Femmes de santé : une association pour leur « donner des elles »

Auteur /Etablissement :
L’association "Donner des Elles à la Santé", qui a annoncé le 6 octobre son lancement officiel, se donne comme mission de faire avancer l'égalité entre les femmes et les hommes dans le secteur professionnel de la santé.

L’association "Donner des Elles à la Santé", qui a annoncé le 6 octobre son lancement officiel, se donne comme mission de faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes dans le secteur professionnel de la santé.
L’initiative vise à créer collectivement un environnement favorable au développement de la carrière des femmes médecins et une solidarité
 de « femmes, engagées dans la santé », mais aussi de « médecins, acteurs de l’égalité Femmes-Hommes ». 
Donner des Elles à la Santé réfléchit également à des pistes d’évolution des établissements de santé publics ou privés pour aller vers plus d’égalité et développe les mises en réseau de femmes médecins en favorisant le mentorat.
Composée d’un collectif d’acteurs publics et privés et d’un comité de pilotage de 17 membres, l’association est présidée par Géraldine Pignot, chirurgienne urologue à Marseille, très impliquée dans la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette initiative s’inscrit dans la lignée des deux Forums Femmes & santé qui se sont tenus en Rhône Alpes (2016 et 2017) puis à Paris (ELLE active santé) afin d’écouter les femmes et de les accompagner dans le développement de leurs carrières.

Être médecin et femme à l’hôpital, un dilemme ?

Premier combat porté par l’association : les carrières féminines au sein de l’hôpital. Car si aujourd’hui parmi les moins de 30 ans, 52% des médecins sont des femmes, elles ne sont que 20% à occuper un poste de PU-PH (Professeur des universités-praticien hospitalier). Une enquête IPSOS (1) pour Donner des Elles à la Santé montre que les discriminations commencent très tôt, vont en s’amplifiant et se traduisent par une dévalorisation professionnelle : ainsi, pour 59% des femmes médecins, leurs capacités ont été a priori remises en doute.
Ressenties dès les premières années d’études, c’est au moment de l’externat que ces discriminations touchent près d’1 femme médecin sur 2 pour atteindre leur plus haut niveau aux premières années de carrière (près de 6 femmes sur 10) : une situation qui perdure pendant leur carrière pour plus d’1 femme sur 2.
Le sondage Ipsos met aussi en avant des violences sexistes trop fréquentes et des discriminations de genre à toutes les étapes du parcours des femmes médecins. Ainsi, 93% des médecins hospitaliers ont déjà fait le constat d’une situation discriminante à l’égard des femmes dans le milieu hospitalier et 82% des femmes médecins déclarent avoir déjà été victimes de comportements sexistes ou de harcèlement que ce soit sur leur physique, apparence ou tenue vestimentaire ou leurs compétences professionnelles. Un constat corroboré massivement par les hommes qui disent pour les ¾ d’entre eux avoir été témoins de propos déplacés sur le physique et les compétences de leurs homologues féminines. 
Autre difficulté soulignée par les femmes médecins : le fragile équilibre entre travail hospitalier et obligations familiales. Près d’1 maman sur 2 avoue qu’elle travaillerait plus si elle était dégagée des contraintes familiales contre seulement 1/3 des pères ! 36% considèrent même avoir modifié leur parcours professionnel en raison de leur charge familiale.

Briser le plafond de verre en santé : des attentes fortes

Toujours selon l’enquête IPSOS pour Donner des Elles à la Santé, seuls 6% des médecins interrogés ont connaissance de mesures instaurées pour favoriser l’égalité professionnelle Femmes-Hommes dans leur établissement.
Pourtant, les attentes des médecins sont fortes. Ils plébiscitent plus particulièrement les actions permettant aux femmes de mieux intégrer les contraintes liées à la maternité dans la vie professionnelle – 80% des femmes médecins jugent essentiel le remplacement des congés maternité – et celles impliquant une politique plus volontariste en faveur de l’égalité femmes-hommes – 65% des femmes médecins jugent essentiel l’instauration d’une politique transparente des carrières.
Pour faire avancer vers plus d’égalité, l’association revendique des actions tout le long du parcours des femmes médecins : sensibilisation dès les études de médecine aux stéréotypes de genre, solutions concrètes pour remplacer les congés maternités en lançant des pilotes et en s’inspirant d’expériences à l’étranger. Elle entend s’impliquer également dans la transformation des regards, tant des professionnels de santé que des patients et de la société plus largement pour désexualiser certains métiers et les sortir des stéréotypes habituels (l’aide-soignante et le chirurgien).
« En tant que femme mais surtout chirurgienne, il m’a été difficile de pouvoir exercer mon métier sans passer à côté de réflexions qui n’auraient jamais pu être envisagées à l’égard d’un homme », affirme Géraldine Pignot, Urologue à Marseille et Présidente de l’association Donner des Elles à la Santé avant de conclure que le sujet sera clos quand « une femme médecin pourra rentrer dans une chambre d’hôpital sans que le patient pense que c’est une infirmière ».
Forte de ces constats, l’association Donner des Elles à la Santé portera dans les mois à venir plusieurs propositions pour faire avancer l’égalité Femmes-Hommes et la féminisation des postes à responsabilité au sein de l’hôpital. Une charte pour l’égalité à l’hôpital sur le modèle de l’hôpital de Thuir devrait prochainement voir le jour ainsi qu’une charte pour la visibilité médiatique des femmes. Si les conditions sanitaires le permettent, un événement d’envergure nationale réunissant tous les acteurs qui souhaitent avancer vers plus d’égalité entre les femmes et les hommes devrait avoir lieu en 2021.

