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Le CHU de Bordeaux développe la greffe de cornée et initie un réseau régional de centres de prélèvement.

Accroître les greffes de cornées au CHU de Bordeaux en développant un réseau régional de centres de prélèvement : tel est le nouvel objectif poursuivi par le CHU qui joue un rôle moteur au sein de cette nouvelle organisation. Il intervient en partenariat avec l'EFG et en collaboration avec l'EFSAL (Etablissement français du sang Aquitaine Limousin), qui bénéficie d'un agrément pour la constitution d'une banque régionale de conservation des tissus. Ce réseau est d'ores et déjà actif à Bayonne, il vient de s'étendre à Agen et des projets de centres existent à Périgueux et à Pau. A terme, le réseau régional de centres de prélèvement de cornées doit fournir un nombre suffisant de cornées pour répondre aux besoins des Aquitains et même au-delà.

Du prélèvement à la greffe

En s’appuyant sur la chaîne de solidarité, de compétence et d’espoir, le don d’organe et de tissu permet plus que jamais de gagner sur la maladie et de vaincre le handicap.
Depuis 21 ans, le CHU de Bordeaux pratique une activité constante de prélèvement et de greffe de cornées. Sur cette période, près de 1500 prélèvements ont été effectués (3000 cornées) et plus de 2000 patients en ont ainsi bénéficié. Le Docteur François LEGER, anatomopathologiste au CHU de Bordeaux, est à l’origine de l’activité de prélèvement et de conservation de cornées.

Les indications principales du recours à la greffe de cornée sont :

L’urgence, lorsque la cornée est détruite, la greffe doit être effectuée avant la 24ème heure après la perforation pour éviter la perte de l’?il.

Les autres indications sont principalement optiques, il s’agit de restaurer la fonction visuelle par restitution d’une transparence et d’une régularité les plus parfaites possibles. Chez le sujet jeune l’indication de greffe de cornée la plus fréquente est le kératocône: déformation conique de la cornée qui devient très astigmate. Le patient perd progressivement la vision alors que la cornée est encore claire: elle a perdu sa qualité optique. Cette pathologie est fréquente, bilatérale et touche le sujet actif.
A partir de 40 ans la pathologie la plus fréquente est la dystrophie endothéliale de Fuchs. La pathologie endothéliale rend ces cornées impropres au prélèvement (nécessité du contrôle endothélial des cornées dans les banques de cornées).

Au-delà de 60 ans la pathologie la plus fréquente est la dystrophie endothéliale acquise après une opération de la cataracte ( pathologie iatrogène).

Par ailleurs les lésions d’origine infectieuse (herpès, abcès bactérien ), caustique, traumatique, surviennent à tous âges.

Une pratique initiée au XIXème siècle

L’idée d’utiliser des greffes cornéennes est très ancienne, elle date du XIXème siècle et fit l’objet de très nombreuses expérimentations pratiquées sur l’ animal puis l’homme. Dès 1914 ELSCHING publie à propos d’une série de greffes de cornées et observe 20% de succès (dont une récupération d’acuité visuelle de 5/10).
La greffe de cornée permet la restauration d’une ou plusieurs propriétés du tissu cornéen, élément essentiel du système oculaire qui possède 2 fonctions optiques: la transmission et la réfraction de la lumière.
Cette technique s’est réellement développée en France au lendemain de la seconde guerre mondiale après le vote de la loi LAFAY en 1949 qui facilitait le prélèvement sur donneur décédé. Elle était alors encore exceptionnelle, elle est aujourd’hui de pratique courante : 2700 greffes de cornées ou kératoplasties sont effectuées chaque année en France. Les besoins restent encore insuffisants pour répondre aux besoins et indications de greffes, la mise en place par l’EfG (Etablissement français des greffes) de la liste nationale d’attente est de nature à objectiver le déficit de greffons auquel notre pays est confronté.

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