Des résultats budgétaires 2025 toujours préoccupants. C’est ce que l’on retient du communiqué publié par la Conférence des Directeurs Généraux de CHU, la Conférence des PCME et la Conférence des Doyennes et des Doyens de médecine. Moins d’un quart des CHU affichent un résultat budgétaire excédentaire.
« La clôture des comptes 2025 est désormais intervenue pour la quasi-totalité des CHU. La photographie comptable ainsi stabilisée permet de mettre en évidence un déficit cumulé des 32 CHU (hors Guyane) de 804 ME pour les budgets principaux, soit quatre fois plus qu’en 2021 (205 M€), contre 975 M€ en 2024. Seuls 7 CHU parviennent à dégager un résultat excédentaire. Conséquemment, 11 CHU présentent un CAF nette négative. Cela signifie qu’ils sont obligés d’emprunter pour rembourser le capital de leur dette. Il résulte de cette situation une fragilisation très importante de leur capacité à financer leur investissement, alors que des opérations indispensables à leurs activités sont engagées. De la même façon, une situation budgétaire très dégradée des CHU a également des conséquences sur la façon d’assumer la mission enseignement et recherche. »
Une situation paradoxale alors que l’activité n’a jamais autant progressé
Autre constat : ce déficit intervient alors que l’activité des CHU n’a jamais été aussi forte. « Ce redressement très lent et très partiel de la situation budgétaire des CHU est d’autant plus marquant que la croissance du nombre de séjours est historique, avec de près de 10% sur deux ans (+4,3% entre 2024 et 2025 après +4,6% entre 2023 et 2024). Dans un modèle économique cohérent, la croissance d’activité aurait dû permettre de rétablir la situation budgétaire des établissements. En effet, l’activité globale, portée par l’hospitalisation de jour, dépasse désormais le niveau de 2019 et la productivité des personnels (nombre d’ETP / séjours produits) est certainement supérieure à celle d’avant Covid. »
Des déficits expliqués par le rapport IGAS et IGAS/IGF récents.
Dans des rapports récents, les deux corps d’inspection soulignent que les deux tiers des déficits des hôpitaux s’expliquent par la sous-compensation des mesures salariales nationales et pour partie par l’inflation sur la période. La situation budgétaire très dégradée des CHU prend donc racine dans des causes exogènes qu’ils ne peuvent pas compenser en réouvrant les lits fermés en post-Covid et en réalisant une activité record. Ce sous-financement pèse structurellement sur la situation financière des établissements en générant un effet cumulatif négatif. A défaut d’une réponse adaptée à ce problème de sous-financement, l’étau se referme progressivement sur les CHU Français, limitant ainsi l’investissement, notamment la modernisation de nos établissements et le développement de l’innovation.
Un déséquilibre structurel profond entre les coûts et les tarifs
Cette situation paradoxale – coexistence de déficits records et d’une activité record – s’explique par le désajustement structurel profond et persistant entre les coûts et le niveau des tarifs.
L’enjeu décisif de l’ONDAM 2027
Dans ce contexte où le modèle économique des CHU est lourdement fragilisé, l’ONDAM 2027 représente un enjeu particulier. Il est en effet essentiel qu’il ne vienne pas fragiliser encore un peu plus la bonne marche des navires amiraux de l’hospitalisation publique française. A ce titre, les conférences appellent à une opération vérité sur les tarifs. Celle-ci doit impérativement rémunérer à leur juste valeur les activités qu’ils accomplissent en réponse au besoin de santé des bassins de population dont ils ont la charge.
La rédaction avec les trois conférences CHU
La décla
Le 27 mai dernier, Philippe El Saïr, président de la Conférence des DG de CHU, déclarait à l’occasion de Santexpo : « Ce rapport IGAS/IGF était très attendu. Il y a trois messages essentiels finalement : ce rapport nous dit et démontre que deux tiers des déficits des hôpitaux publics ont une cause extérieure qui renvoie aux mesures salariales qui ont été prises depuis 2020, et pour une part à l’inflation. Donc deux tiers des déficits ne sont pas le fait des hôpitaux. Deuxième chose : c’est un rapport qui dit aux pouvoirs publics que l’efficience hospitalière aujourd’hui passera principalement par des réformes de structures et notamment par l’intégration au niveau territorial de l’hospitalisation publique. Troisièmement, par le constat qui est dressé des déficits historiques qui n’ont pas de précédent (…) ce rapport nous dit aussi qu’il faut être très vigilant sur ONDAM 2027 qui ne doit pas aggraver le mal et au sein duquel il faudra parvenir à une réévaluation des tarifs des séjours en les redressant. »




