«La mort subite n’est pas une fatalité, on peut l’éviter !»

Auteur /Etablissement :
15 années de recherche sur les fibrillations cardiaques ont permis à l'équipe du Pr Michel Haïssaguerre, cardiologue, chef du service des arythmies cardiaques au CHU de Bordeaux et professeur à l'Université Victor Segalen Bordeaux 2, de conclure au caractère évitable de la mort subite en identifiant les cellules responsables de cette arythmie foudroyante. Les travaux du Pr Haissaguerre sont aujourd'hui récompensés par le prix Louis-Jantet de médecine 2010*. C'est la première fois que la Fondation Jeantet distingue un médecin (et non un biologiste).

15 années de recherche sur les fibrillations auriculaires ont permis à l’équipe du Pr Michel Haïssaguerre, cardiologue, chef du service des arythmies cardiaques au CHU de Bordeaux et professeur à l’Université Victor Segalen Bordeaux 2, de conclure au caractère évitable de la mort subite. Le Pr Haissaguerre a, le premier, décelé que les troubles électriques à l’origine de cette pathologie du rythme cardiaque se situaient dans la paroi externe des veines pulmonaires. Sa découverte a permis de mettre au point un nouveau traitement et de sauver des milliers de personnes dans le monde.
Les travaux du Pr Haissaguerre sont aujourd’hui récompensés par le prix Louis-Jantet de médecine 2010*. C’est la première fois que la Fondation Jeantet distingue un médecin (et non un biologiste).

Les fibrillations auriculaires et ventriculaires sont les pathologies les plus complexes du rythme cardiaque.

La fibrillation auriculaire est le principal responsable des accidents vasculaires cérébraux emboliques. Le Pr Michel Haïssaguerre a d’abord étudié la genèse des fibrillations auriculaires. En dressant une « cartographie du coeur » (dès 1994), il a été le premier dans le monde à constater que les troubles électriques qui étaient à l’origine de la maladie ne se situaient pas dans l’oreillette, comme on l’a longtemps pensé, mais en dehors du coeur, dans la paroi des veines pulmonaires. Par la suite, l’origine de la fibrillation auriculaire a été confirmée par de très nombreux laboratoires dans le monde. Cette découverte a permis l’élaboration d’une nouvelle thérapie fondée sur l’ablation, par cryothérapie ou par radiofréquence, des veines responsables des fibrillations auriculaires. En 2009, 150 000 personnes en Europe ont bénéficié de ce traitement.

La fibrillation ventriculaire est la cause principale de la mort subite qui frappe 350 000 personnes chaque année en Europe 1 000 par jour, en France 1 000 par semaine
Michel Haïssaguerre a utilisé la même approche pour rechercher l’origine des fibrillations ventriculaires. En dépit des difficultés lié au caractère foudroyant de ces troubles qui nécessitent une défibrillation immédiate par choc électrique, les cartographies ont montré que ces « tornades électriques » naissaient de cellules (Purkinje) semblables à des neuronnes et qui représentent une fraction infime(2%) de la masse cardiaque. Ce concept a été validé par thermoablation des cellules ‘tueuses’ qui a totalement éliminé l’arythmie confirmant leur responsabilité. Ce concept a depuis été validé lors d’essais cliniques réalisés sur quelques patients, en recourant à la thermoablation focalisée de ces tissus. Le Pr Haïssaguerre et son équipe ont totalement éliminé leurs arythmies.


Fibrillation ventriculaire conduisant en quelques minutes à la mort du sujet

« La fibrillation ventriculaire, c’est un peu comme un coup de revolver », commente le Pr Michel Haïssaguerre. « En quelques secondes, si aucune solution n’est appliquée, massage cardiaque et surtout défibrillateur, elle foudroie la personne. Le coeur n’est pas arrêté comme on le pense, mais animé d’un battements ultra-rapide. »

Grâce aux fonds octroyés par le prix Louis-Jeantet, le Pr Haïssaguerre projette de créer un institut de recherche entièrement dédié aux fibrillations cardiaques afin de permettre leur dépistage et une thérapie médicamenteuse adaptée.

(*) Le Prix Louis Jeantet de médecine distingue tous les ans depuis 1983 des chercheurs de pointe exerçant leur activité dans un des pays membres du Conseil de l’Europe. Reconnaissance parmi les mieux dotées d’Europe, le Prix Louis Jeantet de médecine est attribué par un jury international. 8 lauréats ont reçu ultérieurement le prix Nobel de médecine.

À lire également

Diagnostic des maladies sur tissus et cellules : à Angers, le grand virage 

Le CHU d’Angers a récemment annoncé qu’il avait pris, en collaboration avec le Centre hospitalier du Mans, un véritable virage numérique en matière d’anatomocytopathologie (ACP), spécialité médicale dédiée à l’étude des cellules et tissus des organes pour établir des diagnostics, en acquérant des scanners de lames de dernière génération. Une modernisation des pratiques d’ACP présentant de nombreux bénéfices au profit des patients comme des équipes hospitalières, et un levier d’attractivité pour une discipline en tension.

Au CHU de Saint-Etienne, on lutte contre la méningite par le jeu

Pour la troisième année consécutive, l’équipe d’Infectiologie du CHU de Saint-Étienne et la Chaire PréVAcCI de l’Institut Universitaire PRESAGE s’unissent pour une journée de sensibilisation face à la recrudescence des méningites à méningocoques. En partenariat avec l’association Petit Ange, cette initiative transforme l’apprentissage de la santé en une expérience immersive pour les adolescents du territoire.

Les Hospices Civils de Lyon se dotent d’un entrepôt de données de santé

Comme d’autres grands hôpitaux, le CHU lyonnais a annoncé rentrer dans une nouvelle ère en se dotant d’un entrepôt de données de santé. Ce dernier doit, entre autres, favoriser le permettre le développement d’études multicentriques, l’accélération de la recherche et de l’innovation, et le renforcement de la qualité des soins.