Réponse au dossier de l’Expansion

Suite à la publication du numéro de l'Expansion « la vérité sur l'hôpital » en date de mars 2004, Daniel Moinard, Président de la Conférence des Directeurs Généraux de CHRU a adressé un courrier au directeur de la rédaction afin d'exercer son droit de réponse et de rectifier les erreurs et les affirmations infondées publiées par le magazine.

Suite à la publication du numéro de l’Expansion « la vérité sur l’hôpital » en date de mars 2004, Daniel Moinard, Président de la Conférence des Directeurs Généraux de CHRU a adressé un courrier au directeur de la rédaction afin d’exercer son droit de réponse et de rectifier les erreurs et les affirmations infondées publiées par le magazine.

Ainsi, la Conférence, se demande comment il est possible d’insister sur l’exactitude des données publiées et, dans le même temps, d’annoncer au public qu’il existe 28 CHRU alors que la France compte 31 CHRU – 29 CHU et 2 CHR (Orléans et Metz-Thionville) ?

Pourquoi Paris, Nancy et Pointe à Pitre sont-ils absents des tableaux ?

De même, la Conférence s’étonne que l’on puisse présenter « la carte exclusive des restructurations d’hôpitaux et de cliniques » et oublier les constructions des nouveaux hôpitaux tels que l’hôpital d’Estaing à Clermont-Ferrand, le futur hôpital d’Orléans et ceux de Metz, de Nice, de Tours et faire l’impasse sur les gigantesques restructurations de Marseille, Lyon et Toulouse ; Programmes de plusieurs centaines de millions d’euros qui vont totalement modifier le paysage hospitalo-universitaire français. »

Quant au « palmarès des CHU les mieux gérés », la Conférence est surprise qu’il n’ait jamais été question d’une telle présentation lors des échanges pourtant très nombreux entre la rédaction et les responsables hospitalo-universitaires. Et si le classement est aujourd’hui à la mode, la Conférence rappelle cependant qu’il s’agit : « d’un acte grave qui conduit à porter un jugement de valeur. L’impact tant en interne qu’à l’extérieur de l’institution peut avoir des conséquences redoutables. »

La Conférence précise que « cette démarche relève de la liberté totale du journal et que de ce fait, le palmarès n’engage que ses auteurs. Néanmoins, il lui semble que la déontologie aurait dû conduire la rédaction à lui faire part de son intention de procéder à un classement. Cela lui aurait évité d’avoir recours à des « économistes spécialistes de la santé » qui à l’évidence, l’ont amenée à retenir une méthodologie et des critères non pertinents, rendant ce palmarès totalement caduque.

La Conférence met en question la méthodologie retenue par le magazine : « Votre méthodologie se résume à une courte phrase page 41. Les colonnes 3 et 4 du palmarès : pertinence de l’investissement et utilisation de la dette, sont incompréhensibles, faute de développement de la méthode. Par contre, vous retenez pour apprécier la productivité du personnel et la gestion du budget le critère journée comme dénominateur du ratio. Cela nous fait remonter plus de vingt ans en arrière. En effet, la journée est devenue un critère totalement obsolète car elle met sur le même plan toutes les hospitalisations, quelle que soit la gravité des malades traités. Or, vous le savez, une journée en réanimation ou en unité de transplantation n’équivaut pas à une journée en maternité ou en long séjour. »

L’Instance rappelle que « depuis 1983, de nouveaux critères ont été dégagés tenant compte précisément de la gravité de la pathologie traitée. De même, de nombreuses activités dans nos CHU ne produisent pas de journée, mais consomment beaucoup de personnels (recherche, innovation, formation, réseaux…) et, en la matière, tous les établissements ne sont pas logés à la même enseigne.

Enfin, ce critère journée favorise considérablement les institutions où la part des unités à durée de séjour longue (gériatrie, moyen séjour, rééducation, psychiatrie notamment) est structurellement plus importante que dans d’autres. Aujourd’hui le critère journée est anti-économique et ne permet pas d’apprécier la qualité d’une gestion. »

La Conférence aurait apprécié pouvoir valider toutes les données que lui ont été demandées dans la précipitation, 24 H avant le bouclage en imprimerie. Ces données présentées en page 48 montrent de grandes divergences et une absence de cohérence. Or, le palmarès de la page 41 est directement issu de ces informations. Ainsi, une vérification effectuée dans les règles aurait mis en évidence l’absence de proportionnalité entre les « personnels temps plein » et les dépenses. L’essentiel des dépenses des hôpitaux étant des dépenses de personnel, un contrôle s’imposait donc qui aurait montré que plusieurs CHU ont vraisemblablement intégré dans leur calcul de personnel médical leurs internes et étudiants – ce qui gonfle de 50 à 75 % leurs données. En conséquence, le total « personnel temps plein » est faux et la colonne 1 du palmarès totalement invalidée.

