L’alimentation du bébé a des conséquences sur la santé de l’adulte

L'exposition ou la carence de nutriments dans la période périnatale laisse une "empreinte métabolique » qui aurait des conséquences sur la santé de l'adulte. L'impact à long terme des nutriments sur la santé fait l'objet d'études poussées par les chercheurs de l'unité de physiologie des adaptations nutritionnelles : l'unité PhAN, partie intégrante de l'institut des maladies de l'appareil digestif (Imad).

L’exposition ou la carence de nutriments dans la période périnatale laisse une « empreinte métabolique » qui aurait des conséquences sur la santé de l’adulte. L’impact à long terme des nutriments sur la santé fait l’objet d’études poussées par les chercheurs de l’unité de physiologie des adaptations nutritionnelles : l’unité PhAN, partie intégrante de l’institut des maladies de l’appareil digestif (Imad).

L’exposition ou la carence de nutriments dans la période périnatale laisse une « empreinte  » métabolique qui aurait des conséquences sur la santé de l’adulte.
Le saviez-vous ? Le foetus triple son poids au cours du dernier trimestre de la grossesse. Devenu bébé, il multiplie à nouveau son poids par 3 au cours de sa première année de vie. Si l’importance de la nutrition périnatale est connue de longue date, s’y ajoutent désormais des enjeux de santé publique. On sait en particulier qu’une dénutrition du foetus augmente sa prédisposition à de nombreuses maladies à l’âge adulte : obésité, maladies cardiovasculaires, diabète, hypertension ou encore cancer. De même, l’alimentation du bébé dès ses premiers mois de vie influerait sur les risques d’obésité ou de diabète. C’est ce que l’on appelle  » l’empreinte nutritionnelle « .

PhAN d’empreinte nutritionnelle
Co-dirigée par le professeur Dominique Darmaun (en charge de l’assistance nutritionnelle au sein du service d’hépato-gastroentérologie du CHU de Nantes) et Martine Champ (directrice adjointe), l’unité PhAN s’intéresse à ces mécanismes de programmation de l’individu en devenir. En effet, si l’empreinte nutritionnelle a été mise en évidence dans le rein et le pancréas, il est hautement probable qu’elle touche l’ensemble des organes, en particulier sur deux organes qui jouent un rôle crucial dans la nutrition : le tube digestif d’une part, porte d’entrée des apports nutritionnels, et l’hypothalamus, d’autre part, où sont situés les centres régulant notre appétit.

Les mécanismes mis en jeu sont très mal connus
Pour répondre à ces questions, l’unité a développé des modèles animaux permettant de reproduire ces manipulations nutritionnelles périnatales. Les équipes s’appuient sur ces modèles pour explorer, les uns, la piste de modifications à long terme de la régulation de la prise alimentaire (équipe 1), les autres équipes 2 et 3), les effets de cette alimentation précoce sur la maturation du côlon, organe impliqué dans la défense de l’organisme contre les agents nocifs de l’environnement. Par ailleurs, la présence de néonatologistes au sein de PhAN (équipe 4) permet de valider chez le nourrisson humain les découvertes réalisées par les trois autres équipes chez l’animal et, en s’appuyant sur le centre d’investigation clinique (CIC) et un réseau régional de suivi des prématurés, de déterminer les effets des apports nutritionnels des premières semaines de vie sur la croissance, le développement et les fonctions intestinales de cohortes de nouveau-nés humains.

PhAN développe de nombreuses collaborations au niveau régional, national et international avec différents laboratoires (Inserm, Inra, école nationale vétérinaire…) et des instituts de recherche. L’unité participe également à des pôles et des réseaux d’excellence (pôle Nantes alimentation nutrition – PONAN et centre de recherche en nutrition humaine -CRNH).

Les travaux de l’unité PhAN s’inscrivent dans la démarche de prévention de pathologies graves – obésité, maladies inflammatoires de l’intestin, cancer du côlon de l’adulte – via l’élaboration de recommandations d’apports nutritionnels dans les préparations pour nourrissons comme dans l’alimentation de l’adulte.

Les équipes de recherche de l’UMR PhAN
Équipe 1 : Programmation nutritionnelle du système nerveux central (animée par Patricia Parnet DR2 Inra)
Équipe 2 : Nutrition néonatale et maturation de la barrière intestinale (co-animée par le professeur Dominique Darmaun et Martine Champ DR2 Inra)
Équipe 3 :Adaptation nutritionnelle de la muqueuse colique – réponses métaboliques et géniques (animée par Jean-Pierre Segain CR1 Inra)
Équipe 4 : Recherche clinique et nutrition néonatale (animée par le professeur Jean-Christophe Rozé chef du service de néonatologie et de réanimation pédiatrique au CHU de Nantes).

Depuis septembre, cette unité mixte de recherche (UMR) de physiologie des adaptations nutritionnelles (PhAN) occupe ses nouveaux locaux, situés sur le site Hôtel Dieu du CHU de Nantes.

À lire également

Myélome multiple, le CHU de Nantes au cœur de la recherche clinique pour faire progresser les traitements

Publiés le 29 mai 2026 dans la prestigieuse revue scientifique The New England Journal of Medicine par le Pr Cyrille Touzeau, les résultats d’un essai clinique international impliquant 162 centres, démontrent l’intérêt d’une immunothérapie par Teclistamab1 dès la première récidive de la maladie chez les patients atteints de myélome multiple2. Egalement présentés à l’occasion du congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), les résultats d’une étude clinique ayant évalué un traitement précoce par Elranatamab chez des patients atteints d’un myélome multiple pas encore symptomatique3, soulignent l’intérêt de ces nouvelles immunothérapies par anticorps bispécifiques pour le traitement du myélome.

Orthopédie : prise en charge des pathologies au CHU de Clermont-Ferrand 

À l’occasion de la Journée mondiale de l’orthopédie, le CHU de Clermont-Ferrand a souhaité mettre en lumière son service de chirurgie orthopédique, capable de prendre en charge l’ensemble des pathologies de l’appareil locomoteur, des plus courantes aux plus complexes. Cette organisation permet de garantir à tous les patients un accès à une expertise médicale et technique de haut niveau, dans le cadre du service public hospitalier.

Un quadruplet de dons croisés de reins entre 8 patients, une première en France 

Pour la première fois en France et en Suisse, quatre paires donneur/receveur ont été opérées de manière coordonnée dans le cadre d’un don croisé de reins avec donneurs vivants. Pilotée par l’Agence de la biomédecine, ce « quadruplet » constitue un défi médical et logistique considérable, qui a impliqué les CHU de Toulouse, Montpellier, Reims et Genève.