A Nantes, les CHU, l’Inserm et les Universités partagent leur ambition commune 

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Crédit Photo : CHU Média
Face au recul de la France dans la recherche scientifique mondiale, notamment dans la santé, les CHU, les Universités, et l’Inserm ont profité de leurs retrouvailles aux 19 Assises hospitalo-universitaires pour dévoiler un accord commun visant une politique partagée.

« Il faut continuer à progresser sur la recherche« , avait annoncé à notre micro le président de la Conférence des DG de CHU, Philippe El Saïr, à la veille de l’ouverture des 19 Assises hospitalo-universitaires. Deux jours plus tard, c’est accompagné des autres présidents des différentes Conférences CHU (PCME, Doyens de médecine, Pharmacie, Odontologie), mais également de ceux de l’Inserm et de France Universités, qu’il a présenté une ambition commune pour la recherche en santé. 

Dans un communiqué distribué au public venu assister à la dernière session de ces Assises (organisées à la Cité des Congrès de Nantes), ont peut d’abord lire que cette déclaration commune d’intention repose sur un constat partagé : la position de la France dans la recherche scientifique mondiale n’est plus là où elle était il y a quelques années, la santé ne faisant pas figure d’exception. Les raisons de ce recul ? Sont invoquées l’affirmation ou l’émergence de nouvelles puissances scientifiques (Chine, Inde, Corée du Sud) ainsi que des causes internes et structurelles « comme un sous-financement de la recherche scientifique française«  par rapport à ses voisins européens, ou encore la « complexité de notre modèle d’organisation de la recherche qui articule de multiple acteurs (Universités, Écoles, organismes nationaux de recherche.«  Une réalité particulièrement vraie dans l’écosystème de la santé.

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C’est dans ce contexte que les Conférences CHU, l’Inserm et les universités réunies au sein de France Universités ont choisi de s’unir pour « élaborer des propositions pour promouvoir une politique de site santé dynamique, ambitieuse, efficiente, visionnaire, et respectueuses des spécificités locales. » Une démarche qui, toujours le communiqué, se fait dans une logique de « transformation collective visant à améliorer l’articulation entre la recherche, le soin, la formation et l’innovation, à renforcer l’attractivité et l’excellence des sites hospitalo-universitaires, et ce faisant à renforcer en France la recherche fondamentale, translationnelle, clinique et en santé publique avec un rayonnement international. » 

Des principes partagés et une reconnaissance mutuelle 

Les signataires de la déclaration commune ont affirmé leur attachement à plusieurs principes : la confiance mutuelle ;  la reconnaissance des spécificités et la légitimité de chaque institution (missions, expertises, périmètres) tout en oeuvrant à des stratégies de recherche convergentes ; la valorisation de la pluridisciplinarité ; le respect des politiques de site et de leur histoire ; la subsidiarité et l’efficacité collective. 

Outre des intentions, il est question de quatre objectifs : « la capacité à porter des politiques d’innovation et de recherche de rang international en coordonnant l’ensemble des forces d’un site » ; « le développement d’un écosystème intégré assurant la synergie indispensable entre recherche, formation, soin et innovation. » ; « le renforcement de l’attractivité des carrières hospitalières » (notamment le statut des chefs de cliniques assistants et des assistantes hospitalo-universitaires qui font l’objet d’une crise de vocation et souffrent d’un manque d’attrait de la part des jeunes médecins) ; « l’adaptation du modèle hospitalo-universitaire aux enjeux actuels et futurs de santé publique. » 

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Des engagements et des priorités 

Pour une coopération concrète et commune, plusieurs engagements sont recommandés par les différents acteurs et signataires : « développer une politique de site stratégique partagée, coordonnée par l’université cheffe de file et ses UFRs santé, en lien étroit avec ses partenaires INSERM et CHU » ; « élaborer et mettre en oeuvre des projets structurants conjoints dans la recherche biomédicale et l’innovation en santé«  ; « promouvoir une politique commune et attractive de ressources humaines«  ; « favoriser l’émergence de pôles d’excellence«  ; « garantir la lisibilité des stratégie de site pour les patients, les étudiants, les partenaires académiques, les industriels et les tutelles«  ; « soutenir les unités de recherche, et les plateformes de recherche«  ; « simplifier les organisations communes et leurs relations pour améliorer le quotidien des chercheurs. »

Plusieurs domaines de coopération sont indiqués comme des priorités dont  : les flux croisés de données et d’échantillons, la gestion des ressources humaines (faciliter les mobilités entre institutions, reconnaître les engagements croisés), les pôles universitaires d’Innovation et la propriété intellectuelle. 

Une méthode : la confiance, le dialogue et la coopération 

Afin de rendre ce cadre facilement mobilisable auprès de leurs communautés, des recommandations aux allures de méthodes sont également posées. 

La première consiste à mettre en place une instance resserrée de partage des décisions du site entre France Université, les CHU et l’Inserm à minima, incluant possiblement d’autres acteurs locaux de la recherche (CNRS, CEA, INRAE, INRIA…). Autre action concrète pour parvenir aux objectifs cités plus haut, l’élaboration d’un contrat stratégique pluri-annuel tri-partite de recherche et d’innovation constituant un référentiel partagé pouvant intégrer ressources humaines, valorisation, propriété intellectuelle, plateformes, systèmes d’information, immobilier. La promotion d’un pilotage conjoint de nouveaux outils structurants de la recherche et de l’innovation comme les IHU, RHU, FHU ou encore la mise en place d’un dispositif d’un dispositif d’évaluation des engagements et des résultats sont d’autres pistes concrètes pour un passage des intentions aux actes. 

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Par cette démarche qu’ils espèrent durable, les CHU, l’Inserm et l’Université souhaitent non seulement faire évoluer les pratiques institutionnelles, mais aussi renforcer les carrières hospitalo-universitaires, simplifier la vie des chercheurs et in fine, replacer la France parmi les leaders mondiaux de la recherche en santé. Désormais, il n’y a plus qu’à… 

La rédaction

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