Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Les élus veulent développer une politique de santé publique

A l'heure où la loi HPST témoigne jusque dans son titre du lien entre l'hôpital, les patients, la santé et une unité géographique, les membres de l'association « Elus, Santé Publique & Territoires » (ESPT) organisent leur 7ème journée nationale sur le thème : «L'observation locale en santé », le vendredi 9 octobre 2009 à Marseille. Les villes de Béziers, Marseille, Martigues, Mulhouse, Nanterre, Saint-Quentin-en-Yvelynes et Strasbourg expliqueront comment, chacune à sa manière, elles réalisent un diagnostic local de santé et décriront les dispositifs adoptés pour lutter contre les inégalités et améliorer la santé de leurs habitants. Le Dr Laurent El Ghozi, Président de l'ESPT, Conseiller municipal délégué à Nanterre et maître d'oeuvre de cette rencontre répond aux questions de RESEAU CHU.

A l’heure où la loi HPST témoigne jusque dans son titre du lien entre l’hôpital, les patients, la santé et une unité géographique, les membres de l’association « Elus, Santé Publique & Territoires » (ESPT) organisent leur 7ème journée nationale sur le thème : «L’observation locale en santé », le vendredi 9 octobre 2009 à Marseille. Les villes de Béziers, Marseille, Martigues, Mulhouse, Nanterre, Saint-Quentin-en-Yvelynes et Strasbourg expliqueront comment, chacune à sa manière, elles réalisent un diagnostic local de santé et décriront les dispositifs adoptés pour lutter contre les inégalités et améliorer la santé de leurs habitants. Le Dr Laurent El Ghozi, Président de l’ESPT, Conseiller municipal délégué à Nanterre et maître d’oeuvre de cette rencontre répond aux questions de RESEAU CHU.

Votre association a été créée en 2005 pour que la santé devienne un des champs des politiques municipales. Quatre ans après, votre objectif est-il en passe d’être atteint ?

Dr Laurent El Ghozi : Incontestablement depuis quatre ans, les questions de santé publique sont devenues une des préoccupations des élus locaux et de plus en plus de villes s’y engagent. La dynamique créée par les Ateliers Santé Ville de la Politique de la Ville a entraîné plus de 240 villes à en signer un. La question de la santé mentale trouve une part de réponse dans la constitution des Conseils locaux en santé mentale, co-piloté par le Maire et le chef de secteur de psychiatrie. La pénurie de médecins de première ligne dans certaines zones, incite les maires à se préoccuper de l’offre de soins… Aujourd’hui, plus de 60 villes participent aux réflexions de notre association et les villes adhérentes représentent plus de 7 millions d’habitants.

Les villes sont porteuses d’une dynamique forte en matière de santé mais leurs actions ne sont pas toujours très visibles du fait de la multiplication des intervenants et du manque de coordination entre eux. Que faudrait-il pour que le « Contrat local de santé », inscrit dans la loi HPST prenne toute son efficience ?

LEG : L’inscription du Contrat Local de Santé (CLS) dans la loi HPST est une bonne mesure que nous attendions. Cependant, rien dans la loi ne permet le lien indispensable, ascendant et descendant entre la programmation régionale en santé et sa mise en oeuvre effective par les collectivités locales. Rien ne permet aux élus locaux de faire entendre leur voix et les besoins de leurs territoires. Nous sommes donc très inquiets et en attente de textes précisant le contenu, les modalités de pilotage, le territoire d’application … et les moyens attribués à ces contrats. Il est clair que cette responsabilité de l’Etat ne peut être financièrement supportée par les collectivité territoriales. Enfin, les contrats locaux de sante doivent enfin impliquer certes l’Agence Régionale de Santé(ARS) et la Ville mais aussi la Direction de la Cohésion sociale, l’Education nationale, et bien sur tout ce qui se trouve sous l’autorité des ARS: hôpitaux, libéraux, assurance maladie, etc.

Dans le programme de la journée du 9 octobre, on note un grand absent : l’hôpital. Pourtant, la santé publique figure aussi parmi ses missions. D’ailleurs les hôpitaux s’ouvrent de plus en plus sur la cité et organisent en permanence des actions d’information et d’éducation à la santé à l’attention du grand public. Quelles nouvelles synergies souhaiteriez-vous mettre en place pour que l’hôpital devienne co-pilote des programmes locaux de santé ?

