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Médecine en milieu pénitentiaire

L'implication des Hospices Civils de Lyon dans la médecine en milieu pénitentiaire a tout d'abord été universitaire, plusieurs praticiens des équipes de Médecine Légale et de Psychiatrie médico-légale s'étant portés dès les années 60 sur les postes de médecins vacataires des prisons, alors gérés par l'Administration Pénitentiaire (A.P.) et peu recherchés.

Outre l’intérêt qu’ils allaient découvrir dans l’immensité de la tâche, ils bénéficièrent de leur appartenance à une équipe (alors que la plupart de leurs confrères devaient exercer dans un total isolement professionnel) et des possibilités de partage d’expérience, de recueil d’observations et de recherche qu’offre le rattachement universitaire.

C’est ainsi que deux évidences se dégagèrent bientôt à leur yeux :

– la propension à évoluer parmi les conduites de risque plutôt qu’à prendre soin d’eux observée chez nombre d’entrants en prison procédait d’une fragilité psychique et sous-tendait une morbidité somatique très supérieures à celles que l’on pouvait attendre d’une population à 96 % masculine et de 30 ans d’âge moyen.

– l’intérêt porté à la personne détenue à propos de sa santé et l’affirmation de son droit d’accès aux mêmes soins que ceux offerts à la population générale constituaient des leviers privilégiés de réinsertion.

De ces deux évidences découlait une troisième : on se trouvait devant une mission de santé publique outrepassant largement les compétences et les ressources d’une A.P. chroniquement pauvre et dont la fonction première n’était pas le soin.

Un service réservé aux personnes détenues au sein du CHU
Au début des années 80, l’équipe Lyonnaise élabora un projet de restructuration de l’ensemble du dispositif sanitaire pénitentiaire qui préfigurait la Loi du 18 janvier 1994 en suggérant l’implication des hôpitaux publics et le financement par le régime général de Sécurité Sociale.
Mais, pressentant qu’il faudrait du temps pour que l’idée chemine, elle proposa d’en tester la validité au niveau du problème particulièrement préoccupant de l’hospitalisation. La proposition fut d’implanter au sein du C.H.U. un service réservé aux personnes détenues, parfaitement sécurisé et mettant à leur disposition tout un plateau technique déjà existant et ainsi à même de répondre à la prévisible diversité des pathologies médicales, chirurgicales et médico-psychologiques.
Un tel service devait avoir une capacité suffisante d’une part pour accéder à l’autonomie garante du volontariat de toutes les catégories de soignants, d’autre part pour permettre un double fonctionnement en hospitalisation programmée et en accueil d’urgence : c’est pourquoi sa zone de desserte géographique s’étend aux 19 Etablissements pénitentiaires de la région Rhône-Alpes-Auvergne.

Ce service fonctionne depuis Mars 1985.

Il lui a fallu environ trois ans pour s’insérer dans l’environnement hospitalier, par-delà les craintes et réticences initiales.
Il lui a fallu trouver ses propres spécificités (lieu-ressource en médecine légale, lieu-référent pour les Accidents d’Exposition au Sang – AES) pour ne pas apparaître uniquement « à charge » aux autres services.
Il a fallu le soutien sans faille du pôle administratif, la motivation de toutes les catégories de soignants et aussi le facteur chance qui a réduit les incidents sérieux à un en 16 ans pour que l’expérience soit reconnue probante et que la décision soit prise, en août 2000, de l’étendre à 7 autres C.H.U.

Aujourd’hui, de tels Services apparaissent en effet comme les clés de voûte du dispositif mis en place par la Loi de 1994 :
tout à la fois partenaires, référents techniques et fédérateurs à l’échelle régionale des Unités de Consultation et de Soins Ambulatoires (UCSA). que les hôpitaux publics de proximité ont implantées dans chaque Etablissement pénitentiaire.

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