Depuis quelques années, les compétitions extrêmes comme les marathons, ultra-trails et triathlons IronMan connaissent un engouement populaire croissant avec de plus en plus d’athlètes souhaitant repousser leurs limites. Mais qu’en est-il des conséquences pour le corps humain ?
Une étude publiée récemment dans la revue scientifique Sports Medicine vient apporter un nouvel éclairage sur les effets d’une pratique extrême du sport sur le cœur et les poumons. Menée par une équipe d’une quinzaine de médecins-chercheurs du CHU de Montpellier et de scientifiques de l’unité de recherche PhyMedExp, en collaboration avec des partenaires de Montpellier, Nîmes et Avignon, a mesuré l’impact d’un ultra-triathlon sur les fonctions respiratoires et cardiaques de 72 sportifs participant au défi de l’EmbrunMan. Ce triathlon de très longue distance dans les Alpes enchaîne 3,8km de natation, 188 km de vélo avec près de 5000m de dénivelé positif, et se termine par un marathon de 42 km.
Des effets marquants sur le cœur et les poumons
Sous la coordination du Docteur Christophe Hédon, Cardiologue du sport et physiologiste de l’exercice au CHU de Montpellier, l’équipe a réalisé toute une série d’examens cardiaques et respiratoires avant et après la course. Leurs résultats, publiés dans la revue Sports Medicine révèlent des modifications notables. En comparant les analyses des examens avant et après cette épreuve intense, ils ont constaté que la majorité des triathlètes présentaient une baisse de la fonction cardiaque à l’issue de la course. De plus, certaines anomalies respiratoires, comme une réduction de la diffusion des gaz à travers la membrane entre les alvéoles et les capillaires pulmonaires, en faveur d’un œdème pulmonaire, étaient associées à la fatigue cardiaque.
Un stress adrénergique causé par un effort intense
L’équipe d’Olivier Cazorla, du laboratoire PhyMedExp (Inserm-CNRS- Université de Montpellier) avait déjà identifié les mécanismes affectant la contractilité cardiaque en fonction de la durée de l’exercice.Ces recherches ont montré que l’effort intense et prolongé induisait un stress adrénergique et oxydant marqués, à l’origine d’anomalies de la fonction cardiaque, alors qu’un effort plus modéré et court améliorait cette fonction. Étant donné l’étroite relation entre le cœur et les poumons, il est possible que ces altérations cardiaques aient une association avec les dysfonctions pulmonaires.
Vers des recherches futures
Même si ces anomalies (fatigue cardiaque, troubles respiratoires : bronchoconstriction, hyperinflation pulmonaire, et parfois œdème pulmonaire) sont transitoires et sans répercussion clinique majeure connue, les chercheurs s’interrogent sur les effets cumulés de telles épreuves à long terme. Quoi qu’il en soit, cette étude ouvre la voie à de nouvelles recherches sur l’adaptation du cœur et des poumons face à des défis extrêmes.
La rédaction avec le CHU de Montpellier




