Tumeur du cerveau extraite sur patient éveillé : la haute couture de la chirurgie stéphanoise

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Concept innovant, la chirurgie éveillée est pratiquée pour extraire des tumeurs cérébrales jusqu’alors jugées inopérables. Mais intervenir sur le cerveau comporte un risque de séquelles définitives, d’où une réticence des chirurgiens lorsque la tumeur est localisée dans des régions essentielles du cerveau, comme celles du langage, de la motricité ou de la vision. Pour protéger ces régions sensibles et préserver leur fonctionnement normal, le patient est sollicité au cours de l’opération. Le CHU de Saint-Étienne pratique cette chirurgie sophistiquée et audacieuse depuis 2010 et une dizaine de patients bénéficie chaque année
Concept innovant, la chirurgie éveillée est pratiquée pour extraire des tumeurs cérébrales jusqu’alors jugées inopérables. Mais intervenir sur le cerveau comporte un risque de séquelles définitives, d’où une réticence des chirurgiens lorsque la tumeur est localisée dans des régions essentielles du cerveau, comme celles du langage, de la motricité ou de la vision. Pour protéger ces régions sensibles et préserver leur fonctionnement normal, le patient est sollicité au cours de l’opération. Le CHU de Saint-Étienne pratique cette chirurgie sophistiquée et audacieuse depuis 2010 et une dizaine de patients bénéficie chaque année de l’expertise des équipes de neurochirurgie stéphanoises. Saint-Etienne est d’ailleurs le seul établissement de la région Auvergne Rhône-Alpes à disposer d’une telle expérience. 
Dernièrement, cette technique a été perfectionnée grâce à de nouveaux outils technologiques particulièrement sophistiqués : navigation d’images IRM fonctionnelles, bistouri à ultrasons, microscope opératoire… et une parfaite coordination multidisciplinaire entre neurochirurgien, anesthésiste, neurologue, neuroradiologue, infirmière de bloc opératoire et neuropsychologue. Une équipe dédiée* assure la prise en charge de chaque patient. 
Le parcours du patient
Dans la majorité des cas, le patient arrive aux Urgences à la suite d’une crise d’épilepsie. Il n’y a le plus souvent aucun autre symptôme avant que le diagnostic soit posé par le service de Neurochirurgie. Avant la chirurgie, le patient passe une IRM fonctionnelle durant laquelle il exécute des exercices simples comme lire, bouger le bras ou la jambe. Le neuroradiologue établit une première carte des régions du cerveau qui ont été activées pendant ces exercices et analyse leurs rapports topographiques avec la tumeur. Ces informations sont cruciales pour le neurochirurgien, qui va incorporer les images d’IRM dans un système de navigation, sorte de « GPS » permettant de guider ses instruments pendant l’opération. En parallèle le patient est préparé à l’intervention afin de se familiariser avec l’environnement du bloc et les tests qui seront effectués pendant la chirurgie. 
Déroulement de la Chirurgie
L’ouverture de la boîte crânienne est réalisée sous anesthésie générale, puis l’anesthésiste réveille le patient. Le cerveau ayant la particularité de ne pas être innervé, le reste de l’opération est indolore. Sous contrôle du neurologue, le patient effectue des tests pendant que le neurochirurgien stimule point par point la surface du cerveau à l’aide d’une électrode. La stimulation perturbe transitoirement (quelques secondes) le fonctionnement de la zone du cerveau en contact avec l’électrode. Si le patient continue à parler et bouger normalement, il est possible d’enlever sans dommage la zone stimulée. Si au contraire la stimulation induit un arrêt du langage, un mouvement ou un trouble de la vision, la zone testée doit être préservée. Le neurochirurgien établit ainsi une carte précise des fonctions présentes sur la partie exposée du cerveau. Un repère est déposé sur les zones identifiées comme essentielles pour la fonction, de façon à les respecter lorsque la tumeur est enlevée.
Suites de l’Opération
Après l’opération, le patient reste hospitalisé dans le service de Neurochirurgie pendant 7 à 8 jours avant de regagner son domicile. Il débute une rééducation active et précoce qu’il poursuit en ambulatoire lors de son retour à domicile. 
L’utilisation combinée de la chirurgie éveillée et de la navigation d’images IRM fonctionnelles garantit que la tumeur a été enlevée de façon maximale tout en préservant l’autonomie du patient et sa qualité de vie.
En France, les tumeurs du cerveau touchent chaque année 5 000 nouvelles personnes. 

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