VIH : des consultations de sexologie ouvertes au CHU de Nancy

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« L’annonce du VIH, c’est toujours un tsunami dans la vie, et évidemment, ça a des conséquences sur la sexualité ». Les mots de Sophie Pilcer, première sexologue à ouvrir des consultations au service des Maladies infectieuses du CHU de Nancy*. Bien qu’ils rencontrent régulièrement des médecins, ces malades n'ont pas toujours la possibilité ou l'aisance d'exprimer les questions qui les taraudent : besoin d'information sur les comportements sexuels, sur la contraception et la prévention. Explications.

« L’annonce du VIH, c’est toujours un tsunami dans la vie, et évidemment, ça a des conséquences sur la sexualité ». Les mots de Sophie Pilcer, première sexologue à ouvrir des consultations au service des Maladies infectieuses du CHU de Nancy*, raisonnent avec d’autant plus d’acuité que la sexualité qui touche au plus intime de chacun demeure un sujet délicat –  loin des représentations décomplexées portées par les medias. Le tabou est encore plus fort lorsqu’il s’agit de personnes atteintes du sida. Bien qu’ils rencontrent régulièrement des médecins, ces malades n’ont pas toujours la possibilité ou l’aisance d’exprimer les questions qui les taraudent :  besoin d’information sur les comportements sexuels, sur la contraception et la prévention. Explications.
« Avec la sexualité, nous sommes vraiment au cœur de l’humain » argumente Sophie Pilcer, cette sexologue qui travaille beaucoup sur la question du couple. Dans ses consultations au CHU de Nancy, elle reçoit en majorité des patients atteints du sida mais également ceux qui souffrent d’autres Infections Sexuellement Transmissibles (IST). «  La consultation est vraiment un temps pour pouvoir, à un moment donné, parler de sa vie sexuelle » décline la spécialiste « Le plus souvent, ce sont les médecins qui conseillent aux patients de venir pour trouver une aide et répondre à un besoin. » La sexologue suit également le dossier médical de chacun de ses consultants afin de connaître les éventuels traitements lourds qui auront des séquelles directes sur leur sexualité comme par exemple une dysfonction érectile. 
« Je fais également des entretiens de couple » détaille Sophie Pilcer « Si l’un des partenaires est infecté cela peut être extrêmement difficile pour les deux. Une réadaptation s’impose et j’aide le couple à passer ce cap en favorisant l’expression des attentes, des angoisses et des difficultés. Ce sont des questions qui sont très importantes, pour éviter la rupture. Les conjoints peuvent s’autoriser à continuer une sexualité ensemble. » Avoir une vie sexuelle tout en étant malade est possible à condition de protéger l’autre et de se protéger en dépassant des rejets comme celui du préservatif. Il s’agit de repenser autrement sa relation, le plaisir, le toucher, les pratiques physiques pour vivre sa sexualité de façon plus satisfaisante.
La sexualité reste taboue et la discrétion demeure la règle durant les consultations. « Il y a dans ces rencontres un besoin absolu de respect » explique la sexologue « Ce n’est qu’à cette condition que la consultation pourra fonctionner. L’expression de l’intime est impossible sans mise en confiance. » Ensuite Sophie Pilcer aborde les différentes questions concrètes liées à la sexualité comme le désir, l’excitation, le plaisir…Peuvent suivre des préconisations d’exercices à faire en cas de difficultés mais toujours dans le respect de la personne qui consulte et de son éventuel(le) partenaire. 
Pour mener à bien ses prises en charge, la sexologue utilise une sorte de « feuille de route » assez précise sur les comportements, les pensées, les croyances, l’éducation, les valeurs, la culture, l’amour, l’érotisme. « Tout est lié dans l’histoire personnelle de chacun mais aussi dans ce qu’il vit sur le moment présent. A travers cette exploration, je vais travailler sur l’estime et l’image de soi, la masculinité, la féminité, le corps, la séduction… » énumère Sophie Pilcer qui insiste sur «  la difficulté des patients à rencontrer l’autre car ils se sentent malades et différents. On englobe à la fois, la tête, le cœur et le corps. »
La présence d’un sexologue au CHU de Nancy dans le secteur des Maladies infectieuses est une première. Elle précède la création d’un futur Centre de santé sexuelle : un espace où la prise en compte de la sexualité des patients se fera à la fois sur le plan médical, psychologique, psychiatrique, et aussi sexologique.
Consultation de sexologie
les jeudis après-midi sur RV de 14h à 17h
Tél : 03.83.15.38.90. ou 03.83.15.41.28.
*dirigé par le Pr Thierry May

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