Jean-Michel dort enfin mieux. Premier patient des HCL à bénéficier du dispositif de neurostimulation Inspire, il voit dans cette intervention « une porte de sortie de l’appareillage ». Ce Lyonnais de 59 ans souffrait depuis des années d’un syndrome d’apnée obstructive du sommeil sévère, mal contrôlé par les traitements classiques. « L’orthèse n’avait pas fonctionné et la machine à pression continue, c’est invivable à long terme », explique le patient. Comme lui, près de 5 % de la population est concernée par cette pathologie respiratoire nocturne, encore largement sous-diagnostiquée, qui provoque de multiples arrêts de la respiration durant le sommeil, jusqu’à plusieurs dizaines de fois par heure. En plus d’une somnolence intense le jour, elle augmente les risques cardiovasculaires et les accidents de la route.
Une technologie discrète, autonome et efficace
L’implant Inspire, déjà utilisé dans d’autres pays comme les États-Unis, agit comme un pacemaker du sommeil. Celui-ci stimule le nerf hypoglosse, responsable du mouvement de la langue, pour maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant la nuit. « Le système est synchronisé avec la respiration naturelle du patient et s’active automatiquement dès qu’une pause est détectée », explique le Dr Clémentine Daveau, chirurgienne ORL à l’hôpital de la Croix-Rousse. « L’implant est composé d’un boîtier placé dans le thorax et de deux électrodes. L’intervention dure environ deux heures. »
Le patient active lui-même le dispositif chaque soir à l’aide d’une télécommande, qu’il désactive au réveil. Un mois après l’intervention, les premiers réglages sont effectués par l’équipe médicale, en fonction des besoins de chaque patient.
Une réponse concrète à l’échec des traitements classiques
Les traitements traditionnels comme la ventilation à pression positive (PPC) ou l’orthèse mandibulaire sont efficaces, mais souvent mal tolérés. Près d’un patient sur deux abandonne la PPC avant trois ans.
Pour les patients éligibles, la technologie Inspire ouvre donc une nouvelle voie thérapeutique. En France, seuls douze centres hospitaliers la proposent. Les HCL rejoignent aujourd’hui ce cercle restreint. Cette prise en charge repose sur une étroite collaboration entre le service de médecine du sommeil et des maladies respiratoires, et celui d’ORL et de chirurgie cervico-faciale. « Le suivi est essentiel », souligne le Dr Emeric Stauffer, spécialiste du sommeil. « Une polysomnographie est réalisée trois mois après l’activation du dispositif pour vérifier son efficacité, puis un contrôle annuel permet d’ajuster les réglages si besoin. »
Grâce à cette innovation, les Hospices Civils de Lyon offrent un nouveau souffle aux patients.
La rédaction avec les HCL




