Des murs qui ont retrouvé des couleurs. Lundi dernier, plusieurs fresques artistiques réalisées par Audrey Chiono, de l’atelier Galice, ont été inaugurés au sein de l’UAPED du CHU de Montpellier. Des fonds jaune, bleu ou vert, parsemés de motifs d’oiseaux ou de plantes, ornent donc les locaux de l’hôpital Lapeyronie où se croisent quotidiennement récits de vie difficiles, enfants victimes de violences et professionels médicaux ou associatifs.
Les fresques, pensées pour apporter une dimension chaleureuse et apaisante aux espaces, s’inscrivent dans une démarche d’amélioration de l’accueil et de la prise en charge de ces jeunes et de leur famille dans une unité spécialisée.
Toutes les formes de violence sont concernées
En France, la maltraitance concerne 10% des enfants. Celle-ci entraîne des conséquences graves sur leur santé à court, moyen et long terme. La prise en charge des enfants victimes constituant un enjeu de santé publique majeur, le CHU de Montpellier a travaillé, à la suite de l’instruction du 3 novembre 2021 – et en étroite collaboration avec Parquet de Montpellier, le Département de l’Hérault, les services de police et de gendarmerie ainsi que les associations de victimes (France Victime 34, Enfance et Partage) – à la structuration du parcours de prise en charge de ces enfants, qu’ils soient admis directement à l’hôpital ou qu’ils soient reçus à la demande de la Justice.
Depuis trois ans, l’UAPED de Montpellier poursuit plusieurs missions essentielles. Celle-ci coordonne en premier lieu « la prise en charge globale des enfants de 0 à 18 ans, victimes ou potentiellement victimes de toutes formes de violences, pour que chacun de ces mineurs puisse bénéficier, le plus tôt possible, d’un parcours complet adapté à ses besoins (soins médicaux, psychologiques et pédo-psychiatriques ; en lien avec les autres professionnels du territoire pour la mise en place si besoin d’un accompagnement éducatif ou social, voire d’une protection administrative ou judiciaire). » Sur le volet judiciaire, l’UAPED permet la réalisation des examens médico-légaux et expertises nécessaires à la Justice. Les enquêteurs disposent aussi d’une pièce adaptée aux enfants pour le recueil de leur parole dans des conditions sécurisantes. Les auditions filmées permettent aux mineurs victimes de ne pas avoir à répéter à de multiples reprises le vécu traumatisant. Une salle d’audition filmée, inaugurée ce jour, a été installée au sein du CHU.
Enfin, l’UAPED est également une « ressource de proximité pour tous les professionnels du territoire (personnels de santé libéraux, personnels de l’enseignement et de la petite enfance…) : elle aide à la prévention, au repérage, au diagnostic et à l’action pour la protection des mineurs en cas de violences avérées ou de doutes sur une situation de danger. »
Toutes les formes de violences sont concernées : physiques, sexuelles et psychologiques, ainsi que les défauts de soins ou les négligences ; que ces violences soient ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non, commises dans le cadre familial ou en dehors. Une attention particulière est notamment apportée au dépistage des traumatismes non accidentels du nourrisson. Grâce à son plateau technique développé, le CHU de Montpellier est l’établissement recours en Occitanie Est en cas de suspicion de syndrome du bébé secoué.
L’engagement de mécènes
La réalisation des œuvres ornant les murs de l’UAPED a été rendue possible grâce au 8e gala de l’interclub, réunissant le Rotary, le Lions Club, le Zonta et le Cercle des femmes d’action, dont l’engagement a permis de financer intégralement ce projet.
La rédaction avec le CHU de Montpellier




