Chaque début d’année, une boite jaune s’invite dans les foyers et les esprits. Une tirelire à destination de la Fondation des hôpitaux est en effet mise à disposition dans de nombreuses institutions. Depuis 36 ans l’Opération Pièces Jaunes, incarne un mouvement solidaire unique en France, s’attachant à améliorer la qualité de vie des enfants, adolescents, et familles hospitalisés. En 2024, les dons des Pièces Jaunes ont permis de financer 169 projets, allant de salles de jeux à des espaces culturels pour enfants. Ainsi, chaque euro versé représente un pas vers un hôpital plus chaleureux, où les patients et leurs familles trouvent non seulement des soins, mais aussi du réconfort.
“ Il n’y a rien de plus beau pour moi que le sourire sur le visage d’un enfant”, déclare ému Didier Deschamps, parrain des Pièces Jaunes depuis plusieurs années, à l’occasion du lancement de la nouvelle campagne qui démarre à Bordeaux ce 8 janvier,d’abord à La Poste puis à l’hôpital des enfants (Pellegrin).
Depuis sa création en 1989, la Fondation des Hôpitaux a soutenu de nombreux projets au CHU de Bordeaux, pour un montant total de plus de 2,4 millions d’euros. Parmi les initiatives récentes, on trouve le financement de l’école à l’hôpital, l’amélioration des services de consultation, ou encore le soutien à la Maison des Familles.
Des projets collaboratifs
13h30. Comme d’autres journalistes venus assister à ce lancement 2025, nous nous rendons au service pédiatrique en présence du Dr Brigitte Llanas, cheffe de pôle, qui nous montre les infrastructures et créations créées grâce à la fondation des Pièces jaunes.
L’un des projets phare : des frises murales, immersives et colorées, permettant une meilleure signalétique et une meilleure visibilité du parcours de soin à venir. L’objectif de celui-ci est de permettre un système d’orientation pensé par les enfants, pour les enfants.
Pour atteindre cet objectif, des ateliers avec de jeunes patients ont été mis en place dans le but de les faire participer et de récolter leurs idées. Une fois les idées récoltées, un cahier des charges est alors créé et transmis au laboratoire de design du CHU de Bordeaux pour leur mise en forme, reprenant aussi les propositions des parents et soignants. Ces derniers sont d’ailleurs partis d’un constat commun : “ En général, les médecins décident de ce qu’il faut faire mais ils se trompent car ils ne sont pas les utilisateurs des urgences. C’est donc aux parents et enfants de dire comment ils voient la signalétique.”, explique le Dr Olivier Richer.
Les chambres de l’extrême
L’autre projet phare financé par la fondation des hôpitaux est la création des chambres “de l’extrême” dans ce même service pédiatrique. C’est dans ce lieu que nous rencontrons Anne Barrère, vice-présidente de la fondation des hôpitaux et co-fondatrice de l’opération Pièces Jaunes.
“Quand j’ai visité ce service il y a 7 ans, qui abrite les cancers du sang, la leucémie etc., il était dans un état de vétusté incroyable. Il faut savoir que les chambres étaient toutes grises, les enfants ne pouvaient pas en sortir, sachant que ce sont des enfants qui restent enfermés entre 6 semaines à 3 mois parfois dans celles-ci”, nous confie Anne Barrère. “Quand l’hôpital a proposé comme projet de refaire ce service en construisant 6 chambres avec des salles de bain pour chacune, un salon commun pour que les enfants puissent se retrouver entre eux, sortir… on n’a pas hésité une seconde ! On a mis environ 800 000 euros dans ce projet” reprend t-elle.
Mais alors en quoi consiste réellement ces chambres ? L’objectif de la création des 6 chambres dites de l’extrême est d’améliorer la qualité d’accueil, de l’offre de contact et d’animation adaptée aussi bien pour des bébés que pour des grands adolescents. Elles donnent aussi la possibilité aux parents de passer la nuit dans la chambre de leur enfant, chose qui n’était pas possible avant leur création. L’un des points essentiels est évidemment de garantir un haut niveau de protection antimicrobienne pour ces enfants dépourvus de défenses immunitaires. Autant d’éléments qui permettent d’inscrire les enfants et leur famille dans une démarche positive pour surpasser ce moment difficile.
Une campagne en musique
15h00. Retour dans le hall de l’hôpital des enfants. La deuxième partie de l’après-midi est consacrée aux prises de parole de Pierre Hurmic, maire de Bordeaux et président du conseil de surveillance du CHU, de Vincent Nicolas-Delpech, directeur général du CHU, suivi de Brigitte Macron et de Didier Deschamps. Des interventions remplies d’émotions et d’espoir.
“Ce soutien-là, celui de la France entière, des Français, est inestimable. Grâce à la fondation des hôpitaux, qui se traduit très concrètement avec des chambres de l’extrême, la maison des parents, et avec deux classes supplémentaires de l’école à l’hôpital… bref, des actions très concrètes, ont vient une fois de plus améliorer l’accueil, les conditions d’hospitalisation et le soutien des équipes hospitalières. Pour tout cela, un grand merci.”, déclare Vincent Nicolas Delpech.
Cette reconnaissance pour les dons récoltés est également formulée par Brigitte Macron : “Tout cela, c’est tous les Français qui y participent donc merci à vous !” Et de poursuivre sur les objectifs de cette campagne 2025 : “cette année focus sur la santé mentale. Bien sûr, on continue toutes nos actions mais il faut mettre le focus sur la santé mentale des enfants et des ados via les addictions, le harcèlement etc… On va aider à créer davantage de maisons pour les adolescents où ils auront juste à pousser la porte pour derrière trouver une aide médicale, une aide judiciaire ou juste avoir la possibilité de discuter avec quelqu’un.”
15h36. Afin de finir cette journée sur une bonne note, un concert surprise succède aux animations qui avaient occupé enfants et parents en début d’après-midi (photo avec Minnie, stand maquillage, dégustation de gâteaux etc), en présence des chanteurs Timéo, Helena, Laura et Esmée. Ces derniers entonnent, “P’tits soleils”, nouvel hymne de l’opération, avant d’être suivis par la foule présente.
Chaque donateur peut rapporter sa tirelire remplie de pièces en bureau de Poste jusqu’au 8 février 2025, date de fin de campagne.
Charlotte Dieuaide




