2e vague de Covid-19 : la prise en charge du cancer n’attend pas

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Alors que la France fait face à la 2ème vague de l’épidémie de Covid-19, l’Institut Curie maintient pleinement la prise en charge des patients atteints de cancer en Ile-de-France. Une exigence pour ne pas occasionner de perte de chance...

Alors que la France fait face à la 2ème vague de l’épidémie de Covid-19, l’Institut Curie maintient pleinement la prise en charge des patients atteints de cancer en Ile-de-France. Une exigence pour ne pas occasionner de perte de chance…
La solide organisation de l’Ensemble hospitalier, le renforcement de la sécurité sanitaire et l’expérience acquise ces derniers mois permettent aujourd’hui à l’Institut Curie d’assurer la continuité des soins (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie) ainsi que les consultations de suivi et de diagnostic pour éviter toute perte de chance pour les patients.
« Nous tirons la sonnette d’alarme : nos médecins voient par exemple des cas de cancer du sein, de cancer du poumon, ou de cancer de l’œil à des stades plus évolués car les patientes et patients arrivent plus tardivement dans nos murs », déclare le Pr Fumoleau, directeur général de l’Ensemble hospitalier de l’Institut Curie. « Il faut dire et répéter que nos portes sont ouvertes, nos personnels sont là et assurent une prise en charge et un suivi en toute sécurité. Cette deuxième vague est très différente d’une part parce qu’il y a beaucoup moins de patients atteints de cancer et positifs au coronavirus car ils se protègent mieux. Et d’autre part, nous avons su tirer les enseignements de la 1ère vague ».
A l’heure actuelle au sein de l’Institut Curie, aucun traitement chirurgical n’est déprogrammé, les blocs opératoires fonctionnent, le plateau de radiothérapie est totalement opérationnel et les traitements médicaux se poursuivent dans des conditions les plus optimales. Les téléconsultations sont mises en place lorsque le suivi le permet.

Eviter la forte baisse des consultations diagnostiques de la 1ere vague

Au cours de la première vague de Covid-19, le nombre de consultations pour un nouveau cancer avait considérablement baissé : concernant les cancers du sein, pendant le premier mois de confinement (mars-avril 2020), l’Institut Curie avait enregistré un recul de 34 % du nombre de premières consultations. En parallèle, les actes de chirurgies mammaires (sauf reconstructions secondaires et reprises urgentes) sur la même période avaient diminué de 33%. 
Pour Delphine Hequet, chirurgienne sénologue à l’Institut Curie : « Nous ne disposons pas encore de données chiffrées sur l’impact de l’épidémie pour les femmes atteintes de cancer du sein, mais oui, nous observons un effet retard dans la prise en charge, oui, nous observons des stades plus avancés chez nos patientes. Nos traitements, nos soins, nos suivis sont adaptés et aujourd’hui, nous pouvons nous appuyer sur les enseignements de la 1ère vague. Nous bénéficions notamment des résultats d’une évaluation menée en mai dernier portant sur l’état de stress et d’anxiété de près de 250 patientes vis à vis de la peur de la Covid-19 : ils nous permettent aujourd’hui d’adapter nos suivis psychologiques ».

Stress et anxiété chez les patientes
L’étude menée par le Dr Delphine Hequet a permis d’évaluer l’état de stress et d’anxiété de 242 femmes dès le déconfinement en mai dernier, toutes venant en consultation physique ou à distance pour un cancer du sein, que ce soit au moment du diagnostic, des traitements ou du suivi. La peur de la Covid-19 a entraîné un retard à consulter pour 17 % des patientes et à réaliser une mammographie (pour 14 % d’entre elles). Les patientes plus jeunes (<50 ans), sans entourage, et étant exclusivement en télétravail ou sans activité professionnelle avaient des scores d’anxiété particulièrement élevés. Ces évaluations ont permis d’adapter l’offre d’accompagnement des patientes, notamment en termes de consultation de psychologues. Elles permettront d’être encore plus vigilants envers les patientes à risque.
*Référence : Bulletin du cancer, octobre 2020 – href= »https://doi.org/10.1016/j.bulcan.2020.08.002″ target= »_blank »
Hélène Delmotte

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