Urgences : opération qualité à Poitiers

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« Mieux vaut proposer une réponse adaptée 24h24 aux personnes toujours plus nombreuses qui arrivent aux urgences -44 000 patients en 2013, +5% par rapport à 2012- que de tenter d’en limiter le flot» tel est le point de vue du Pr Bertrand Debaene, président de la commission médicale d’établissement du CHU de Poitiers et artisan du nouveau plan d’amélioration d’accueil des urgences présenté à la presse le 3 janvier 2014.

« Mieux vaut proposer une réponse adaptée 24h24 aux personnes toujours plus nombreuses qui arrivent aux urgences -44 000 patients en 2013, +5% par rapport à 2012- que de tenter d’en limiter le flot» tel est le point de vue du Pr Bertrand Debaene, président de la commission médicale d’établissement du CHU de Poitiers et artisan du nouveau plan d’amélioration d’accueil des urgences présenté à la presse le 3 janvier 2014.
Priorité de la ministre de la santé, le désengorgement de ce secteur névralgique a fait l’objet de nombreux rapports. Au CHU de Poitiers, l’enjeu est stratégique puisque les urgences sont à l’origine de 40% des hospitalisations. Pour fluidifier les parcours et réduire les temps d’attente* -pouvant dépasser 6 h-  les praticiens du CHU ont combiné différentes mesures : création de deux nouvelles structures : une unité d’hospitalisation d’aval (UHA) et un service accueil urgences vitales (SAUV), recrutement de 50 professionnels dont 2 praticiens, augmentation de la capacité des services les plus sollicités et optimisation de la gestion des lits.
Les responsables ont mis à plat l’activité des urgences et le parcours des patients en fonction de la gravité de leurs symptômes. Ils ont ainsi pu constater qu’un tiers des patients relève d’une urgence vitale, un tiers d’une prise en charge complexe combinant médecins urgentistes et spécialistes et un tiers d’une filière courte se limitant aux soins et à la sortie avec ordonnance.  Désormais,  à chacun de ces trois seuils correspond une filière spécifique.
Les urgences vitales seront traitées sans délai dans le trauma center appelé aussi service accueil urgences vitales. Les prises en charge seront planifiées en relation avec le Samu.
Pour les soins complexes, des lits « urgences » sont systématiquement retenus dans les services d’hospitalisation – 2 à 3 lits en fonction de la fréquence des recours. L’étude a aussi conduit à un réajustement capacitaire au profit des secteurs les plus sollicités : + 7 lits en médecine gériatrique, + 4 en chirurgie viscérale et + 1 lit en oncologie médicale. L’objectif étant d’orienter au plus vite les personnes accidentées ou malades vers la spécialité dont ils relèvent.
Quant aux patients qui ne peuvent être accueillis directement dans le service d’hospitalisation dont ils relèvent à cause d’un manque de places, ils ne resteront plus aux urgences dans des lits portes mais seront traités – durant 48h maximum- dans une nouvelle unité médico-chirurgicale d’hospitalisation d’aval de 25 lits (UHA). Ce centre ayant pour mission le traitement aigu, la surveillance et le contrôle à 12h des patients.
Pour optimiser le transfert des patients des urgences aux services d’hospitalisation un gestionnaire de lits (bed manager) a été recruté. Sa mission, attribuer le bon lit au le patient dans le bon service. A sa disposition une surveillance informatique en temps réel de l’occupation des 1 500 lits du CHU.  Son intervention libère les équipes médico-soignantes des urgences de la fastidieuse tâche de gestion des lits au profit de leur cœur de métier : la prise en charge soignante.
Pour la filière courte, le CHU va poursuivre l’effort de séniorisation et de sécurisation avec la présence de 2 praticiens supplémentaires.  L’établissement étudie également la possibilité de recruter des médecins généralistes qui exerceraient aux urgences lors des pics constatés de 16h à 20h en semaine et de 8h30 à 18h00 le samedi.
En 2014, ces dispositifs seront évalués en fonction de critères simples : réduction des délais, qualité des soins, taux de réhospitalisation… au vu des résultats, des aménagements seront à nouveau envisagés.
*les délais d’attente se décomposent en temps passé avant la 1ère visite du médecin et avant l’hospitalisation dans un service – ces deux délais étant actuellement estimés à plusieurs heures.

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