La situation, qui s’est dégradée depuis cinq ans avec la pandémie COVID, n’a jamais semblé aussi inquiétante. Dans une période où 55% des jeunes de 18 à 24 ans déclarent avoir déjà été affectés par un problème de santé mentale, le CHU de Nîmes, et plus précisément son pôle psychiatrique, souhaitent montrer qu’ils sont aux avant-postes sur ce sujet devenu enjeu de société. Incarnation de ce rôle actif, la Villa Orygen, qui ouvre ses portes à des jeunes de 16 à 30 ans.
Implanté au cœur de la ville, cet espace rattaché au CHU est à la fois un lieu de soin et un espace de reconstruction où des adolescents et jeunes adultes confrontés à des troubles psychotiques ou thymiques émergents sont pris en charge. L’objectif : « limiter les impacts de la maladie tout en favorisant l’autonomie, l’estime de soi et l’insertion sociale. » Ainsi, chaque parcours est coordonné par un référent professionnel et peut inclure un accueil de jour avec ateliers thérapeuthiques et de réhabilitation, un accompagnement social et professionnel, ainsi qu’une intervention à domicile par une équipe mobile.
Des vans au service de l’accès aux soins
Cette envie d’aller vers se traduit également par le PsyTRUCK 3.0, unité mobile innovante proposant une consultation psychiatrique sans rendez-vous dans deux vans aménagés itinérants dans la ville de Nîmes et ses alentours (campus, quartiers, lieux publics). Soutien des professionnels de santé de premiers recours face à des situations psychiatriques complexes, elle permet une évaluation rapide, une orientation adaptée et un accompagnement des jeunes en souffrance. Au-delà de l’accès, un autre objectif : changer l’image des soins en psychiatrie.
Ce travail de terrain est arrivé jusqu’aux oreilles de l’Elysée durant l’été. Dans une lettre personnelle adressée au Dr Aurélie Schandrin, psychiatre et cheffe du pôle psychiatrie du CHU de Nîmes, Emmanuel Macron a salué l’engagement de l’équipe du PsyTRUCK et l’impact concret de leur action, soulignant la portée humaine et sociétale de cette initiative.
« Cela nous conforte dans la voie que nous avons tracée et nous encourage à poursuivre et amplifier notre action auprès des jeunes », indique le Dr Aurélie Schandrin, qui publie l’ouvrage Troubles psychiques chez les jeunes – intervenir tôt et donner de l’espoir aux éditions Érès. Et de rappeler que 75% des troubles psychiques débutent entre 12 et 30 ans, ce qui plaide pour le déploiement rapide de modalités de prise en charge précoce.
De son côté, le CHU, par la voix de son Directeur général, Frédéric Rimattei, souhaite continuer à encourager une démarche qui “transforme l’accès aux soins psychiatriques des jeunes : proche, rapide, innovant.”
Rendez-vous franco-australien d’envergure
Le 12 septembre prochain, la ville de Montpellier accueillera le colloque scientifique Intervention précoce : psychose et au-delà, organisée par FERREPSY Occitanie. Ce rendez-vous franco-australien doit rassembler des pointures de l’intervention précoce en psychiatrie, dont les Professeurs Patrick McGorry et Andrew Chanen, fondateurs d’Orygen. Ils seront accompagnés d’experts français (dont le Dr Aurélie Schandrin) du réseau Transition et des centres de référence pour partager les avancées cliniques et organisationnelles, notamment celles développées en Occitanie.
La rédaction avec le CHU de Nîmes




