La tête perdue du roi Henri IV identifiée grâce à une équipe de l’AP-HP

La tête d'Henry IV vient d'être authentifiée par des scientifiques. Tranchée par des Révolutionnaires en 1793 après l'ouverture de la sépulture du roi qui reposait en la basilique royale de Saint-Denis, la tête était réapparue en 1919 lors d'une vente aux enchères à l'Hôtel Drouot, où un antiquaire de Dinard l'avait achetée pour 3 francs. A la mort de cet antiquaire, la relique un temps détenue par sa soeur, avait été perdue, avant d'être retrouvée en 2008 chez un retraité. Le descendant de Louis IX, signataire de l'Edit de Nantes, fut assassiné en 1610 par Ravaillac alors qu'il était âgé à l'âge de 57 ans.

La tête d’Henry IV vient d’être authentifiée par des scientifiques. Tranchée par des Révolutionnaires en 1793 après l’ouverture de la sépulture du roi qui reposait en la basilique royale de Saint-Denis, la tête était réapparue en 1919 lors d’une vente aux enchères à l’Hôtel Drouot, où un antiquaire de Dinard l’avait achetée pour 3 francs. A la mort de cet antiquaire, la relique un temps détenue par sa soeur, avait été perdue, avant d’être retrouvée en 2008 chez un retraité. Le descendant de Louis IX, signataire de l’Edit de Nantes, fut assassiné en 1610 à Paris par Ravaillac alors qu’il était âgé à l’âge de 57 ans.

C’est une véritable enquête médico-historique qu’a menée une équipe pluridisciplinaire, dont les principaux intervenants sont des médecins de l’Assistance publique ? hôpitaux de Paris : Dr Philippe Charlier (directeur de l’étude) et Pr Geoffroy Lorin de la Grandmaison (service d’anatomie pathologique et de médecine légale, hôpital Raymond Poincaré), Dr Isabelle Huynh-Charlier (service de radiologie du Pr Philipe Grenier, hôpital de la Pitié-Salpêtrière), Dr Joël Poupon (service de toxicologie biologique, hôpital Lariboisière).

L’identification a été établie de façon certaine, en utilisant les outils dévolus aux patients et à la recherche, à l’issue d’un faisceau de concordance anatomique, pathologique, biochimique et historique, avec la même rigueur que dans une procédure médico-légale actuelle : Loin de perdre leur temps à résoudre des énigmes historiques, l’ensemble des 19 chercheurs réunis autour de cette tête momifiée ont montré l’intérêt d’une multidisciplinarité scientifique, et validé des techniques d’identification désormais exploitables autant pour des cas judiciaires modernes qu’archéologiques.

La relique est en très bon état de conservation, elle comporte des cheveux et des restes de barbe, et porte plusieurs signes distinctifs : « Une petite tache sombre de 11 mm de long juste au-dessus de la narine droite, un trou attestant du port d’une boucle d’oreille dans le lobe droit, comme c’était à la mode à la cour des Valois, et une lésion osseuse au-dessus de la lèvre supérieure gauche, trace d’une estafilade faite au roi par Jean Châtel lors d’une tentative de meurtre le 27 décembre 1594 ». Elle sera déposée à la basilique Saint-Denis.

Le Dr Philippe Charlier, médecin légiste de l’Hôpital Raymond Poincaré, avait déjà prouvé en 2007 que les ossements de Jeanne d’Arc, conservés à Chinon dans un bocal sous l’intitulé « Restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d’Arc », authentifiés en 1909 par une commission papale, étaient en réalité ceux d’une momie égyptienne et d’un chat. Ces travaux, confirmant la position importante de l’Institut médico-légal de Garches dans le domaine de l’anthropologie médico-légale, ont été publiés dans le British Medical Journal (1).

Dr Brigitte Lantz

(1) Charlier P, Huynh-Charlier I, Poupon J, et al. Multidisciplinary medical identification of a French king’s head (Henri IV), BMJ 2010 ; 341:c6805.

Source : Webzine de l’AP-HP

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