Depuis cinq ans, elle développe des solutions thérapeuthiques innovantes contre le cancer en combinant un médicament (Pentalafen®) et une plateforme d’illumination innovante (Heliance®). Forte d’un programme clinique actif avec des résultats prometteurs dans le traitement du glioblastome, un cancer cerveau courant et agressif, Hemerion vient de passer un cap.
En juillet dernier, l’entreprise a ouvert, après les Etats-Unis, un nouveau site d’investigation clinique à Lille. Il faut dire que ce choix d’implantation n’est pas dû au hasard, la start-up collaborant localement avec son Centre Hospitalier-Universitaire, l’Inserm et l’Université lilloise, tous reconnus pour leur expertise en cancérologie et innovation, depuis son lancement.
De manière plus précise, le CHU de Lille, plus grand campus hospitalo-universitaire d’Europe et acteur majeur des essais cliniques en France avec plus de 8000 patients par an, a notamment orienté son activité de recherche clinique vers le cancer et les neurosciences. Cette stratégie l’a amené à jouer, dès 2017, un rôle majeur dans le développement de la technologie d’Hemerion, avec l’accueil des premiers essais cliniques Indygo et Dosyndigo.
L’ouverture de son nouveau site d’investigation, autorisée par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM), vient renforcer les capacités inclusion de nouveaux patients pour l’étude clinique HTX-GBM-01initiée par Hemerion aux USA en collaboration avec le University of Pennsylvania Medical Center (UPMC) de Pittsburgh.
« Cette nouvelle participation au développement clinique d’Hemerion fait du CHU de Lille un véritable centre de référence mondial sur la thérapie combinée Pentalafen® / Heliance® dans le traitement du cancer du cerveau » se réjouit le Pr Nicolas Reyns, co-inventeur de la technologie et Chef du service de Neurochirurgie du CHU de Lille.
Placé sous la supervision du Dr. Enora Vauléon du service de neuro-oncologie, le site français est équipé des dernières versions de la plateforme Heliance®, qui bénéficient des améliorations notables apportées par Hemerion Therapeutics à sa technologie depuis 5 ans.
Un développement clinique sur 2 continents
« L’ouverture du site de Lille est un véritable accélérateur pour le développement clinique de notre thérapie combinée. Cette initiative nous a aussi préparé à travailler de front avec les réglementations sanitaires européennes et américaines : un vrai plus pour les discussions prévues prochainement avec l’EMA et la FDA pour lancer la phase pivot.”, ajoute le Dr Everardo Saad, Medical Director chez Hemerion.
En effet, travailler avec les réglementations sanitaires européennes et américaines constitue un atout rare dans le secteur des healthtechs, essentiel pour « mener de front des opérations d’accès au marché sur ces deux territoires majeurs. »
C’est une thérapie dans laquelle nous, oncologues, plaçons beaucoup d’espoir.
Dr Enora Vauléon, neuro-oncologue eu CHU de Lille et investigatrice principale du site d'Hemerion en France
Dernière ligne droite pour la thérapie combinée
Le centre de Lille a inclus avec succès les derniers patients de la deuxième cohorte prévue pour cet essai de phase 1 / 2. Ce franchissement d’étape a permis de lancer la consultation du Data and Safety Monitoring Board (DSMB), pour autoriser la poursuite de l’étude. L’objectif est de confirmer, voire d’améliorer les résultats cliniques obtenus lors des travaux de recherche menés par l’Inserm et le CHU de Lille et de l’Université de Lille entre 2017 et 2020 sur cette technologie prometteuse, « à la vitesse de la lumière ».
Croisé lors de la 3e édition du CHU Healthech Connexion Day l’an dernier, Maximilien Vermandel, Directeur Général d’Hemerion, nous expliquait le fonctionnement de la thérapie combinée Pentalafen®/Héliance® : “Le glioblastome est une tumeur qu’on doit opérer dès que cela est possible, dans 75% des cas. Le principe est donc de retirer le maximum de la tumeur. A la fin de cette résection, il reste des cellules éparses dans le bord de la cavité opératoire et ces cellules vont être le siège de la récidive. Nous allons chercher à les éliminer. Comment ? En administrant au patient un composé photosensibilisateur, qui va se fixer uniquement sur les cellules tumorales grâce à des mécaniques de cascades métaboliques dans la cellule. A la fin de l’intervention chirurgicale, on va illuminer la cavité opératoire avec le dispositif qu’on a créé afin de détruire ces cellules résiduelles et ainsi retarder la récidive le plus longtemps possible.”
Chaque année, ce sont près de 30 000 nouveaux patients en Europe et aux Etats-Unis sont confrontés à ce cancer au pronostic sombre, marqué par une survie moyenne inférieure à 18 mois. Pour le Dr Enora Vauléon, la technologie Hémérion « complète très utilement l’arsenal thérapeutique classique contre l’un des cancers les plus difficiles à traiter. C’est une thérapie dans laquelle nous, oncologues, plaçons beaucoup d’espoir. »
La rédaction avec le CHU de Lille




