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Recherche médicale : les 6 axes prioritaires du centre d’investigation clinique poitevin

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Leucémies, myélomes, diabètes, nutrition, pathologies neurologiques, troubles du sommeil… Tels sont les 6 axes de recherche investis par le centre d’investigation clinique (CIC) du CHU de Poitiers. « La recherche médicale c’est le droit à l’espoir pour de nombreux malades » résume François Guilhot-Gaudefroy, médecin hématologiste, directeur de recherche Inserm et coordonnateur du CIC. Cette activité stratégique, garante de l’excellence des soins et du rayonnement de l’établissement, doit être conduite dans le respect de règles éthiques et scientifiques. Explications...
Leucémies, myélomes, diabètes, nutrition, pathologies neurologiques, troubles du sommeil… Tels sont les 6 axes de recherche investis par le centre d’investigation clinique (CIC) du CHU de Poitiers. « La recherche médicale c’est le droit à l’espoir pour de nombreux malades » résume François Guilhot-Gaudefroy, médecin hématologiste, directeur de recherche Inserm et coordonnateur du CIC. Cette activité stratégique, garante de l’excellence des soins et du rayonnement de l’établissement, doit être conduite dans le respect de règles éthiques et scientifiques. Explications…
Cibler les axes de travail pour maintenir le haut niveau scientifique et la place du CHU dans le monde de la recherche HU
« Le centre de Poitiers n’a pas vocation à chercher sur tout, observe le Pr Guilhot-Gaudefroy. Son socle et le but visé sont l’excellence scientifique dans un monde de la recherche très concurrentiel où se côtoient des équipes de taille bien différentes. ».  Le CHU de Poitiers a défini 4 domaines prioritaires de recherche : la transplantation, les infections, les technologies santé et la cancérologie. Le CIC intervient de manière complémentaire. Il mobilise une cinquantaine de personnes autour de 6 axes majeurs rigoureusement sélectionnés car l’établissement doit se positionner face à d’autres CHU comme Rennes, Bordeaux ou Nantes qui peuvent compter sur des équipes bien plus étoffées. « Nous nous appuyons sur deux critères : la publication d’articles dans des revues scientifiques de haut niveau et la validation de nos intuitions en répondant à des appels à projets qui valident, ou pas, notre volonté d’avancer ». C’est ainsi que la recherche fait progresser la thérapeutique au sein d’une infrastructure qui lui est consacrée par le CHU. Les résultats enregistrés depuis plusieurs années sont plus qu’encourageants et participent à la publication de nouveaux savoirs médicaux. Savoirs qui profitent directement au malade.
Six axes de travail
La leucémie est le plus ancien axe de recherche à Poitiers et les travaux du Pr Guilhot-Gaudefroy ont conduit à des résultats positifs en termes de durée de vie pour la leucémie myéloïde chronique. Dès 1999, l’équipe mettait en oeuvre l’interféron avec des résultats encourageants et reconnus. Ces travaux perdurent et sont aussi menés dans d’autres CHU, en liaison avec Poitiers.
Les équipes poitevines du CHU et de l’université travaillent aussi sur les questions de nutrition (facteurs foetaux et post-natal). Les neurosciences cliniques sont au premier rang avec les travaux sur la maladie d’Alzheimer, de Gilles de la Tourette et de Parkinson. L’épidémiologie clinique se développe autour de l’utilisation de data, des travaux statistiques productifs en matière d’observation des pathologies, de leur propagation ou des populations plus particulièrement touchées.
L’étude ALIVE (acute lung injury and ventilation) porte sur l’oxygénation et la ventilation pendant le sommeil (ou sa privation). Enfin SEPEX (santé environnementale, perturbateurs endocriniens, exposome) se penche sur les perturbateurs endocriniens.

Les missions du CIC et ses modalités d’intervention
La mise en œuvre d’essais cliniques est soumise à des protocoles strictes que les équipes doivent appliquer. Pour les accompagner, le centre d’investigation clinique du CHU de Poitiers met à leur disposition une cinquantaine de professionnels, médecins chercheurs, experts, personnels techniques et administratifs qui collaborent au sein de locaux sécurisés.  Le centre dispose de six lits d’essai clinique, de caissons d’azote pour conserver les échantillons à très basse température, de centrifugeuses… La clinique des médicaments, la recherche translationnelle – le continuum entre recherche fondamentale et l’application thérapeutique  – et l’étude des parcours de soins nécessitent de procéder à des essais sur les malades volontaires, et informés des moindres détails de l’essai auquel ils participent. 

La recherche, c’est un travail de labo, mais aussi, arrivé à un certain stade des travaux, la confrontation au réel. Alors, « nous avons aussi recours à des essais sur des patients, mais très rarement sur des personnes saines, note François Guilhot-Gaudefroy. Dans ce cas, médecins avant tout, nous redoublons les mesures de précaution dans le cadre d’un travail d’équipe qui assure la multiplicité des avis. » Ces mesures passent par la validation préalable de la méthodologie, des molécules employées, des doses et des moyens mis en œuvre. Les autorités de tutelles examinent ces facteurs dans un dialogue avec les chercheurs. Enfin, l’information du patient volontaire est capitale. 
Chercher c’est dépréjuger
Selon le Pr François Guilhot-Gaudefroy, « pour conduire un projet de recherche il faut savoir avancer de manière volontaire sans pour autant aller dans des impasses ou faire preuve de certitude de soi ». Les essais sont séquencés suivant plusieurs phases. L’essai sur le malade n’est jamais premier mais vient à la suite d’une série de travaux en laboratoire (éprouvette, animaux).

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la commission d’éthique (comité de protection des personnes) sont systématiquement saisies des projets d’essais cliniques. Ces essais sont impératifs à une certaine phase, car seule l’administration au malade permet de mesurer les effets cliniques, de se comparer avec l’éventuel médicament de référence existant – le meilleur du marché –, de constater les effets sur une cohorte. A chaque phase, l’évaluation permet de décider de continuer ou d’arrêter l’essai en cours. « On pèse les avantages et les inconvénients. On mesure le rapport coût-bénéfice sur le plan thérapeutique et c’est dans ces phases d’évaluation qu’il faut savoir décider. » Le centre est bien géré mais n’obéit pas à une logique financière. Dans toute décision, le facteur temps est capital tout comme la prise de distance avec ses propres préjugés. Car le chercheur est un « dépréjugeur », selon l’expression de Restif de la Bretonne et du jésuite Juan Pablo Viscardo.
D’après un article publié dans la Lettre d’Information N° 223 du 10 juin 2016

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