Migraine : de nouveaux traitements au CHRU de Tours 

Auteur / Etablissement : ,
Au CHRU de Tours, les patients que les traitements anti-migraineux «classiques» ne soulagent pas peuvent désormais bénéficier de nouveaux traitements. Alors qu’elle est la pathologie neurologique la plus fréquente, la migraine reste méconnue du grand public et d’une partie du corps médical.

Souvent minimisée, la migraine est pourtant une pathologie neurologique aux conséquences lourdes. Elle affecte aujourd’hui 10 à 12 millions de personnes en France. Pourtant, cette pathologie n’est pas une fatalité. Depuis quelques années, la communauté scientifique a fait de grands progrès dans la compréhension des mécanismes de cette maladie qui, selon la fréquence, la durée et l’intensité des crises, peut se révéler invalidante dans la vie quotidienne. 

Une pathologie fréquente, encore stigmatisée

Cette pathologie touche principalement les femmes, la migraine est reconnue par l’OMS comme la deuxième cause de handicap neurologique dans le monde, juste après l’AVC. Cependant, 45 % des patients migraineux n’ont jamais consulté de professionnel de santé. Par fatalisme ou par manque d’information, ces derniers vivent avec des douleurs récurrentes, souvent sévères, parfois invalidantes. Aussi, il persiste encore de nombreux mythes et préjugés sur cette affection : les patients et certains médecins considèrent que ce n’est pas une vraie maladie ou qu’elle serait bénigne « C’est une maladie qui reste sous-diagnostiquée et dont la prise en charge est encore largement perfectible », alerte le service de neurologie du CHRU dans un communiqué.

L’innovation thérapeutique au service des patients

Depuis 2024, le CHRU de Tours propose un nouveau traitement aux patients souffrant de migraines sévères : l’eptinezumab. Ce médicament bloque une molécule (le CGRP) responsable du déclenchement des crises. Administré par perfusion tous les trois mois en hôpital de jour, le traitement est pris en charge par l’hôpital, contrairement aux autres anticorps anti-CGRP sous-cutanés, actuellement non remboursés. « Nous avons mis en place une filière dédiée pour permettre un accès équitable à ce traitement innovant. Une trentaine de patients en bénéficient déjà, avec des résultats très encourageants », précise l’équipe du CHRU.

L’accès à l’eptinezumab est organisé après une évaluation en consultation et une validation en réunion pluridisciplinaire. Pour les cas les plus sévères, les injections de toxine botulique peuvent également être proposées en complément. L’objectif : réduire la fréquence et l’intensité des crises, améliorer la qualité de vie et prévenir les complications associées (anxiété, dépression, isolement social).

À l’occasion de la Journée mondiale de solidarité pour la migraine, qui a eu lieu le 21 juin, le CHRU de Tours a tenu à rappeler que des solutions existent. « Ce n’est plus une fatalité. La recherche a fait des avancées majeures, il est essentiel que les patients consultent et soient orientés vers les bons interlocuteurs », insistent les professionnels de santé.

 

La rédaction avec le CHRU de Tours

À lire également

Ce super microscope voit comment nous sommes contaminés par les substances chimiques présentes dans l’environnement 

Le CHU Grenoble Alpes et l’Université Grenoble Alpes (UGA) ont inauguré le 3 décembre la plateforme BioLIBS comprenant un prototype hospitalier unique de microscope d’imagerie élémentaire par spectroscopie de plasma induit par laser (LIBS). Ce dispositif a pour objectif d’accélérer la recherche translationnelle (santé respiratoire, dermatologie, maladies rares) et de préparer des usages diagnostiques cliniques pour les pathologies liées aux expositions professionnelles et environnementales.

Des prélèvements biologiques transportés par drones

En juin 2025, un marché public a été signé avec INNOV ATM / Drone Med pour créer trois
routes aériennes entre le site des hôpitaux de Brabois du CHRU de Nancy et les centres
hospitaliers de Pont-à-Mousson, Toul et Lunéville. Soutenu par France2030, ce projet vise à remplacer les trajets terrestres carbonés par des vols de drones électriques, rapides et sécurisés. L’ouverture du premier couloir aérien est prévue entre mars et août 2026.