L’APHM élabore un kit d’urgence pour les missions spatiales 

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Le service de Radiologie Interventionnelle de l’Hôpital de la Timone (AP-HM) s’implique dans le partenariat entre le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), l’Institut de Médecine et Physiologie Spatiale (MEDES) et la Société Française de Radiologie (SFR). Afin d’améliorer la sécurité des astronautes lors des missions spatiales, douze équipes de radiologues ont travaillé sur la conception d’un kit médical d’urgence prenant en charge plus d’une dizaine de pathologies différentes.

D’apparence ordinaire, cette trousse pourrait pourtant bien sauver des vies…en apesanteur ! Si l’irréprochable condition physique des astronautes est de notoriété publique, il n’en demeure pas moins qu’une urgence médicale est toujours possible, comme c’était arrivé à Vladimir Vassioutine. En 1985, celui-ci a dû abandonner la mission sur la station soviétique Saliout 7 au bout de soixante-cinq jours sur les six mois prévus initialement. Face à l’impossibilité d’une évacuation immédiate (depuis la planète Mars, un message envoyé met entre vingt à quarante minutes à être reçu sur Terre), le CNES, le MEDES et la SFR s’allient depuis 2020 pour renforcer la sécurité globale de “ceux qui naviguent vers les étoiles.” Un partenariat reposant sur trois objectifs simples : développer le traitement des images par IA, miniaturiser et automatiser l’équipement d’Imagerie, intégrer la radiologie interventionnelle afin d’assurer une meilleure prise en charge de pathologies potentielles lors des missions spatiales. Ce dernier défi est soutenu par le Pr Vidal, chef du service de Radiologie Interventionnelle de l’Hôpital de la Timone (AP-HM). Missionnant douze équipes de radiologues, celui-ci a supervisé le projet de conception d’une trousse à outils baptisée Mars IR Toolbox et adaptée aux contraintes de la micropesanteur. 

Crédit : APHM

Un kit spatial testé cette année

Le challenge est clair. Si la radiologie interventionnelle permet l’utilisation d’un matériel peu encombrant et la réalisation d’actes de chirurgies mini-invasives sous anesthésie locale, le kit lui, se doit d’être compact, polyvalent et adaptable. Testé pour la première fois l’été dernier, au cours de la mission analogue Asclépios III en Suisse, le Mars Interventional Radiology Toolbox a été mis au point pour pouvoir intervenir en micropesanteur. « C’est un contexte radicalement différent de celui que nous connaissons ici. Même les aspects les plus simples ont dû être repensés. » insiste le Pr Vidal. Cette année, une simulation importante va avoir lieu à Bordeaux, dans le but de tester le matériel de manière plus poussée. A bord de l’airbus A310 zéroG, c’est en vol parabolique à gravité zéro que les équipes pourront contrôler le bon fonctionnement du kit. 

Des déserts martiens aux déserts médicaux 

L’intérêt des simulations n’est pas seulement de reproduire les conditions d’isolement auxquelles sont soumis les astronautes mais également de mettre à l’épreuve le matériel, dans toutes les situations auxquelles celui-ci pourrait être confronté. L’idée est de simplifier l’outil interventionnel, de le rendre facile d’accès et opérationnel pour les équipes en mission dans l’espace. Mais pas seulement. 

Cette expérience pourrait en effet ouvrir à terme des possibilités d’application sur la terre ferme, et plus particulièrement du côté des déserts médicaux, dans la prise en charge de pathologies habituellement prises en charge au bloc opératoire. « Au fond Mars, c’est un peu comme le Sahel. explique le Pr Vidal. Ce que nous élaborons pour les missions spatiales pourra sans nul doute servir dans les zones isolées ou dépourvues de tout équipement. Le Mars IR Toolbox, ce sont des outils relativement simples, faciles à transporter et polyvalents qui pourraient profiter à des populations dans le besoin. »

Cette recherche pour l’amélioration des soins rejoint donc d’autres combats soutenus par le Pr Vidal, dont la lutte contre l’inégalité des soins, notamment avec les projets FairEmbo et EmboBio. 

La rédaction avec l’AP-HM

 

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