L’exercice physique pour préserver des chutes : les résultats inédits du Gérontopôle de Toulouse

Auteur /Etablissement :
Une étude d'une ampleur inégalée menée par une équipe du Gérontopôle du CHU de Toulouse, de l’Inserm et de l’université Toulouse III – Paul Sabatier (UMR 1027) démontre que l’exercice physique prolongé réduit notablement les risques de chute sévère et favorise le vieillissement dans de meilleures conditions. Des résultats publiés dans le JAMA Internal Medicine.

Une étude d’une ampleur inégalée menée par une équipe du Gérontopôle du CHU de Toulouse, de l’Inserm et de l’université Toulouse III – Paul Sabatier (UMR 1027) démontre que l’exercice physique prolongé réduit notablement les risques de chute sévère et favorise le vieillissement dans de meilleures conditions. Des résultats publiés dans le JAMA Internal Medicine.
Selon les conclusions de l’étude, même si l’exercice physique sur la durée ne prolonge pas la vie, il peut améliorer la qualité de vie au cours du vieillissement. Les principaux bénéfices sont la réduction du risque de chutes (-12%) et surtout celui de chutes sévères avec lésions (-26%).

Les bienfaits démontrés de l’exercice physique prolongé

La recherche portait sur l’effet d’une pratique de l’exercice physique prolongée (c’est à dire encadré par des professionnels, avec un programme structuré, pendant au moins un an) sur le risque de chute, le risque de fracture, le risque d’hopitalisation et la mortalité. Jusqu’alors, la plus grande étude réalisée sur la même thématique, l’étude de référence LIFE (Lifestyle Interventions and Independence for Elders), s’était appuyée sur un corpus de 1635 personnes. Cette dernière tendait à démontrer que faire plus de 150 minutes d’exercice physique par semaine réduisait les risques de perte de mobilité chez les seniors.
Les travaux du Gérontopôle sont issus d’une étude systématique avec meta-analyse de 46 études internationales portant sur 22 709 personnes, agées en moyenne de 73 ans et issues de pays développés et industrialisés.

Un possible effet positif sur la mortalité encore à démontrer 

Par ailleurs, contrairement à de nombreux travaux portant sur le même sujet, l’équipe s’est basée sur des données concernant des personnes ayant eu une pratique d’exercice physique de longue durée: ils ont pratiqué des exercices physiques pendant au moins un an, deux à trois fois par semaine. Il est en effet nécessaire de privilégier ce temps d’observation concernant les personnes âgées, pour lesquelles les bénéfices se révéleraient plus tardivement.
Quant à l’impact sur la mortalité, il serait neutre sauf dans le cas où le sujet souffre d’une maladie cardiaque ou d’une déficience cognitive, où l’exercice physique tend à réduire le risque de mortalité. Des études ultérieures pourront venir étayer cette tendance.

La recommandation des experts

 Pour être optimal, le régime d’exercice physique recommandé, doit comporter notamment des exercices d’équilibre, de l’aérobie, de force musculaire et reposer sur les contraintes suivantes: une pratique 2 à 3 fois par semaine, des exercices d’une intensité modérée, des séances d’une durée de 50 minutes en moyenne et l’encadrement par des professionnels de l’exercice physique (kinésithérapeuthe par exemple).

Le CHU de Toulouse, pôle de référence gériatrique international

Grâce à ses travaux, et en particulier aux recherches menées sur la maladie d’Alzheimer et la fragilité, le Gérontopôle du CHU de Toulouse a été désigné, en septembre 2017, centre collaborateur de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la fragilité, la recherche clinique et la formation en gériatrie. Il est ainsi reconnu comme pôle de référence gériatrique au niveau national et international.
Aux côtés de l’université Toulouse III – Paul Sabatier et de l’Inserm, le Gérontopôle porte le projet INSPIRE, qui vise à promouvoir le vieillissement en bonne santé, c’est-à-dire «le processus de développement et de maintien des capacités fonctionnelles qui permet aux personnes âgées d’accéder au bien-être» au sens de l’OMS. Il s’inscrit ainsi dans la prévention de la dépendance qui concernera 618 millions de personnes à l’horizon 2050.Les acteurs du projet travaillent actuellement à la mise en place, sur le site de Langlade à Toulouse, d’un bio-campus (recherche, soins et innovations) hospitalier, académique et industriel de lisibilité mondiale. Une équipe pluridisciplinaire de plus de 600 professionnels experts uniront leurs forces au service du bien vieillir.

À lire également

Cancer du poumon : une première bronchoscopie robotisée au CHU de Rouen

Le Pr Samy Lachkar, responsable de l’unité d’endoscopie respiratoire de Pneumologie du CHU de Rouen, a réalisé avec succès la première bronchoscopie robotisée au sein de l’établissement. Une innovation technologique importante dans la détection et le diagnostic précoce du cancer du poumon, l’un des cancers les plus meurtriers en France.

Le CHU de Rennes à la pointe de la génomique diagnostique

Avec l’acquisition d’un séquenceur « Long-read » de nouvelle génération financé grâce à la générosité des donateurs et mécènes du Fonds de dotation Nominoë, les équipes de génétique moléculaire et génomique et de cytogénétique du CHU de Rennes voient désormais différemment le génome de leurs patients en accédant à des régions jusqu’ici inaccessibles. Cet investissement de 900 000 euros augmente de manière significative les capacités de diagnostic de l’établissement et ouvre des perspectives inédites pour la recherche en génétique.

Endométriose : les 3 CHU du Grand Est au cœur d’un nouveau dispositif régional

Pathologie chronique encore insuffisamment diagnostiquée, l’endométriose touche près de 10 % des femmes en France, soit entre 1,5 et 2,5 millions de patientes. Elle se manifeste par des douleurs parfois invalidantes, peut impacter la fertilité et reste marquée par un délai de diagnostic moyen estimé à sept ans. Face à cet enjeu majeur de santé publique, le ministère de la Santé a lancé en 2022 une stratégie nationale visant à structurer la prise en charge, renforcer la recherche et réduire les délais diagnostiques. C’est dans ce cadre que s’inscrit la création du dispositif régional EndoGrandEst, porté par les CHU de Strasbourg, Nancy et Reims.

Myélome multiple, le CHU de Nantes au cœur de la recherche clinique pour faire progresser les traitements

Publiés le 29 mai 2026 dans la prestigieuse revue scientifique The New England Journal of Medicine par le Pr Cyrille Touzeau, les résultats d’un essai clinique international impliquant 162 centres, démontrent l’intérêt d’une immunothérapie par Teclistamab1 dès la première récidive de la maladie chez les patients atteints de myélome multiple2. Egalement présentés à l’occasion du congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), les résultats d’une étude clinique ayant évalué un traitement précoce par Elranatamab chez des patients atteints d’un myélome multiple pas encore symptomatique3, soulignent l’intérêt de ces nouvelles immunothérapies par anticorps bispécifiques pour le traitement du myélome.