent les éléments nécessaires à la croissance des fibromes). En interrompant la vascularisation des fibromes, les cellules ne pourront plus se développer ni se renouveler et elles vont mourir. Les fibromes ainsi détruits ne vont pas disparaître totalement mais devenir inertes et réduire de volume progressivement dans le temps. Les symptômes  comme les saignements, les signes de compression liés aux volumes et parfois les douleurs vont disparaître peu à peu.

Les contre-indications de l’embolisation
 Il n’y en a quasi pas hormis la grossesse et les contre-indications à une artériographie. Même si l’embolisation n’est pas indiquée pour les femmes ayant un désir de grossesse, elle est néanmoins possible chez certaines femmes dans le cadre d‘études. 
L’embolisation est pratiquée par un radiologue spécialisé en « interventionnel », sous anesthésie, péridurale ou analgésie importante, et se déroule en ambulatoire. La récupération complète prend en général 1 à 2 semaines. 
Les conséquences de l’embolisation
Sur le moment : des douleurs à type de contractions qu’il faut soulager avec des antalgiques puissants intraveineux. A distance, les symptômes vont disaparaître progressivement. 

Les chances de succès de ce traitement
Le taux d’efficacité du traitement des fibromes par embolisation, est équivalent aux traitements chirurgicaux conservateurs, avec diminution des saignements, des douleurs pelviennes et du volume de l’utérus. Les études montrent que 78 à 94% des femmes qui ont ce type de traitement ont une amélioration significative ou totale de leurs douleurs et des autres symptômes ne justifiant plus d’autres traitements. En cas de fibromes nombreux, ce traitement est efficace si leur taille est limitée et leur localisation circonscrite. 

Promouvoir l’embolisation
Cette technique est encore trop peu utilisée en France malgré des recommandations demandant aux gynécologues de la proposer systématiquement en alternative à la chirurgie. Par cette communication, le CHRU de Tours veut contribuer à vaincre les réticences des médecins, principal obstacle à cette alternative qui, témoignages à l’appui, satisfait les femmes.
En savoir plus sur l’étude EFUZEN sur la sexualité des femmes avant et un an après l’embolisation des fibromes utérins 
L’étude a été réalisée sous l’égide de la Société Française d’Imagerie Cardio-Vasculaire. Elle a confirmé en accord avec d’autres études étrangères, le bénéfice de l’embolisation sur la qualité de vie et sur la sexualité des femmes ; Mais elle a pour la première fois étudié complètement cette sexualité en distinguant l’aspect psychologique (désir, excitation, satisfaction) de l’aspect fonctionnel (lubrification, orgasme et douleur). 
25 centres français ont recruté 264 femmes souffrant d’hémorragies ou de pesanteur pelvienne avec douleurs, et ou dyspareunies. Après leur accord écrit, elles devaient remplir, de façon anonymisée, 2 questionnaires spécifiques des fibromes utérins: un sur la qualité de vie l’autre sur la sexualité (index de la fonction sexuelle de la femme par Rosen*). Parallèlement, une IRM avant et après embolisation étaient effectuées ainsi que le recueil de tous les effets indésirables et de toutes les modifications cliniques par un laboratoire indépendant. Du fait des réponses incomplètes sur la multitude de données requises, 222 dossiers ont pu être étudiés. 
Il en ressort que dans 85 % des cas les hémorragies et dans 88% le syndrome de pesanteur pelvienne ont disparu. Surtout elle a montré une amélioration très importante du score de sexualité (79%) et une moyenne des femmes repassant à une qualité normale de la sexualité. Cela avec 2% d’effets mineurs indésirables 1% d’échec de réalisation du geste et 5% de chirurgie secondaires à un an. La non-randomisation est une limite de cette étude mais cela semble difficile de le faire versus hystérectomie (retirer chirurgicalement l’utérus), l’orgasme se propageant par l’utérus, il y a un biais certain. Elle est envisageable avec la myomectomie (enlever le fibrome chirurgicalement). 

EFUZEN est une étude de recherche clinique prospective nationale multicentrique dont les co-promoteurs étaient la SFICV et CeloNova BioSciences. Le but était d’étudier la qualité de vie après embolisation utérine utilisant les particules Embozene® pour le traitement des fibromes utérins. Compte tenu du nombre de publications existantes, l’étude s’est intéressée en particulier à la fonction sexuelle des patientes avant et après embolisation utérine. 
Objectifs détaillés de l’étude
L’objectif principal de cette étude a été d’évaluer la fonction sexuelle chez des patientes atteintes de fibromes utérins traités par embolisation artérielle à 12 mois post-embolisation. 
*Index de la fonction sexuelle de la femme par Rosen L’Index de la fonction sexuelle féminine (IFSF) est un outil psychométrique validé mesurant la fonction sexuelle chez les femmes. Cependant, les validations passées ont souvent été effectuées auprès de populations cliniques et l’IFSF servait comme outil de dépistage des dysfonctions sexuelles. 

À lire également

Diagnostic des maladies sur tissus et cellules : à Angers, le grand virage 

Le CHU d’Angers a récemment annoncé qu’il avait pris, en collaboration avec le Centre hospitalier du Mans, un véritable virage numérique en matière d’anatomocytopathologie (ACP), spécialité médicale dédiée à l’étude des cellules et tissus des organes pour établir des diagnostics, en acquérant des scanners de lames de dernière génération. Une modernisation des pratiques d’ACP présentant de nombreux bénéfices au profit des patients comme des équipes hospitalières, et un levier d’attractivité pour une discipline en tension.

Au CHU de Saint-Etienne, on lutte contre la méningite par le jeu

Pour la troisième année consécutive, l’équipe d’Infectiologie du CHU de Saint-Étienne et la Chaire PréVAcCI de l’Institut Universitaire PRESAGE s’unissent pour une journée de sensibilisation face à la recrudescence des méningites à méningocoques. En partenariat avec l’association Petit Ange, cette initiative transforme l’apprentissage de la santé en une expérience immersive pour les adolescents du territoire.

Les Hospices Civils de Lyon se dotent d’un entrepôt de données de santé

Comme d’autres grands hôpitaux, le CHU lyonnais a annoncé rentrer dans une nouvelle ère en se dotant d’un entrepôt de données de santé. Ce dernier doit, entre autres, favoriser le permettre le développement d’études multicentriques, l’accélération de la recherche et de l’innovation, et le renforcement de la qualité des soins.