Discret mais parfois redoutable. C’est ainsi que l’on pourrait décrire Aspergillus fumigatus. Invisible à l’œil nu, ce champignon est présent partout dans l’air que nous respirons. La plupart du temps inoffensif, il peut toutefois provoquer, chez les patients immunodéprimés, grands brûlés ou diabétiques, des infections sévères appelées “aspergilloses invasives”. Celles-ci peuvent mettre en jeu le pronostic vital. Depuis un quart de siècle, une tendance préoccupante s’accentue : les antifongiques azolés, traitements de référence, perdent en efficacité.
Ce phénomène s’explique par l’usage massif des molécules azolées non seulement en médecine, mais aussi comme fongicides dans les cultures agricoles ou pour protéger certains matériaux. Ce double usage favorise l’apparition de souches résistantes, détectées aussi bien chez les patients que dans l’environnement. La conséquence de cette utilisation est un risque accru d’échec thérapeutique, et donc une menace directe pour les patients les plus fragiles.
Un appel à participation
Pour améliorer la surveillance et évaluer les risques d’exposition, des chercheurs souhaitent installer, avec l’aide des volontaires, des capteurs développés aux Pays-Bas. Placés en extérieur (jardin, balcon, terrasse…), ces dispositifs permettront d’analyser la présence dans l’air d’Aspergillus fumigatus résistants aux antifongiques et de mieux comprendre leur prévalence.
En France, c’est le service de parasitologie-mycologie du CHU de Besançon en collaboration avec le laboratoire Chrono-environnement (Université Marie et Louis Pasteur), qui est amené à piloter le volet français de cet ambitieux projet scientifique international. 500 personnes, recouvrant de façon homogène le territoire national, seront sélectionnées pour participer à cette enquête participative. Il leur suffira ensuite d’installer un capteur en extérieur et de le renvoyer après six semaines.
Pour vous inscrire, il vous suffit de cliquer sur ce lien : SporeWatchFrance
La rédaction avec le CHU de Besançon




