C’est le premier investissement hospitalier de cette ampleur à voir le jour depuis la pandémie de COVID-19. Moins de 4 ans après la pose de la première pierre, le bâtiment Christian Cabrol, du nom du pionnier de la greffe cardiaque, a en effet accueilli ses premiers patients le 3 septembre 2024. Cette ouverture est la première étape d’un projet majeur de reconstruction des activités de médecine et de chirurgie du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims, appelé « Nouvel hôpital de Reims ». Se donnant pour ambition de moderniser l’offre de soins et de renforcer son attractivité, celui-ci vise à répondre aux objectifs attendus de l’hôpital de demain.
Le bâtiment Christian Cabrol, d’une capacité de 476 places, a ainsi été créé sur huit niveaux : le niveau technique, les consultations externes, les explorations fonctionnelles, l’entrée principale, le hall et l’accueil central, le plateau d’imagerie, le Centre de prélèvement et le regroupement des consultations externes et des explorations fonctionnelles d’urologie et Thoracique – Cardiaque – Vasculaire, le secteur ambulatoire, le bloc d’endoscopie, les soins critiques, l’unité de surveillance continue, la réanimation cardiaque, l’unité de soins intensifs cardiologiques et enfin les services d’hospitalisations conventionnels.
L’esprit du nouvel hôpital
L’hôpital souhaite aujourd’hui s’adapter aux attentes des patients et aux avancées de la médecine, notamment grâce à un plateau technique de pointe, au développement des prises en charge ambulatoires, sans oublier une amélioration du confort hôtelier. L’objectif de cette évolution est triple : répondre aux aspirations des professionnels de santé de se recentrer sur leur cœur de métier et de bénéficier d’un environnement de travail moderne, propice aux innovations médicales et au développement de la recherche ; redonner une cohérence architecturale et une unité au site central du CHU par la construction de deux bâtiments connectés à l’actuel bâtiment des urgences et au pôle de biologie territoriale. Cet ensemble est également relié à la maternité Alix de Champagne et à l’hôpital des enfants, l’American memorial hospital, facilitant ainsi l’orientation et le parcours des patients.
Pas question de s’arrêter au seul bâtiment Christian Cabrol. La deuxième phase, qui démarre cette année et s’achèvera en 2028, comprend déconstruction de l’aile de chirurgie de l’Hôpital Maison Blanche, la construction d’un second bâtiment dit «Bâtiment Phase 2», d’une capacité de 498 lits et places, et principalement dédié aux activités médicales et aux spécialités neuro sensorielles.
Enfin, une troisième phase se traduira par la déconstruction de l’Hôpital Robert Debré et de l’aile de médecine de l’Hôpital Maison Blanche. Un aménagement de parkings et d’espaces paysagés sera lui aussi entrepris. La livraison du projet est attendue pour 2031.
Un volet écologique
La démarche architecturale du bâtiment s’inscrit dans la durabilité en assurant la pérennité des ouvrages. Formé par de grands plateaux continus, le projet se caractérise par son évolutivité. L’aménagement et la position des services varient selon leurs activités. La démarche vise aussi à réduire l’empreinte carbone du bâtiment notamment dans le choix de matériaux durables. Le projet permet, par exemple, de diminuer les consommations grâce à une isolation thermique par l’extérieur.
Les briques de l’aile de médecine de l’Hôpital Maison Blanche (phase 2) seront réutilisées à cet effet. Par ailleurs, une étude d’ensoleillement du bâtiment a été conduite avec une attention particulière autour de l’autonomie lumineuse. Les espaces comme les couloirs ou les salles d’attente bénéficieront ainsi en grande majorité de la lumière naturelle.
Enfin, la façade bioclimatique est travaillée pour protéger l’intérieur du rayonnement direct en été et laisser entrer les apports solaires en hiver.
Les leçons du COVID
Depuis la crise sanitaire de la COVID en 2020, le nouvel hôpital de Reims s’est adapté et a repensé son organisation. Le CHU de Reims s’inscrit ainsi dans une ambition plus marquée d’assurer à la fois une prise en charge de qualité en proximité des urgences et une prise en charge de recours avec des soins critiques mobilisables en cas de situation sanitaire exceptionnelle. Soutenu par l’Etat et l’Agence Régionale de Santé Grand Est, notamment à travers le Ségur de la santé, le programme revisité suite à la pandémie a permis : le maintien du capacitaire en médecine, l’augmentation de 19 lits de soins critiques, l’augmentation de 18 places en ambulatoire, l’intégration de 8 salles de bloc opératoire et de 2 salles de neuroradiologie interventionnelle.
Charlotte Dieuaide