LEG : De nombreux hôpitaux ont développés des actions qui prennent place sur leur territoire. A notre connaissance, les hôpitaux réellement impliqués dans des projets médicaux de territoires, mis à part les expérimentations conduites de manière volontariste ici ou là, sont rarissimes. Moins nombreux encore ceux qui s’intègrent dans les politiques de santé publique – et non seulement de soins – pilotées par les Villes et tenant effectivement compte de ses réalités socio-économiques, culturelles, géographiques… voire qui seulement alimentent par leurs données PMSI les diagnostics et observatoires locaux de santé !

Nous pensons que le projet stratégique de l’hôpital doit prendre place dans le Contrat local de santé et contribuer à répondre aux besoins de santé identifiés comme prioritaires par les élus et la population. L’hôpital est un acteur essentiel, malheureusement, les contraintes financières dans lesquelles ils sont volontairement plongés, leur enlèvent toute possibilité de se projeter hors de leurs murs pour faire ce que la tarification à l’activité ne comptabilise pas.

«L’Observation locale en santé : Du diagnostic au pilotage de la Politique de santé publique»
Vendredi 9 octobre 2009 de 9h à 18h30
Alcazar – Bibliothèque de Marseille à Vocation Régionale
Télécharger le programme

Pour en savoir plus : « Le site de l’association « Elus, Santé Publique & Territoires » (ESPT)

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

L’ICI, nouveau temple de la cancérologie

Le CHU de Brest vient d’inaugurer son nouvel Institut de Cancérologie et d’Imagerie, surnommé ICI. Ce centre, promesse d’un hôpital centré sur l’humain et doté d’une technologie de pointe, est amené à devenir l’un des fers de lance européens dans le traitement du cancer, avec une capacité de 50 000 patients par an.

Dossier : La maladie de Parkinson 

Décrite pour la première fois dans An Essay on the Shaking Palsy (1817) par James Parkinson, un médecin anglais, la maladie de Parkinson, mentionnée souvent en abrégé « Parkinson », est une maladie neurodégénérative irréversible d’évolution lente. La maladie s’installe ainsi au cours d’une longue phase asymptomatique de plusieurs années. Les premiers symptômes ne se font en effet ressentir que lorsque 50 à 70% des neurones dopaminergiques du cerveau sont détruits. Ils se déclarent essentiellement progressivement sous la forme d’un tremblement de repos, d’un ralentissement des mouvements et d’une raideur musculaire. Néanmoins, de nombreux troubles moteurs et non moteurs peuvent s’ajouter à la liste, devenant de réels handicaps dans le quotidien de ceux qui la subissent.

Voici comment le CHU de Rennes agit pour contrer Parkinson

Ce jeudi 11 avril a lieu la Journée internationale de la maladie de Parkinson. L’occasion pour les CHU de valoriser leur implication sur ce sujet, notamment à travers les Centres Experts Parkinson (CEP) affiliés. Le Centre Hospitalier Universitaire de Rennes ne manque pas à l’appel, mettant en valeur des actions qui garantissent à la fois une offre diagnostique simplifiée et une prise en charge multidisciplinaire, adaptée au profil de chaque patient.

L’IHU toulousain dédié au vieillissement officiellement lancé

L’Institut Hospitalo-Universitaire HealthAge a officiellement été lancé le 2 avril à Toulouse. Porté par le CHU, l’Inserm et l’Université Toulouse III – Paul Sabatier, cet IHU, le seul exclusivement dédié au vieillissement en France, se donne pour ambition de contribuer au vieillissement en bonne santé des populations et de devenir le centre de référence européen en Géroscience.

Un patient Parkinsonien entreprend le tour du monde à la voile 

Le 10 septembre dernier a retenti le “top départ” des quatorze monocoques participant à l’Ocean Globe Race 2023, une course à voile en équipage autour du monde. A bord du voilier Neptune, deux personnages : le Dr Tanneguy Raffray, ophtalmologue à la retraite, et Bertrand Delhom, ancien moniteur de voile atteint de la maladie de Parkinson. Leur aventure, jalonnée de nombreux défis, est suivie de près par plusieurs professionnels de santé du CHU de Rennes, dont l’avis est à entendre dans le podcast “Qui ose vivra !”