Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Coup d’oeil sur le métier d’infirmière formatrice

Isabelle Teurlay-Nicot est infirmière formatrice auprès des aides-soignants à l’IMS (Institut des Métiers de la Santé) du CHU de Bordeaux. Un métier qui ne se limite pas seulement à la notion d'apprentissage. En juillet dernier, elle a accepté de revenir sur cette profession ou se mêlent expertise médicale et pédagogie.

Présentez-vous ! 

Je suis Isabelle Teurlay-Nicot, je suis infirmière de formation, arrivée à l’IMS du CHU de Bordeaux au mois d’octobre 2022 et je suis formatrice à l’Institut de formation des aides-soignants (IFAS). 

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai fait des études en STAPS, je me suis pas mal blessée donc je n’ai pas pu continuer dans cette voie-là. J’ai cherché du travail dans le domaine du sport mais je n’en ai pas trouvé. Ma mère travaillant dans l’industrie pharmaceutique, je suis rentrée comme visiteuse médicale chez Sanofi. J’ai adoré ce métier mais au bout de vingt ans, j’ai eu envie d’autre chose. Et je me suis rendue compte que je n’étais jamais autant heureuse que quand je quittais le bureau d’un médecin et que j’avais passé une demie-heure à l’écouter, au lieu de parler de mes produits. J’ai donc profité d’un plan que proposait Sanofi pour reprendre mes études. A quarante ans, j’ai donc passé les concours pour rentrer à l’Institut de formation en soins infirmiers (ISFI) de Charles Perrens. J’ai été remplaçante en soins de suite pendant cinq ans.

Et puis je suis revenue à mon premier amour, l’éducation thérapeutique. J’ai passé mon certificat, j’ai eu la chance de travailler au pôle ETP de Bordeaux en éducation thérapeutique où j’ai fait de la coordination d’ateliers, de l’animation, j’appelais les patients etc. A mi-temps, pour l’ARS, j’essayais de développer l’éducation thérapeutique dans les équipes sur le Nord-Gironde. Après il y a eu 2020, avec le Covid. Je suis partie en renfort pour aider des troupes à Angoulême, à l’hôpital et en maison de retraite, puis à la Maison du Diabète. Et là, j’ai eu envie d’autre chose. J’adore l’éducation thérapeutique mais malgré tout, la formation, c’est ce qui me plait.

Pouvez-vous rappeler ce qu’est un IMS ? 

C’est l’Institut des métiers de la santé qui regroupe plusieurs instituts de formation dédiés à la santé, comme son nom l’indique, sauf la médecine qui est gérée différemment. 

Institut des métiers de la santé, site Pellegrin (Bordeaux). Crédit Photo : Réseau CHU.

Quel y est votre rôle ?

Actuellement, je suis formatrice auprès des futurs aides-soignants. On a un rôle pédagogique d’encadrement des élèves avec l’application du référentiel de formation. Il y a un référentiel pour les étudiants infirmiers par exemple et un autre pour les étudiants aides-soignants. On doit beaucoup écouter, entendre les détresses. « Dans quelle mesure je peux accompagner cette personne en respectant son individualité, ses difficultés, pour qu’il puisse ensuite s’intégrer au sein d’une équipe professionnelle ? »

Le 16 mai 2023, vous avez participé aux Olympiades des métiers de la santé. Qu’en retenez-vous ?

Je trouvais l’idée extra. Ça me correspondait complètement. Cette journée off où on fait du sport tous ensemble, où on s’amuse, on fait tomber les étiquettes et on est tous là au même niveau. C’est mon idée de l’environnement du travail. On a tous un même but, on avance tous vers la même chose. Quand on travaille dans un service, on a besoin de tout le monde et c’est important de le montrer. Je ne supporte pas cette hiérarchisation entre les métiers, c’est quelque chose que je trouve insupportable et sur laquelle je veille.

Dans mon parcours professionnel où je n’ai pas été attachée à un service pendant vingt ans, où j’ai bougé, je me suis rendue compte que les équipes qui fonctionnaient étaient liées, où il n’y avait pas de hiérarchie entre les fonctions mais où tout le monde avait son boulot, son rôle en considérant l’autre et en ayant cette même envie. C’est ce qui s’est produit. La coupe a été la cerise sur le gâteau et ça a été une émotion que je ne m’attendais pas à vivre.

Et puis, ce qui est important, c’est que ça a mis l’IFAS en avant. Les aides-soignants souffrent parfois d’un manque de considération. Et que la coupe soit ici, c’est important pour eux. Les aides-soignants ont leur place ici. Ils ont une place entière.

Propos recueillis par Océane Rolland 

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Dossier : La maladie de Parkinson 

Décrite pour la première fois dans An Essay on the Shaking Palsy (1817) par James Parkinson, un médecin anglais, la maladie de Parkinson, mentionnée souvent en abrégé « Parkinson », est une maladie neurodégénérative irréversible d’évolution lente. La maladie s’installe ainsi au cours d’une longue phase asymptomatique de plusieurs années. Les premiers symptômes ne se font en effet ressentir que lorsque 50 à 70% des neurones dopaminergiques du cerveau sont détruits. Ils se déclarent essentiellement progressivement sous la forme d’un tremblement de repos, d’un ralentissement des mouvements et d’une raideur musculaire. Néanmoins, de nombreux troubles moteurs et non moteurs peuvent s’ajouter à la liste, devenant de réels handicaps dans le quotidien de ceux qui la subissent.

Voici comment le CHU de Rennes agit pour contrer Parkinson

Ce jeudi 11 avril a lieu la Journée internationale de la maladie de Parkinson. L’occasion pour les CHU de valoriser leur implication sur ce sujet, notamment à travers les Centres Experts Parkinson (CEP) affiliés. Le Centre Hospitalier Universitaire de Rennes ne manque pas à l’appel, mettant en valeur des actions qui garantissent à la fois une offre diagnostique simplifiée et une prise en charge multidisciplinaire, adaptée au profil de chaque patient.

L’IHU toulousain dédié au vieillissement officiellement lancé

L’Institut Hospitalo-Universitaire HealthAge a officiellement été lancé le 2 avril à Toulouse. Porté par le CHU, l’Inserm et l’Université Toulouse III – Paul Sabatier, cet IHU, le seul exclusivement dédié au vieillissement en France, se donne pour ambition de contribuer au vieillissement en bonne santé des populations et de devenir le centre de référence européen en Géroscience.

Un patient Parkinsonien entreprend le tour du monde à la voile 

Le 10 septembre dernier a retenti le “top départ” des quatorze monocoques participant à l’Ocean Globe Race 2023, une course à voile en équipage autour du monde. A bord du voilier Neptune, deux personnages : le Dr Tanneguy Raffray, ophtalmologue à la retraite, et Bertrand Delhom, ancien moniteur de voile atteint de la maladie de Parkinson. Leur aventure, jalonnée de nombreux défis, est suivie de près par plusieurs professionnels de santé du CHU de Rennes, dont l’avis est à entendre dans le podcast “Qui ose vivra !”