Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Accompagner jusqu’au bout

La vocation première de l'hôpital est de préserver la vie, mais c'est aussi d'accompagner le patient jusqu'au bout de la sienne. Aujourd'hui, près de 70% des Français vivent leur fin de vie à l'hôpital, alors que jusqu'au milieu du siècle dernier, la plupart des personnes décédaient chez eux, entourés de leurs proches. Les établissements de santé de plus de 200 lits sont tenus de disposer de chambres mortuaires dont les services sont gratuits. Le CHU de Nancy en compte deux, situées non loin des chapelles : l'une située au sein de l'hôpital Central et l'autre sur le site de Brabois. Des équipes de soignants dotés de qualités humaines remarquables, en assurent la bonne marche avec un professionnalisme reconnu de tous.

La vocation première de l’hôpital est de préserver la vie, mais c’est aussi d’accompagner le patient jusqu’au bout de la sienne. Aujourd’hui, près de 70% des Français vivent leur fin de vie à l’hôpital, alors que jusqu’au milieu du siècle dernier, la plupart des personnes décédaient chez eux, entourés de leurs proches. Les établissements de santé de plus de 200 lits sont tenus de disposer de chambres mortuaires dont les services sont gratuits. Le CHU de Nancy en compte deux, situées non loin des chapelles : l’une située au sein de l’hôpital Central et l’autre sur le site de Brabois. Des équipes de soignants dotés de qualités humaines remarquables, en assurent la bonne marche avec un professionnalisme reconnu de tous.

Les activités des chambres mortuaires du CHU de Nancy sont organisées autour de deux missions fondamentales : la prise en charge des patients décédés et l’accueil du public. Les chambres mortuaires du CHU sont constituées de deux zones spécifiques dédiées à chacune de ces missions principales :
– des salons destinés à la présentation des corps des défunts, à leurs familles et à leurs proches. Ces lieux, décorés avec sobriété, sans affichage religieux ostentatoire, permettent également les opérations de mise en bière et les départs de corps, dans le respect de l’intimité des familles.
– une zone technique, réservée aux personnels de l’établissement et aux employés des opérateurs funéraires. Cette zone comprend les pièces basse température, la salle de prélèvements de cornées, la salle d’autopsie et une salle de thanatopraxie pour les soins de conservation réalisés par des prestataires extérieurs.
Un lieu est réservé aux ministres des cultes musulman et judaïque pour l’accomplissement des toilettes rituelles propres à ces confessions.

Soumis à une réglementation très stricte, notamment en matière de respect de délai (transfert des corps depuis les unités de soins limité à 10 heures, départ sans mise en bière dans les 24 heures en l’absence de soins et étendu à 48 heures en cas de soins de conservation) ou de procédures (reconnaissance du corps), les personnels des chambres mortuaires recrutés sur la base du volontariat, doivent faire preuve d’une rigueur à toute épreuve et d’un sens aigu du respect d’autrui et ce 7 jours sur 7, tout au long de l’année.

Accompagnant la douleur d’inconnus confrontés à une séparation insupportable, parfois révoltante, fut-elle annoncée (en particulier pour les malades chroniques), les personnels bénéficient de formation mises en place par l’établissement et adaptées aux exigences de leur métier : accompagnement de la fin de vie, accueil des familles en deuil, sensibilisation à la réglementation sur les décès en établissements, etc.
Ce bagage solide devient incontournable car ils sont à l’interface de plusieurs obligations : la gestion des exigences administratives des services hospitaliers, le respect des réglementations complexes, le contact avec les force de police et avec les prestataires de pompes funèbres.

Pourtant, c’est sans doute la cohabitation quotidienne avec la fragilité de l’existence qui forge leur personnalité et leur donne ce recul nécessaire pour affronter toutes les situations de deuil. Écoute, patience, empathie mais aussi dialogue, respect et sérénité sont les valeurs essentielles d’un travail incontournable dans la continuité du parcours de soins. Un accompagnement que le public qualifie volontiers de réconfortant, d’apaisant et de bienfaisant comme en témoignent les messages laissés par les proches de toute génération alors que l’institution hospitalière a parfois du mal à l’intégrer dans sa propre réalité.

Le vieillissement de la population et l’évolution des mentalités parviendront sans doute dans l’avenir à lever les tabous sur une réalité hospitalière que tout le monde soupçonne. En attendant, les professionnels des chambres mortuaires du CHU de Nancy poursuivent leur mission avec conscience et humanisme, car le deuil qui relève d’une histoire intime, s’inscrit dans une réalité universelle dont ils sont les maillons.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

A Reims, des Logisti-soins libèrent du temps aux soignants

A l’écoute de ses soignants, le CHU de Reims mise sur le déploiement d’un nouveau métier au cœur de son Nouvel Hôpital : le logisti-soins. Gestionnaire des activités de restauration, des consommables et de la maintenance du matériel biomédical, celui-ci vise une amélioration nette de la répartition du travail. Entièrement adoptée par les équipes soignantes, cette réorganisation optimise le soin et dégage ainsi un temps indispensable tant aux soignants qu’aux patients.

L’APHM élabore un kit d’urgence pour les missions spatiales 

Le service de Radiologie Interventionnelle de l’Hôpital de la Timone (AP-HM) s’implique dans le partenariat entre le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), l’Institut de Médecine et Physiologie Spatiale (MEDES) et la Société Française de Radiologie (SFR). Afin d’améliorer la sécurité des astronautes lors des missions spatiales, douze équipes de radiologues ont travaillé sur la conception d’un kit médical d’urgence prenant en charge plus d’une dizaine de pathologies différentes.

A Nantes, un vers marin contribue à sauver un grand brûlé

L’été dernier, le CHU de Nantes a accueilli un patient brûlé sur 85% de son corps. Face à un pronostic vital engagé et à une absence d’alternative, les médecins ont alors demandé l’accord de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour utiliser un pansement oxygénant à base de ver marin (Arenicola Marina) et tenter de le sauver. Si ce produit est encore en phase expérimentale, les résultats semblent prometteurs. Nous avons interrogé le Pr Pierre Perrot, Chef de service du Centre des brûlés du CHU de Nantes, sur cette première.