1ère mondiale à Amiens: une opération robotisée de la colonne sur un enfant de 6 ans

C'est le robot ROSA® qui a pris la main ce 28 septembre 2017 au CHU Amiens-Picardie pour une chirurgie sur la colonne vertébrale d’un jeune enfant. Les services de chirurgie de l’enfant et de neurochirurgie signent ainsi une double première mondiale avec l'emploi de ce procédé pour la mise en place de vis ilio-sacrées et la simulation sur impression 3D du patient. C'est la 119ème première mondiale des CHU de France !

C’est le robot ROSA® qui a pris la main ce 28 septembre 2017 au CHU Amiens-Picardie pour une chirurgie sur la colonne vertébrale d’un jeune enfant. Les services de chirurgie de l’enfant et de neurochirurgie signent ainsi une double première mondiale avec l’emploi de ce procédé pour la mise en place de vis ilio-sacrées et la simulation sur impression 3D du patient. C’est la 119ème première mondiale des CHU de France.
L’objectif de l’opération était de rendre la station assise à un petit garçon de 6 ans atteint d’une amyotrophie spinale infantile* souffrant d’une scoliose grave évolutive, alors que tout autre traitement (corsets) n’était plus possible. Une mission préparée de longue date, intégralement répétée dans le centre de simulation SimUsanté® du CHU Amiens-Picardie, et largement réussie!
Préparation de la table d’opération le 28 septembre 2017
Installation du scanner opératoire
Des tiges de croissance (par distraction électromagnétique) ont été posées sur le rachis de l’enfant avec le choix d’une fixation complexe mais parfaitement stable dans le bassin. La stabilité est assurée grâce aux vis ilio-sacrées, solides et reconnues comme donnant une meilleure correction de l’obliquité du bassin ; elles évitent de bloquer certaines vertèbres qui peuvent encore grandir. Leur pose à proximité des racines nerveuses reste très complexe et rare ; elles sont volumineuses au regard de la petite taille des os de l’enfant (vis de 7mm de diamètre à poser dans un couloir osseux de 8mm).
 
Radiographies du jeune garçon avant et après la pose des tiges fixées dans leur partie basse, dans le bassin
L’enfant se remet très bien et est en convalescence dans le service de médecine physique et de réadaptation pédiatrique (MPR) de l’établissement. La position assise qui ne lui était plus accessible, l’est à nouveau, permettant d’améliorer son confort de vie, sa vie sociale et de prévenir de complications multiples d’une scoliose grave (respiratoires, digestives, cutanées..) ainsi que des complications de décubitus.

Le jeune garçon en convalescence, à nouveau assis, le 8 octobre 2017

Un an de préparation en simulation

L’opération a exigé un an de préparation. La disponibilité sur site du plus grand centre européen de simulation polyvalente en santé, SimUsanté®, a permis aux équipes de préparer la chirurgie avec un enjeu fort: gagner du temps pour la rendre la plus supportable possible à un patient fragile. 
L’impression 3D de la colonne vertébrale de l’enfant intégrée à un mannequin a permis aux équipes de de préparer au mieux dans le bloc opératoire simulé équipé d’un robot dédié. La préconisation de la Haute Autorité de Santé «Jamais la première fois sur le patient», a été appliquée pour une sécurité et un confort de prise en charge optimal pour ce jeune patient. Les difficultés de l’intervention et sa potentielle longue durée ont pu être levées pour la première fois pour ce type de chirurgie, avec l’aide du robot ROSA® et après avoir été appréhendée plusieurs fois en simulation. 

Une équipe bâtie spécifiquement

Une équipe a été bâtie spécifiquement pour cette intervention. Les chirurgiens orthopédiques pédiatriques, Dr François Deroussen, à l’origine du projet, et Pr Richard Gouron ont fait appel au Dr Michel Lefranc neurochirurgien, pour assurer une complémentarité, la double compétence et double expertise, essentielles dans la réussite de ce projet. Ont du reste été mobilisés: le Dr Martial Ouendo, médecin anesthésiste, les infirmiers anesthésistes Fatima Ricard et Delphine Lesker, les infirmières de bloc opératoire, Christelle Ourdouille, Sylvie Thirault et Salah Kone, l’équipe d’exploration fonctionnelle du système nerveux pédiatrique, Pr Fabrice Wallois, Dr Emilie Bourel, Laurence Legrand, Philippe Forget.
Grâce aux exercices de simulation, les équipes se sont préparées à cette «première fois», ont opéré avec moins d’appréhension avec la sensation d’avoir déjà réalisé cette opération. 
Les différentes équipes au bloc opératoire le 28 septembre 2017
La première étape a été de procéder au scanner de l’enfant en traction (étirement qui permet d’avoir la position de la colonne au plus proche de ce qu’elle sera sur la table d’opération). La modélisation du rachis pathologique a permis de produire une impression en 3D. Cette partie osseuse reconstituée a été intégrée dans un mannequin à taille réelle de l’enfant. 

Dos et rachis de l’enfant reconstitués pour la simulation
En plus du geste lui-même, la simulation a permis des’assurer de la compatibilité du matériel d’implantation des vis avec le robot, vérifier que la taille des implants était adaptée à la petite taille du patient, vérifier la compatibilité des vis avec le reste du matériel (tige Magec®). Enfin, un pré-cintrage de tiges fantômes a été élaboré (cintrage des tiges pour s’adapter aux courbures de la colonne) pour gagner du temps le jour de l’opération.
Imagerie du mannequin et de la reconstruction du rachis en 3D après la simulation de l’opération

Une réduction des risques et de la durée de l’opération

Après la préparation anesthésique du jeune garçon, l’opération a duré 3 heures. La simulation a clairement et significativement amélioré la sécurité de prise en charge. L’assistance du robot ROSA® et l’apprentissage des gestes en simulation ont permis de réduire les risques et la durée.
Simulation de l’opération en conditions réelles et avec l’équipe à SimUsanté
Ce type d’intervention reste réservé aux enfants fragiles, aux scolioses difficilement appareillables ou qui ne sont plus appareillables et aux patients dont la croissance n’est pas terminée. 4 jeunes patients sont d’ores-et-déjà programmés pour bénéficier au CHU Amiens-Picardie, de ce nouveau type de chirurgie. La perspective de formalisation d’un protocole pourrait bientôt permettre à d’autres centres cette prise en charge à leurs patients et d’être formés à ces techniques à SimUsanté®.
*Une maladie qui provoque une faiblesse musculaire et hypotonie majeure, due à la dégénérescence des motoneurones antérieurs de la moelle épinière.

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