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Infections gravissimes : à Lyon, le 1er traitement par phages fabriqué en France

Deux patients atteints de sévères infections ostéoarticulaires qui ne pouvaient plus cicatriser ont bénéficié, à titre compassionnel, d’un traitement par phages : l’infection a rapidement été contrôlée. Une 1ère réalisée à partir des phages fabriqués en France et administrée à l’hôpital de la Croix Rousse (HCL). Cette alternative aux antibiotiques a permis d'enrayer l'infection.

Deux patients atteints de sévères infections ostéoarticulaires qui ne pouvaient plus cicatriser ont bénéficié, à titre compassionnel, d’un traitement par phages : l’infection a rapidement été contrôlée. Une 1ère réalisée à partir des phages fabriqués en France et administrée à l’hôpital de la Croix Rousse-Hospices civils de Lyon (HCL). Cette alternative aux antibiotiques a permis d’enrayer l’infection. 
Les bactériophages ou phages sont des virus prédateurs des bactéries. Découverts dans les années 20, ils ont été oubliés avec l’arrivée des antibiotiques. Seuls certains pays de l’Est, tels la Georgie, continuaient à les utiliser pour traiter les infections. La menace de la résistance aux antibiotiques les rend d’actualité. De nombreux patients en échec thérapeutique vont en Géorgie pour être traités par ces fameux phages et éviter d’être amputés.
Des tueurs d’élite versus bombe nucléaire
L’immense intérêt des phages est qu’ils s’attaquent à une bactérie précise ; ici un Pseudomonas aeruginosa multirésistant chez un patient, et un staphylococcus aureus récidivant chez l’autre patient. Ils ne détruisent donc pas les autres bactéries comme le font les antibiotiques. Le revers de la médaille est que, pour être traité, il faut savoir quelle bactérie est en cause.
Pour la 1ère fois ce médicament « vivant » est fabriqué en France par la société Pherecydes Pharma
Pherecydes Pharma a sélectionné des phages parmi sa collection interne, après les avoir testés sur les bactéries infectant les patients. Les résultats du « phagogramme » ont permis de choisir les phages les plus actifs et de fournir un traitement sur mesure. Après préparation magistrale réalisée par la pharmacie de l’hôpital de la croix Rousse-HCL, ils ont été appliqués sur le site de l’infection ostéo-articulaire, avec une excellente tolérance et des résultats positifs, en association avec d’autres procédures et traitements. Les plaies ont pu cicatriser, alors que tous les autres traitements avaient échoué.

« Les résultats positifs de ce traitement en phagothérapie contre une infection ostéo-articulaire sont très encourageants. Ils ouvrent la voie à d’autres cas compassionnels sur les bactéries difficiles à traiter et potentiellement résistantes aux antibiotiques usuels comme Pseudomonas aeruginosa, staphylococcus aureus et Escherichia coli », déclare Guy-Charles Fanneau de La Horie, Président du Directoire de Pherecydes Pharma.  « Nous entrons dans l’ère de la médecine personnalisée en utilisant une association de phages spécifiques à la souche bactérienne pathogène de chaque patient et donc parfaitement adaptée à chaque cas »
«Nous sommes impatients d’explorer la piste thérapeutique prometteuse des bactériophages pour lutter contre l’antibiorésistance  et qui pourrait augmenter significativement les guérisons dans les infections ostéo-articulaires», s’enthousiasme le Pr Tristan Ferry, médecin au centre de référence des infections Ostéo-articulaires de l’hôpital de la Croix Rousse-HCL. 
A chaque phage sa bactérie cible
Le principal intérêt des phages est qu’ils s’attaquent à une bactérie précise: ici un Pseudomonas aeruginosa multirésistant chez un patient, et un staphylococcus aureus récidivant chez l’autre. Ils ne détruisent donc pas les autres bactéries comme le font les antibiotiques. Ce qui exige donc, avant d’initier un traitement, de déterminer quelle bactérie est en cause.
Pherecydes Pharma a sélectionné des phages parmi sa collection interne, après les avoir testés sur les bactéries infectant les patients. Les résultats du «phagogramme» ont permis de choisir les phages les plus actifs et de fournir un traitement sur mesure.
Après préparation magistrale réalisée par la pharmacie de l’hôpital de la Croix Rousse-HCL, ils ont été appliqués sur le site de l’infection ostéo-articulaire, avec une excellente tolérance et des résultats positifs, en association avec d’autres procédures et traitements.

Grâce au traitement par phages, les plaies ont pu cicatriser, alors que tous les autres traitements avaient échoué
Les essais cliniques prévus
Dans le cadre du consortium PHOSA auquel les HCL et Pherecydes Paharma sont partenaires, des essais cliniques vont être prochainement lancés pour traiter les infections ostéoarticulaires avec ces guérisseurs d’un autre genre.
La législation
En France, l’utilisation exceptionnelle de spécialités pharmaceutiques ne bénéficiant pas d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) et ne faisant pas l’objet d’un essai clinique est conditionnée à l’obtention préalable d’une Autorisation Temporaire d’Utilisation (ATU).
Pherecydes a obtenu cette ATU pour le traitement compassionnel des 2 patients. Les ATUs sont délivrées par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) si les conditions suivantes sont respectées : les spécialités sont destinées à traiter, prévenir ou diagnostiquer des maladies graves ou rares, il n’existe pas de traitement approprié, leur efficacité et leur sécurité d’emploi sont présumées en l’état des connaissances scientifiques.
Les infections nosocomiales
Elles affectent environ 5% des personnes hospitalisées en France et provoquent environ 13 000 décès par an – selon l’Enquête nationale de prévalence (ENP) 2006 des infections nosocomiales.
L’Organisation mondiale de la santé estime que, chaque année, en Europe et aux Etats-Unis, les maladies nosocomiales affectent respectivement 4 millions et 1,7 million de patients et causent respectivement 147 000 et 99 000 décès directs et indirects. Les coûts annuels engendrés sont estimés à 7 milliards d’euros en Europe et 6,5 milliards de dollars aux Etats-Unis. Le développement rapide de résistances aux antibiotiques en fait un problème majeur de santé publique.
Pour en savoir plus http://www.chu-lyon.fr/fr/bacteriophage-phagotherapie

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