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Guerre en Ukraine : des CHU s’organisent pour apporter une aide aux populations

Préparation de palettes de matériel et de médicaments pour l’hôpital de Lviv. DR : Patrick Seghi
Préparation de palettes de matériel et de médicaments pour l’hôpital de Lviv. DR : Patrick Seghi
Depuis l’agression militaire de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine jeudi dernier, condamnée par l’Europe entière, la communauté hospitalo-universitaire a été plongée dans l’effroi et l’émotion. Le choc a rapidement laissé place à la mobilisation. Exemples à Lille, Marseille et Bordeaux.

Alors que l’offensive militaire déclenchée par le président russe Vladimir Poutine a pris de court l’Europe et la communauté internationale dans son ensemble, plusieurs CHU ont rapidement fait savoir leur volonté de se montrer solidaires avec la population civile ukrainienne, en particulier les personnels de santé et hôpitaux du pays.

A Lille, le Directeur Général Frédéric Boiron, et le Pr Dominique Chevalier, Président de la Commission Médicale d’Etablissement, ont adressé un message de soutien aux populations touchées par cette guerre, ainsi qu’à l’ensemble des personnels du CHU qui auraient des liens familiaux ou des proches en Ukraine. Les actes ont suivi les mots. Plusieurs initiatives sont lancées et, afin de les coordonner, le CHU de Lille rassemble depuis quelques jours toutes les informations utiles pour évaluer les soutiens qui seraient utiles en matériels ou fournitures – dix palettes de matériel et dix autres de médicaments à destination de l’hôpital de Lviv (ouest de l’Ukraine) étaient en cours de préparation cet après-midi – ainsi que pour un éventuel accueil de réfugiés.

Dans un communiqué, le CHU de Lille annonce que ces actions seront « menées en lien avec les partenaires du CHU, les collectivités territoriales et les autorités publiques, afin d’assurer l’efficacité de ces efforts. » A été en parallèle proposé à tous les professionnels du CHU ayant des informations utiles ou des propositions à formuler, de les transmettre par mail (international.pro@CHRU-Lille.fr).

Main dans la main avec la Ville de Marseille

Du côté de l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille, on a décidé de soutenir une collecte organisée par la Ville. Afin de faciliter la participation des professionnels à cette chaîne de solidarité, l’AP-HM a annoncé sur ses réseaux la mise en place d’un dispositif dédié dans chacun de ses établissements (hôpital Nord, Hôpital de la Timone, Hôpital de la Conception, Hôpitaux Sud, plateforme logistique et administration centrale). Dès aujourd’hui, les professionnels qui le souhaitent peuvent donner des produits de première nécessité : gels douche, dentifrice et brosses à dent, couches, serviette en papier, antiseptique, alcool, masques réutilisables ou jetables, protections hygiéniques, couvertures thermiques, sacs de couchage, plaids, matelas, oreillers, tentes, lits de camp, serviettes, piles bougies, torches. A noter que les médicaments ne pourront pas être collectés. Face à l’urgence de la situation, l’AP-HM, la Ville de Marseille et le bataillon de Marins Pompiers de Marseille coordonnent leurs efforts pour organiser, réceptionner, stocker et acheminer la récolte de dons et apporter leur savoir-faire.

Image d’un post publié par l’APHM sur son compte facebook Crédit Photo : AP-HM
Image d’un post publié par l’APHM sur son compte facebook Crédit Photo : AP-HM

L’appel lancé par une étudiante en cinquième année de médecine

Elle a quitté sa ville natale de Dnipro, à l’est de l’Ukraine, à l’âge de quinze ans. Arrivée en France avec sa mère un an avant la révolution de Maïdan (2014), Maryna Kalinina a fait sa scolarité du côté de Marmande, dans le Lot-et-Garonne. Quelques années plus tard, la voilà externe au CHU de Bordeaux, où elle fait actuellement un stage en oncologie médicale. Comme beaucoup, Maryna ne croyait pas que Vladimir Poutine donnerait l’ordre d’attaquer l’Ukraine. La sidération a laissé vite place à la volonté d’agir : « J’ai commencé à réfléchir à ce que je pouvais faire. Là-bas, les personnes ont peur donc elles agissent. Ce qui est le pire c’est d’être passif et d’être empathique sans action. Avoir des larmes et dire « la guerre c’est mal » est quelque chose d’important mais cela ne va pas durer longtemps. », explique-t-elle avec conviction dans un français impeccable.

Comment aider ? Samedi dernier, Maryna s’est rendue à un rassemblement organisé place de la Victoire, dans le centre-ville de Bordeaux, où Français, Ukrainiens, Géorgiens et Russes s’étaient réunis. Elle y rencontre des membres de l’association Ukraine Amitié. De là naît l’idée de mettre en lien cette association avec le CHU : « J’ai un gros avantage d’être étudiante en médecine. Sur le front, les polytraumatisés, les blessés, les brûlés ont besoin de matériel médical, de médicaments, d’antalgiques. C’est pour cela que je me suis adressée au DG du CHU, aux professeurs du CHU –notamment le professeur Cazanave – dans l’espoir d’avoir de l’aide ». Si l’appel a été entendu, reste à déterminer comment il se traduira concrètement dans les prochains jours. Maryna, dont les proches vivent dans une Ukraine assiégée par les troupes russes (une de ses amies vit à Kyiv, où Moscou a concentré des troupes importantes) est résolue à faire « tout son possible pour aider. » Et d’aller plus loin, avec le courage au fond des yeux : « si ça continue comme cela, je pense que j’irai (…) Si l’Ukraine vient à manquer de femmes ou de soignants je ne dirai pas non. » Nul doute que d’autres initiatives naîtront dans les prochains jours…

Adrien Morcuende

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