Une première action de sensibilisation 

L’association a tenu sa première web-émission pour ouvrir le débat sur les discriminations à l’hôpital mais aussi sur les enseignements de la crise de la COVID-19. 


1 – Enquête IPSOS : Échantillon : 500 médecins hospitaliers dont 230 femmes et 270 hommes. Données recueillies entre le 6 et le 30 janvier 2020.

Donner des Elles à la Santé est une association loi 1901, née de la rencontre entre deux femmes, profondément engagées dans l’égalité des femmes et des hommes dans le monde de la santé, mais aussi dans la société dans son ensemble : Géraldine Pignot, Chirurgienne & Présidente de l’association et Emmanuelle Quilès, Présidente de Janssen France. Leur constat est sans appel : malgré une nette féminisation médicale, il y a encore trop peu de femmes à des postes à responsabilité dans le monde de la santé. Pourtant, la mixité est un facteur de cohésion et d’innovation. L’initiative Donner des Elles à la Santé s’engage pour mobiliser tous les acteurs de la santé vers un changement de culture et d’organisation, afin que le monde médical s’enrichisse de cette diversité.
L’association Donner des Elles à la Santé est composée d’un collectif d’acteurs publics et privés et d’un comité de pilotage de 17 membres. Elle est soutenue par Janssen, Sirius Customizer, J&J Medical Device, Collecteam, ASSPRO/Branchet, Avène, EY, la Région Ile de France, Unicancer, l’INSERM et la FHF.

À lire également

Déficit des CHU, le grand paradoxe

Dans un communiqué datant du 3 juillet dernier, les trois conférences CHU ont publié les résultats budgétaires 2025. Avec un niveau de déficit quatre fois plus important qu’en 2021 malgré une activité record, les CHU appellent à un redressement des tarifs de séjours.

Les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux lancent un centre d’excellence en cancérologie pédiatrique

Chaque année en France, plus de 2 200 enfants et adolescents sont diagnostiqués d’un cancer. Si les taux de survie dépassent aujourd’hui 80 %, les rechutes et les séquelles à long terme restent un défi majeur pour la recherche médicale. Dans ce contexte, les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux, aux côtés de l’Oncopole Claudius Regaud et de leurs partenaires, lancent CIRCLE, un centre de recherche d’excellence dédié aux cancers pédiatriques.

Le CHU de Poitiers s’équipe du Biograph Vision Quadra, une innovation majeure en imagerie médicale

Le CHU de Poitiers et Siemens Healthineers France ont signé le 25 juin une convention historique pour l’acquisition du Biograph Vision Quadra, TEP/TDM de dernière génération. Cet équipement sera fonctionnel début 2027 au sein de l’extension du pôle régional de cancérologie du CHU, marquant une étape clé dans l’excellence clinique et scientifique de l’établissement. Ce projet représente un investissement de 9,5 millions d’euros pour l’acquisition et l’installation de l’équipement au cœur même du pôle régional de cancérologie.

Don d’organes : opération sensibilisation au CHU de Nîmes 

À l’occasion de la Journée nationale du don d’organes, le CHU de Nîmes, centre reconnu pour les prélèvements d’organes et de tissus, poursuit son engagement en faveur de cet enjeu majeur de santé publique. Comme dans d’autres grands établissements hospitaliers, les équipes de la Coordination Hospitalière des Prélèvements d’Organes et de Tissus (CHPOT) se sont mobilisées pour informer, sensibiliser et rappeler l’importance d’un geste solidaire qui permet chaque année de sauver des milliers de vies.

Les HCL, premier établissement public autorisé à produire des phages thérapeutiques

Le 28 mai dernier, les Hospices Civils de Lyon ont reçu de la part de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé, l’autorisation de fabrication de Matière Première à Usage Pharmaceutique (MPUP) pour la production de phages thérapeutiques. Cette autorisation est la première délivrée à un établissement de santé. Validant un savoir-faire conforme aux « bonnes pratiques de fabrication », elle va permettre au CHU de Lyon, pionnier dans le domaine, de produire et distribuer des phages de manière sécurisée et à un coût maîtrisé. Historique, cette reconnaissance ouvre la voie à l’instauration, en France, d’une véritable filière publique de phagothérapie, approche thérapeutique considérée comme l’une des plus prometteuses pour lutter contre la progression mondiale de la résistance aux antibiotiques.