Protection des allergies en milieu rural : Besançon fortement impliqué dans une étude européenne

Auteur /Etablissement :
Depuis dix ans, l’étude PATURE, coordonnée en France par le Pr Jean-Charles Dalphin, chef du service pneumologie du CHRU de Besançon, s’intéresse au suivi des nouveau-nés demeurant en zone rurale, afin de déterminer quelles substances présentes en milieu agricole protègent des allergies. Principal constat : les enfants nés et élevés dans une ferme sont moins allergiques que ceux qui grandissent à la campagne et en ville.

Depuis dix ans, l’étude PATURE, coordonnée en France par le Pr Jean-Charles Dalphin, chef du service pneumologie du CHRU de Besançon, s’intéresse au suivi des nouveau-nés demeurant en zone rurale, afin de déterminer quelles substances présentes en milieu agricole protègent des allergies. Principal constat : les enfants nés et élevés dans une ferme sont moins allergiques que ceux qui grandissent à la campagne et en ville. Ce projet est financé dans le cadre d’un programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) visant à dynamiser la recherche clinique en vue de favoriser le développement de nouvelles méthodes diagnostiques et thérapeutiques.

A ce jour, le programme PATURE qui a fait l’objet de 18 publications internationales corrobore l’hypothèse que « naître et grandir à la ferme protège des allergies ».
– La protection est liée à l’exposition de la mère, durant la grossesse, à l’environnement de l’étable et de la grange et aux contacts avec les animaux de la ferme, surtout quand les espèces d’animaux sont nombreuses et variées.

– Aux âges de 4 ans ½ et 6 ans, les enfants nés dans une ferme présentent moins d’eczéma (dermatite atopique) et de symptômes d’asthme.

– La protection des allergies est amplifiée quand l’enfant mange des produits laitiers avant l’âge d’un an. L’ingestion de substances présentes dans le lait cru pourrait rendre l’enfant plus tolérant aux allergènes.

– La diversification alimentaire au cours des 18 premiers mois, spécifiquement en matière de fromages, protégerait du risque ultérieur d’eczéma et d’asthme.
– Les enfants qui ne sont pas nés dans une ferme peuvent bénéficier de cette tolérance si leur mode de vie se rapproche de celui des enfants nés dans une ferme au cours des premières années de vie.

Alors que l’allergie représente un véritable enjeu de santé publique et concerne près de 30% de la population
, cette étude permet de confirmer le rôle protecteur de l’exposition agricole et de mieux identifier les substances capables de moduler notre système immunitaire au cours des premiers mois de la vie pour in fine envisager d’élaborer une stratégie vaccinale protectrice.
L’étude PATURE (Protection contre l’Allergie éTUde du milieu Rural et de son Environnement) est menée en étroite collaboration avec la Mutualité sociale agricole de Franche-Comté, l’Université de Franche-Comté et l’Association santé éducation et prévention sur les territoires Franche-Comté / Bourgogne.

À lire également

Manœuvres obstétricales : le CHU de Guyane promeut la synergie territoriale

Trois sage-femmes formatrices du site de Saint-Laurent-du-Maroni se sont rendues fin août à Kourou pour dispenser une formation dédiée aux manœuvres obstétricales. Une initiative inédite depuis la création du CHU de Guyane, qui répond également à un critère impératif de la certification de la Haute Autorité de Santé (HAS) portant sur l’entraînement régulier des professionnels aux situations obstétricales à risque

Cancers du sang : le CHU de Nantes veut sensibiliser le grand public 

À l’occasion du mois consacré aux cancers du sang, le CHU de Nantes organise deux rendez-vous ouverts aux patients, à leurs proches, aux professionnels et au grand public. Du 14 au 20 septembre, une exposition permettra de découvrir, en miniature, les différentes étapes d’un traitement par CAR-T cells. Le 29 septembre, une journée réunira associations de patients et professionnels de santé autour des nombreuses dimensions de l’accompagnement en hématologie.