La chirurgie cardiaque en pointe

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Les équipes spécialisées de Rangueil jouent avec succès la carte des nouvelles technologies qui améliorent sensiblement la vie des patients et font progresser de façon spectaculaire les techniques opératoires. Le CHU s'affirme comme leader en la matière au sein du Grand Sud-Ouest notamment en vidéo-chirurgie.

Les équipes spécialisées de Rangueil jouent avec succès la carte des nouvelles technologies qui améliorent sensiblement la vie des patients et font progresser de façon spectaculaire les techniques opératoires. Le CHU s’affirme comme leader en la matière au sein du Grand Sud-Ouest.

la vidéo-chirurgie, une étape réussie vers la robotique
Oublier les grandes cicatrices de plusieurs dizaines de centimètres, réduire la trace d’une opération à quelques centimètres, voire millimètres, et la voir le moins possible, tel est le souhait des opérés. Ce qui paraissait être une utopie entre de plus en plus dans la réalité, avec le recours à la vidéo-chirurgie.
Pratiquée abondamment avec succès depuis les années quatre-vingt au niveau abdominal (sous le diaphragme) pour les interventions digestives, gynécologiques ou urologiques, cette technique aborde maintenant le domaine cardiologique. Le CHU vient de s’engager dans cette voie grâce au professeur Gérard Fournial qui est l’un des précursseurs en France de cette technique déjà pratiquée couramment en Europe et aux USA.

Les indications de la vidéo-chirurgie
Grâce à la vision détaillée que donne la micro-caméra entrée dans le coeur, le chirurgien peut réparer ou remplacer les valves situées entre les oreillettes et les ventricules et opérer des tumeurs sur les oreillettes gauches. De bons résultats sont aussi obtenus sur les anomalies congénitales des oreillettes ou des tumeurs ainsi que devant des traumatismes cardiaques ou thoraciques et des épanchements péricardiques.
Attention, la vidéo-chirurgie cardiaque exige un certaine nombre de critères : le patient ne doit pas être obèse, ni trop âgé, il ne doit pas non plus y avoir de pontage associé.

Principe opératoire
Le principe de la vidéo-chirurgie est de pratiquer l’intervention à travers des orifices cutanés de petite taille (5 à 10 millimètres de diamètre).
Le premier orifice est destiné à l’introduction du système de vision et d’éclairage. Il s’agit d’une caméra, d’une optique et d’une lumière placées dans le même tube. La transmission se fait par une fibre optique qui recueille l’image et en permet l’affichage sur écran. Les deux autres orifices sont utilisés pour l’introduction des instruments miniaturisés : un trocart main gauche et un trocart main droite.
Le chirurgien va ainsi travailler des deux mains en se guidant via l’écran. Parallèlement est mise en place une circulation extra-corporelle. La réduction des incisions amène à placer des canules par des artères périphériques. Elles sont connectées à une pompe qui vide le coeur et réinjecte le sang.
Les instruments employés sont très longs et très fins.
A l’issue de l’intervention, les incisions sont refermées, le coeur est remis en route sous contrôle, les canules enlevées des artères et veines fémorales. Il ne reste qu’un petit pansement et une cicatrisation qui se fait plus rapidement.

Intérêts pour le patient
Le recours à la vidéo-chirurgie présente présente de nombreux avantages pour le patient.
Cosmétique : la cicatrice chez la femme est placée sous le sein et ne se voit pas.
Moins pénible : L’incision est moins douloureuse que par les voies habituelles. L’agression opératoire est moindre : les pertes sanguines sont limitées.
Rétablissement rapide : Les suites opératoires sont habituellement plus légères d’où une durée d’hospitalisation réduite et une prompte réhabilitation du patient. En outre, le fait de n’avoir comme trace de l’intervention qu’une petite « balafre « » passe mieux psychologiquement. Quand on regarde une cicatrice de moindre envergure, on a l’impression d’avoir moins mal !

En projet, la large diffusion de cette innovation
« La vidéo-chirurgie, poursuit le professeur Fournial, est une activité encore balbutiante en France. Nous avons pu la mettre en oeuvre grâce à l’investissement consenti par le CHU. Il serait souhaitable maintenant de la développer en accroissant les moyens, en constituant des équipes, en les motivant, en les formant. Cette innovation technique pourrait alors être diffusée au sein de la communauté chirurgicale du CHU et au-delà. »

Les progrès de la robotique apportent des améliorations régulières notables à cette pratique. Ils permettent peu à peu de gagner en précision pour les mouvements effectués à l’aide des instruments que le chirurgien manoeuvre en se calant derrière l’écran. Cette technologie procure une vision exceptionnelle par rapport aux interventions conventionnelles. De plus le geste est précis, car le robot ne tremble pas. La sécurité est donc renforcée. Et puis, un robot peut avoir quatre bras…

100 000 euros et la formation de toute l’équipe
Pour développer cette innovation au CHU, le professeur Fournial a obtenu un investissement de l’ordre de 100.000 €, autorisant l’acquisition du matériel informatique et chirurgical et de la console de vidéo nécessaires. Il a su également inculquer à son équipe la volonté de s’engager dans cette voie nouvelle. Lui-même s’est astreint à un entraînement particulier.

« L’application de cette technique, explique-t-il, demande une période de familiarisation et de préparation à la coordination du regard et des mains, puisque l’oeil du chirurgien doit fixer l’écran. J’ai travaillé plusieurs dizaines d’heures dans mon bureau sur un banc de training pour arriver à une bonne synchronisation.

« Il y a aussi l’apprentissage environnemental : l’instrumentation est différente, la circulation extra-corporelle l’est aussi. L’équipe a suivi pour cela des stages de formation. Il a fallu six mois de préparation aux instrumentistes, aux panseurs, aux infirmières, aux perfusionnistes, aux anesthésistes et au jeune chirurgien collaborateur pour intégrer cette pratique. Nous avons démarré nos premières interventions au second semestre 2006. Au rythme de deux par mois, nous avons déjà opéré ainsi une trentaine de patients. »

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