Endométriose, 150 patientes opérées chaque année au CHU Grenoble Alpes

Auteur /Etablissement :
Maladie « invisible » qui touche une femme sur dix en France, l’endométriose reste encore méconnue. A l’occasion de la Semaine européenne d’information et de prévention sur l’endométriose, les professionnels du CHU Grenoble Alpes se sont mobilisés, au côté de l’association Endorance pour informer le grand public et apporter des réponses aux femmes qui souffrent d’endométriose.
Maladie « invisible » qui touche une femme sur dix en France, l’endométriose reste encore méconnue. A l’occasion de la Semaine européenne d’information et de prévention sur l’endométriose, les professionnels du CHU Grenoble Alpes se sont mobilisés, au côté de l’association Endorance pour informer le grand public et apporter des réponses aux femmes qui souffrent d’endométriose.
« J’étais en train de mourir à petit feu. Cette opération m’a sauvé la vie ! » Le témoignage de Valentine*, 45 ans, est aussi fort que symbolique. Comme beaucoup de femmes atteintes d’endométriose, Valentine a connu une longue période d’errance médicale. « Dès l’apparition de mes premières règles à l’âge de 11 ans, j’ai souffert de douleurs importantes. Dans mon entourage, on me disait que c’était normal. Que je n’avais pas à m’inquiéter… » A l’âge de 28 ans, le diagnostic tombe. « Je ne connaissais pas cette maladie. Lorsque j’en parlais autour de moi, à mes proches mais aussi à des médecins, j’étais assez mal à l’aise car personne ne semblait vraiment me comprendre ».
Les quinze années suivantes sont éprouvantes pour la jeune femme. Opérée à plusieurs reprises, elle demeure dans l’impasse voyant son désir d’enfant s’éloigner de plus en plus. Courageuse et battante, elle se documente beaucoup, prend contact avec des associations comme EndoFrance et finit par rencontrer le Docteur Thierry Michy, chirurgien, chef du service de gynécologie à l’Hôpital Couple Enfant du CHU Grenoble Alpes. « Il m’a opéré en 2018. Je suis resté 7 heures au bloc. Et grâce à lui, je suis aujourd’hui enceinte de jumeaux » confie Valentine. 

Poser rapidement le bon diagnostic

« L’endométriose se manifeste durant les règles lorsque le sang reflue par les trompes dans la cavité abdominale au lieu d’être extériorisé, créant ainsi des lésions endométriosiques déclenchant des inflammations à l’intérieur du ventre. Ces inflammations provoquent des douleurs importantes pendant les règles mais aussi durant les rapports sexuels, les passages à la selle voire des troubles digestifs. Cette  maladie est aussi à l’origine de problème de fertilité. D’où l’importance de poser rapidement le bon diagnostic pour toutes ces femmes en errance dont la maladie engendre un impact socio-professionnel important avec des arrêts maladies de deux jours par mois pour certaines d’entre elles » témoigne le Docteur Thierry Michy. 
La prise en charge de l’endométriose est  pluridisciplinaire et personnalisée : chirurgien gynécologue gynécologue spécialiste de l’infertilité (PMA), radiologue, autres chirurgiens d’organe: urologue, digestif, algologue psychothérapeute, et médecins de la douleur pratiquant des médecines complémentaires comme l’acupuncture ou l’hypnose.  

Soulager la douleur

« Le rôle du radiologue est primordial dans cette pathologie. Il est double, non seulement il permet de diagnostiquer la maladie et donc de réduire le retard diagnostique (important, estimé en moyenne à 7 ans) mais aussi pronostique pour établir une cartographie exhaustive de la maladie afin d’aider nos collègues gynécologues à personnaliser leur traitement pour chaque patiente. Le bilan radiologique repose sur l’échographie en première intention puis l’IRM pelvienne, examen de second intention mais de référence. Enfin, la communication avec nos collègues gynécologues experts mais aussi avec les patientes est absolument essentielle pour améliorer notre performance diagnostique », explique le Docteur René-Charles Rouchy, médecin radiologue spécialisé en imagerie de la femme, au CHU Grenoble Alpes.

Des traitements médicamenteux (oestroprogestatifs, implant à l’etonogestrel, progestatifs en continu notamment) permettent de stabiliser l’évolution des lésions endométriosiques et de soulager les douleurs. Dans certains cas, un traitement chirurgical est nécessaire. La prise en charge chirurgical fait le plus souvent appel à des nouvelles technologies (dont le PlasmaJet® utilisé au CHUGA) améliorant l’efficacité du traitement. En supprimant les lésions endométriosiques, la coelioscopie (ou laparoscopie) permet de soulager les douleurs et de favoriser les grossesses spontanées. Au CHU Grenoble Alpes, 150 femmes sont opérées chaque année.  
*prénom d’emprunt

À lire également

Orthopédie : prise en charge des pathologies au CHU de Clermont-Ferrand 

À l’occasion de la Journée mondiale de l’orthopédie, le CHU de Clermont-Ferrand a souhaité mettre en lumière son service de chirurgie orthopédique, capable de prendre en charge l’ensemble des pathologies de l’appareil locomoteur, des plus courantes aux plus complexes. Cette organisation permet de garantir à tous les patients un accès à une expertise médicale et technique de haut niveau, dans le cadre du service public hospitalier.

Un quadruplet de dons croisés de reins entre 8 patients, une première en France 

Pour la première fois en France et en Suisse, quatre paires donneur/receveur ont été opérées de manière coordonnée dans le cadre d’un don croisé de reins avec donneurs vivants. Pilotée par l’Agence de la biomédecine, ce « quadruplet » constitue un défi médical et logistique considérable, qui a impliqué les CHU de Toulouse, Montpellier, Reims et Genève.

Sport intense et canicule : le CHU d’Angers met en garde contre le coup de chaleur

La France connait actuellement un épisode caniculaire précoce. Les événements sportifs, dédiés notamment à la course à pied, sont nombreux en cette période. Les sportifs sont particulièrement exposés aux risques liés aux fortes chaleurs. Dans ces conditions, des coups de chaleur d’exercice peuvent survenir, entraînant des hospitalisations, voire des décès. Les médecins réanimateurs et du sport du CHU d’Angers rappellent quelques recommandations de base, face à ces épisodes de fortes chaleurs qui se multiplient.

Hôpital Henry Gabrielle : un accompagnement inédit après les cancers du sang 

Les Hospices Civils de Lyon ont ouvert, à l’hôpital Henry Gabrielle, une unité de soins médicaux et de réadaptation (SMR) dédiée à l’onco-hématologie. Première structure de ce type au sein d’un CHU en France, elle propose une prise en charge globale, spécialisée et coordonnée des patients atteints de cancers du sang après des traitements intensifs. Conçue comme un maillon du parcours de soins, elle constitue l’aval direct du service d’hématologie de l’hôpital Lyon Sud. Elle assure la continuité de la prise en charge après la phase aiguë, dans une logique de parcours sécurisé et gradué, au service de la récupération physique, psychologique et sociale de patients fragilisés par une leucémie, un lymphome, un myélome, une greffe de moelle ou une thérapie par CAR-T cells.