Se rééduquer pour mieux entendre

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Un patient utilisant le nouveau logiciel au CHRU de Tours. Crédit photo : CHRU de Tours.
Être acteur de son audition, c’est désormais possible au CHRU de Tours grâce à un nouveau dispositif de rééducation auditive : l’implant cochléaire.

La surdité est un déficit sensoriel affectant quotidiennement la vie de 11% de la population française. Cela correspond à environ 7 millions de personnes malentendantes vivant avec la menace planante d’une perte totale de l’ouïe. Un chiffre préoccupant quand on connaît les répercussions considérables de cette invalidité auditive. Difficultés de communication pouvant créer de réels troubles du langage, isolement social, dépression. Si cette invalidité, diagnostiquée par un bilan auditif, est inapparente aux yeux de tous, elle demeure un véritable handicap dans le quotidien des personnes touchées. 

À l’hôpital Bretonneau (CHRU de Tours), ce nouveau dispositif de rééducation auditive apparaît comme un motif d’espoir pour les malades. « Ça a changé toute ma vie. » explique non sans émotion Jérôme, 28 ans, face à la caméra du CHRU de Tours. L’implant cochléaire peut en effet être considéré comme une alternative directe à l’appareil auditif conventionnel, en cas d’échec de celui-ci. Les équipes soignantes sont claires : cet implant ne permet pas de rétablir une ouïe normo-entendante c’est-à-dire qu’elle ne permet pas de recouvrer le sens auditif. Ce sont toutefois en moyenne 15% des performances auditives qui seraient améliorées à terme. Un confort de vie non négligeable, notamment pour Roger, patient de 84 ans du CHRU de Tours : « Je ne communiquais avec ma femme que par une ardoise. Et là, le jour où j’ai été activé, ça a été pour moi un miracle !« . 

Comment fonctionne l’implant cochléaire ? 

Deux étapes permettent d’obtenir des résultats probants à l’installation de cette neuroprothèse. Avant tout, une pose chirurgicale est nécessaire. Une partie de l’implant est posée à l’intérieur de l’oreille interne, près de la cochlée et du nerf auditif. Pour capter les sons, une seconde partie est placée à l’extérieur de l’oreille. Les sons sont ensuite captés par l’appareillage interne activant le nerf cochléaire. Dans un deuxième temps, le patient se rend actif de ce qui s’apparente à un véritable traitement auditif.

L'idée est d'atteindre une performance auditive de 15%. Crédit photo : CHRU de Tours

S’il s’agit d’un type d’appareil utilisé depuis près de vingt ans au CHRU de Tours, le service ORL a développé un logiciel innovant permettant l’entraînement et la rééducation auditive du patient après la pose de l’implant. Celui-ci est ainsi mis à la disposition des malentendants dans une salle prévue à cet effet au sein de l’hôpital, après la pose chirurgicale. Il est également possible de pratiquer cette rééducation de l’ouïe avec ce même logiciel, à domicile. Une alternative plus aisée pour les patients qui peuvent ainsi être plus autonomes dans le suivi de leur traitement. Une certaine rigueur dans le suivi est toutefois de mise. « Il faut beaucoup de patience pour la rééducation auditive. » explique à nouveau Jérôme. Pour atteindre une amélioration des performances auditives de 15%, il est recommandé de s’entraîner environ trente minutes par jour. 

L’implant cochléaire a été inauguré par le service ORL du CHRU de Tours le 11 janvier. 

La rédaction avec le CHRU de Tours

Infos pratiques 

L’oreille est composée de trois parties : l’oreille externe, moyenne et interne. L’implant est posé dans l’oreille interne au niveau du nerf auditif et de la cochlée. 

Crédit photo : Ameli.fr

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