Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Obésité : la gastroplastie endoscopique proposée au CHU d’Angers

Mini-invasive, la gastroplastie endoscopique (ou sleeve endoscopy) permet de réduire, de l’intérieur, le volume de l’estomac en resserrant ses parois. Cette alternative est réservée aux personnes souffrant d'obésité morbide et ne pouvant bénéficier d’une chirurgie conventionnelle. Le CHU d'Angers est parmi les premiers à réaliser cette intervention.

Mise à jour – 25 mars 2019 :
A la suite d’un reportage sur la gastroplastie endoscopique tourné dans un établissement hospitalier de l’Hexagone et diffusé ce lundi 25 mars dans l’émission Télématin, de France 2, les gastro-entérologues du CHU d’Angers tiennent à rappeler les bonnes pratiques relatives à cette intervention.
Actuellement, au CHU d’Angers, la gastroplastie endoscopique n’est proposée qu’aux patients ayant intégré le programme de prise en charge de l’obésité coordonné par le Dr Agnes Salle, ayant un IMC supérieur à 35 associé à des comorbidités ou supérieur à 40 et surtout ayant une contre indication à une chirurgie bariatrique.
—————————————————————————-
Mini-invasive, la gastroplastie endoscopique (ou sleeve endoscopy) permet de réduire, de l’intérieur, le volume de l’estomac en resserrant ses parois. Cette alternative est réservée aux personnes  souffrant d’obésité morbide et ne pouvant bénéficier d’une chirurgie conventionnelle. Le CHU d’Angers est parmi les premiers à réaliser cette intervention. 
 «Faire d’un ballon de rugby, un simple tube.» Ainsi les spécialistes schématisent-ils la gastroplastie endoscopique. Le 11 juin 2018, au CHU d’Angers, deux patients ont pu bénéficier de cette technique grâce à l’expertise des Drs Arthur Berger et Anne Olivier, du service Hépato-gastro-entérologie dirigé par le Pr François-Xavier Caroli-Bosc. L’objectif: permettre une perte de poids équivalent à 20% de l’excès de poids, en un an, tout en continuant un suivi nutritionnel. Le Dr Julien Branche, gastroentérologue au  CHU et spécialiste de cette technique, a supervisé l’intervention. 

Une réduction de 80 à 90% du volume gastrique initial

Lors de cette fibroscopie, l’endoscope muni d’un kit de suture est inséré par la bouche jusqu’à l’estomac du patient, à jeun.  Une fois dans la poche gastrique, une plicature est réalisée sur les deux tiers de l’estomac grâce à des points de suture très serrés.  
«L’effet restrictif est alors très important», expliquent les médecins qui ont réalisé l’intervention. «Seuls 10 à 20 % du volume gastrique initial est conservé. Il n’y a ni ouverture, ni coupe de la paroi gastrique. C’est un remodelage interne qui est réalisé avec des suites opératoires simples, sans problème de cicatrisation de la paroi abdominale.» 
 
La lumière est réduite au maximum dans le bloc afin de suivre, via un écran, l’endoscope jusqu’à l’estomac (crédit : Catherine Rouger-Jouannet CHU Angers) 

Une durée d’hospitalisation post-opératoire réduite

Si le temps d’opération –1h45 à 2h– reste équivalent à la chirurgie conventionnelle, la durée d’hospitalisation post opératoire passe, elle, de 5 à 2 jours. Quant aux complications postopératoires, elles sont rares et mineures.  
Une fois l’intervention réalisée, les patients sont convoqués 3 mois plus tard, pour un bilan complet (radiographie de l’estomac et bilan nutritionnel par le Dr Agnès Sallé, du service d’Endocrinodiabétologie-Nutrition).  
Encore peu connue en France, cette technique endoscopique innovante permet à l’établissement hospitalo-universitaire angevin de développer une nouvelle offre de soins afin d’accompagner au mieux les patients en très grand surpoids.

Un suivi organisé de 6 à 12 mois

Intégrés au parcours de prise en charge de l’obésité coordonné par le Dr Agnès Sallé, endocrino-diabétologue au CHU d’Angers, les patients sont suivis par des nutritionnistes, des diététiciens, des psychiatres, des psychologues et des éducateurs sportifs au CHU d’Angers pendant 6 à 12 mois.  
En cas d’échec de la perte de poids malgré une prise en charge diététique et d’éducation sportive adaptée, une prise en charge chirurgicale (by pass ou sleeve gastrectomie, lire encadré ci-dessous) peut leur être proposée, et cela en collaboration avec le Dr Etienne Chuffart, du service de Chirurgie viscérale. 
Mais s’ils présentent des antécédents médicaux ou chirurgicaux à risque de complications pour une chirurgie conventionnelle, la  gastroplastie endoscopique représente l’alternative idéale. 
 «Il est important de préciser que cette technique mini invasive ne ferme pas la porte à une chirurgie ultérieure type sleeve gastrectomie et by pass à condition que la perte de poids soit suffisante et que le patient soit en meilleure santé.» 

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

A Reims, des Logisti-soins libèrent du temps aux soignants

A l’écoute de ses soignants, le CHU de Reims mise sur le déploiement d’un nouveau métier au cœur de son Nouvel Hôpital : le logisti-soins. Gestionnaire des activités de restauration, des consommables et de la maintenance du matériel biomédical, celui-ci vise une amélioration nette de la répartition du travail. Entièrement adoptée par les équipes soignantes, cette réorganisation optimise le soin et dégage ainsi un temps indispensable tant aux soignants qu’aux patients.

L’APHM élabore un kit d’urgence pour les missions spatiales 

Le service de Radiologie Interventionnelle de l’Hôpital de la Timone (AP-HM) s’implique dans le partenariat entre le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), l’Institut de Médecine et Physiologie Spatiale (MEDES) et la Société Française de Radiologie (SFR). Afin d’améliorer la sécurité des astronautes lors des missions spatiales, douze équipes de radiologues ont travaillé sur la conception d’un kit médical d’urgence prenant en charge plus d’une dizaine de pathologies différentes.

A Nantes, un vers marin contribue à sauver un grand brûlé

L’été dernier, le CHU de Nantes a accueilli un patient brûlé sur 85% de son corps. Face à un pronostic vital engagé et à une absence d’alternative, les médecins ont alors demandé l’accord de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour utiliser un pansement oxygénant à base de ver marin (Arenicola Marina) et tenter de le sauver. Si ce produit est encore en phase expérimentale, les résultats semblent prometteurs. Nous avons interrogé le Pr Pierre Perrot, Chef de service du Centre des brûlés du CHU de Nantes, sur cette première.