« A l’évidence, la vérité et la transparence n’ont pas présidé à la méthode que vous avez retenue. » regrette la Conférence.

Les Directeurs Généraux rappellent enfin que l’Expansion ne peut se prévaloir d’éditer « des chiffres jamais publiés », puisque dès 2001 ces données et bien d’autres étaient disponibles dans l’Annuaire des CHRU et accessibles gratuitement sur le site www. reseau-chu.org

Ces différentes remarques amènent la Conférence à conclure qu’il ne s’agit plus de « vérité » mais d’approximation et même de désinformation sur l’hôpital : une enquête trop vite menée, des affirmations infondées, alors que l’équipe de journalistes savait que la Conférence répondrait à toutes ses demandes.

Résultat : un dossier qui pose de vraies questions sans apporter les bons repères, un travail plus qu’approximatif qui pénalise le lecteur, n’est pas digne de votre magazine et encourage les institutions à développer leurs propres supports d’information en direction des représentants de malades et du grand public.

La Conférence rappelle qu’avec ses experts financiers et de l’information médicale, elle reste à la disposition de la rédaction et des économistes de santé pour rediscuter de ce travail.

En conclusion, Daniel Moinard insiste sur le fait que « grâce à la qualité de leurs équipes, les CHU font face dans un contexte de grande rigueur à leurs missions de soins de proximité et de recours, de recherche, d’enseignement et d’innovation. Ils ont respecté pour la plupart des enveloppes budgétaires contraignantes et ont dû dégager d’importants gains de productivité pour financer tout à la fois l’activité et l’impact de mesures réglementaires toujours plus nombreuses et insuffisamment abondées (sécurité incendie, sécurité sanitaire, législation sociale…). La grande majorité d’entre eux n’est ni en déficit ni en report de charges, ce qui peut légitimement être interprété comme un signe de maîtrise de la gestion. »

À lire également

Un quadruplet de dons croisés de reins entre 8 patients, une première en France 

Pour la première fois en France et en Suisse, quatre paires donneur/receveur ont été opérées de manière coordonnée dans le cadre d’un don croisé de reins avec donneurs vivants. Pilotée par l’Agence de la biomédecine, ce « quadruplet » constitue un défi médical et logistique considérable, qui a impliqué les CHU de Toulouse, Montpellier, Reims et Genève.

Sport intense et canicule : le CHU d’Angers met en garde contre le coups de chaleur

La France connait actuellement un épisode caniculaire précoce. Les événements sportifs, dédiés notamment à la course à pied, sont nombreux en cette période. Les sportifs sont particulièrement exposés aux risques liés aux fortes chaleurs. Dans ces conditions, des coups de chaleur d’exercice peuvent survenir, entraînant des hospitalisations, voire des décès. Les médecins réanimateurs et du sport du CHU d’Angers rappellent quelques recommandations de base, face à ces épisodes de fortes chaleurs qui se multiplient.

Hôpital Henry Gabrielle : un accompagnement inédit après les cancers du sang 

Les Hospices Civils de Lyon ont ouvert, à l’hôpital Henry Gabrielle, une unité de soins médicaux et de réadaptation (SMR) dédiée à l’onco-hématologie. Première structure de ce type au sein d’un CHU en France, elle propose une prise en charge globale, spécialisée et coordonnée des patients atteints de cancers du sang après des traitements intensifs. Conçue comme un maillon du parcours de soins, elle constitue l’aval direct du service d’hématologie de l’hôpital Lyon Sud. Elle assure la continuité de la prise en charge après la phase aiguë, dans une logique de parcours sécurisé et gradué, au service de la récupération physique, psychologique et sociale de patients fragilisés par une leucémie, un lymphome, un myélome, une greffe de moelle ou une thérapie par CAR-T cells.

Cancer du pancréas : au CHU Grenoble Alpes, l’innovation thérapeutique à l’honneur

Le CHU Grenoble Alpes lance l’étude ACAPELLA, première en Europe, pour évaluer une technologie innovante de radiothérapie interne ciblée (DaRT) chez des patients atteints de cancer du pancréas non opérable. Portée par ses équipes expertes en oncologie digestive, en endoscopie digestive et en radiothérapie, cette étude vise à offrir une alternative plus efficace à la radiothérapie conventionnelle, avec l’espoir d’améliorer significativement le pronostic de patients aujourd’hui en impasse thérapeutique.

Diagnostic des maladies sur tissus et cellules : à Angers, le grand virage 

Le CHU d’Angers a récemment annoncé qu’il avait pris, en collaboration avec le Centre hospitalier du Mans, un véritable virage numérique en matière d’anatomocytopathologie (ACP), spécialité médicale dédiée à l’étude des cellules et tissus des organes pour établir des diagnostics, en acquérant des scanners de lames de dernière génération. Une modernisation des pratiques d’ACP présentant de nombreux bénéfices au profit des patients comme des équipes hospitalières, et un levier d’attractivité pour une discipline en tension.