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Quand un hospitalier devient victime

5 760 faits de violence enregistrés en 2011 par 337 établissements dont 60% (près de 3 500) par les CHU, CHR et CH ! Ces déclarations progressent - plus 13% par rapport à l’année dernière notamment parce que les établissements sont de plus en plus nombreux à engager des procédures. Dans le même temps, les comportements se durcissent : 80% des violences sont physiques et concernent des coups portés aux soignants. Un phénomène qui n’épargne aucun établissement, aucun service même si les CHU, plus urbains et plus fréquentés, sont particulièrement exposés. Quelle conduite tenir quand la relation de soin dégénère ?

5 760 faits de violence enregistrés en 2011 par 337 établissements dont  60% (près de 3 500) par les CHU, CHR et CH ! Ces déclarations progressent – plus 13% par rapport à l’année dernière notamment parce que les établissements sont de plus en plus nombreux à engager des procédures. Dans le même temps, les comportements se durcissent : 80% des violences sont physiques et concernent des coups portés aux soignants. Un phénomène qui n’épargne aucun établissement, aucun service même si les CHU, plus urbains et plus fréquentés, sont particulièrement exposés. Quelle conduite tenir quand la relation de soin dégénère ? Comment aider les victimes ? La direction générale de l’offre de soins (DGOS), par le biais de son observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS), la fédération hospitalière de France (FHF) et la mutuelle d’assurance du corps de santé français (MACSF) se sont associées pour fournir aux professionnels hospitaliers une série de fiches réflexes sur les démarches à suivre face aux agressions et infractions. Un guide précieux dans un contexte de tension au quotidien.
« J’encadre un personnel victime », « j’assiste un patient victime », « je suis un personnel victime », « je suis un patient victime ». Ces 4 fiches comprennent la définition de la violence subie, les modalités de prise en charge de la victime, les procédures à mettre en œuvre, les suites et le suivi de la démarche, ainsi qu’un bref rappel du cadre juridique.

Ces conseils experts ne règleront pas le problème de la maltraitance ni des incivilités des soignés envers les soignants mais témoignent d’une attention portée aux conditions de travail des hospitaliers. Dans ces moments difficiles, le personnel se sentira épaulé et soutenu, il appréciera l’accompagnement de sa hiérarchie tout au long du processus de reconnaissance de leur situation et la mise en place de mesures correctrices. Ces fiches l’aideront aussi à adopter les bons comportements face aux agressions entre patients, résidents ou accompagnants.

En savoir plus sur la violence à l’hôpital

Principaux enseignements du bilan national des remontées des signalements d’actes de violence en milieu hospitalier 2011
Les statistiques montrent que parmi les régions les plus déclarantes,  on retrouve l’Ile-de-France qui concentre 10% des faits de violence mais aussi la Picardie et la Basse-Normandie. « Il n’existe pas de correlation entre ces taux de déclaration et les taux de criminalité des régions précise Fabienne Guerrieri, Commissaire Divisionnaire, Chargé de mission auprès de l’Observatoire National des Violences en milieu de Santé. Ces statistiques témoignent plutôt de l’engagement des agences régionales de santé et des établissements dans une politique de prévention et de gestion des violences»
87 % des violences déclarées sont des atteintes aux personnes, dont :
● 26 % concernent des insultes, injures (+5%)
● 18 % des menaces (+3%)
● 55 % des coups (+9%)
● 1% des faits sont qualifiés crimes.
Corrélativement les atteintes aux biens ont diminué et ce sont essentiellement des dégradations légères commises par des patients au sein des services, ou des vols simples (auteurs souvent inconnus) qui sont en cause.
13% des violences sont des atteintes aux biens, dont :
● 11 % concernent des dégradations simples (dans 33% des cas) ou des vols simples (dans 52% des cas)
● 1 % des vols par effraction
● 1% des incendies ou dégradations
graves.
Les 3 services les plus touchés par les manifestations de violence, quel qu’elles soient, restent toujours :
● la psychiatrie : 25%, soit – 7% par rapport à 2010 et -28% sur 3 ans
● les urgences : 15%, soit + 1.5% (peu d’évolution depuis 2006),
● la médecine générale : 12%, soit – 4% par rapport à 2010 (variations entre 7.5% et 16% selon les années). Chaque service présente ses spécificités propres.
Concernant les auteurs de ces violences, des évolutions apparaissent :
● la catégorie « personnels-auteurs» des violences signalées diminue de – 1% (4% en 2011, soit une variation de 1 à 6 entre 2006 et 2009)
● la catégorie « visiteurs/accompagnants/autres » diminue de 3% (différentiel de 5% selon les années considérée), tout en représentant toujours un nombre conséquent d’auteurs : 20% en 2011
● quant à la catégorie « patients », ils sont en 2011 auteurs des violences signalées dans 76%, soit +5% par rapport à 2010. Dans 3 situations sur 4, les violences s’exercent à l’encontre du personnel de santé.
Concernant les violences exercées par le personnel au sein des services, toute structure confondue, la typologie de ces violences met en évidence qu’il s’agit essentiellement de conflits entre personnel : dans 86% des cas
● dans 1 situation sur 2, la violence commise par le personnel est une injure/insulte,
● et dans 1 situation sur 4, il s’agit d’une violence physique volontaire portée entre personnels.
Concernant les victimes des violences subies, à l’inverse des données précédentes, 82 % des victimes des violences exercées sont les personnels des établissements (même donnée qu’en 2010). Les violences subies par les personnels des établissements sont des violences physiques dans 51% des cas, soit une hausse de 4% par rapport à 2010. Ils sont le plus exposés au sein des services de psychiatrie, puis des urgences. Les patients sont victimes dans 13% des situations déclarées (identique à 2010).
Malgré le travail de sensibilisation des professionnels de santé, les suites engagées restent faibles : aucun dépôt de plainte n’a lieu dans 86 % des actes déclarés et le taux général de plainte reste à 12 %, tout type d’atteinte confondu. Ces données restent quasiment stables depuis 2008. Les arrêts de travail et les incapacités temporaires de travail demeurent exceptionnels (4% pour les 1er, 1% pour les 2nd), bien que ces chiffres soient à tempérer par le fait que l’arrêt de travail ou l’ITT n’est pas nécessairement connu au moment de l’envoi de la fiche de signalement (et sans possibilité de communiquer l’information a posteriori en ce qui concerne les signalements jusqu’en 2011).
Télécharger le bilan national des remontées des signalements d’actes de violence en milieu hospitalier 2011

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