COVID-19 : Comment gérer l’achat public pendant la crise sanitaire?

Auteur /Etablissement :
Dans le cadre de la crise sanitaire associée au COVID-19, le ministère des Finances a publié une fiche spécifique indiquant les modalités de passation et d'exécution des marchés publics. Conseils pratiques de Jessica Phillips du Cabinet Houdart pour assurer aux acheteurs une plus grande sécurité juridique.

Dans le cadre de la crise sanitaire associée au COVID-19, le ministère des Finances a publié une fiche spécifique indiquant les modalités de passation et d’exécution des marchés publics. Conseils pratiques de Jessica Phillips du Cabinet Houdart pour assurer aux acheteurs une plus grande sécurité juridique.
Le 18 mars 2020, la Direction des affaires juridiques du Ministère de l’Economie, des Finances, de l’Action et des Comptes publics a publié une fiche précisant les contours des modalités de passation et d’exécution des marchés publics en temps de crise sanitaire
Passé la surprise de l’exclusion des autres contrats de la commande publique , la vocation première de la fiche apparait remplie et mérite d’être saluée : rassurer les acheteurs et les opérateurs économiques, et favoriser un apaisement contractuel dans le cadre des relations en cours.
La fiche est articulée autour de deux axes: l’exécution et la passation.
Plutôt que de s’en tenir ici à une retranscription platonique, et sans grand intérêt, nous avons puisé au sein de cette fiche un certain nombre de conseils pratiques, pour assurer aux acheteurs une plus grande sécurité juridique dans l’Achat public.

Conseil n°1 – Maintenez un Achat public sécurisé

Nous en sommes conscients, la priorité des acheteurs, et notamment ceux œuvrant dans le domaine de la santé, ne sera pas à la commande publique.
La durée prévisionnelle du confinement ne permet néanmoins pas de lésiner sur le « process Achat ».
S’il est fort à parier que le juge contractuel se montrera conciliant sur certains aspects et certaines pratiques, il ne transigera pas sur la protection des grands principes de la commande publique.
Ainsi, il est ainsi impératif de maintenir une exécution et une passation des contrats publics fluides, optimales, et sécurisées.

Conseil n°2 – Montrez-vous conciliants envers vos co-contractants

Vous privilégiez déjà, dans votre «process Achats» habituel, un ton conciliant, réfléchit, et mesuré.
Il y aura lieu, pendant la période à venir, de redoubler d’efforts.
Plus que le respect du traditionnel impératif de loyauté contractuelle, il s’agira ici de vous adapter aux difficultés concrètes et réelles de vos co-contractants.
Ainsi, à l’occasion de l’exécution de vos contrats publics en cours, n’hésitez pas à retenir la force majeure… mais hésitez tout de même.
La DAJ indique que la force majeure pourrait vraisemblablement trouver à s’appliquer: «Ces difficultés peuvent relever du régime de la force majeure, qui exonère les parties au contrat de toute faute contractuelle».
Plus tranchée encore, elle invite les acheteurs publics à reconnaitre la force majeure chaque fois que les difficultés d’exécution occasionnées pourraient le justifier: «Comme le demande le Gouvernement, il est recommandé aux acheteurs publics, (…), de ne pas hésiter à reconnaitre que les difficultés rencontrées par leurs co-contractants sont imputables à un cas de force majeure».
Nous rejoignons le propos: si les éléments constitutifs de la force majeure sont caractérisés (l’évènement est «imprévisible», «extérieur aux parties», le co-contractant ou l’acheteur public «se trouve dans l’impossibilité absolue de poursuivre, momentanément ou définitivement, l’exécution de tout ou partie» du contrat): celle-ci peut être retenue.
Prudence dans les conséquences à en tirer toutefois.
Par exemple, la reconnaissance de la force majeure ne doit pas être l’occasion de résilier d’emblée le contrat, et mettre le co-contractant en difficulté, si l’hypothèse d’une résiliation en cas de force majeure a été contractuellement envisagée.

Conseil n°3 – Envisagez le recours aux contrats intermédiaires passés en «urgence»

Si la force majeure est caractérisée, si les parties sont d’accord pour le reconnaitre, une procédure de passation pourra être engagée, afin de faire réaliser les prestations impactées par un autre opérateur économique.
Plusieurs facilités de passation prévues par le code de la commande publique seront alors envisageables. Notamment, celle de l’article R2122-1 du code de la commande publique, qui prévoit :
«L’acheteur peut passer un marché sans publicité ni mise en concurrence préalables lorsqu’une urgence impérieuse résultant de circonstances extérieures et qu’il ne pouvait pas prévoir ne permet pas de respecter les délais minimaux exigés par les procédures formalisées.
(…)
Le marché est limité aux prestations strictement nécessaires pour faire face à la situation d’urgence».
Demeure néanmoins en suspens la question du sort du contrat initial.

Conseil n°4 – Faites-vous conseiller

Cela amène à un dernier conseil, général et évident, mais essentiel : acheteurs, mais aussi co-contractants, n’hésitez pas à vous faire conseiller par vos conseils habituels.
Faces aux éventuelles difficultés d’exécution et de passation auxquelles vous serez confrontés, ils sécuriseront vos intérêts et assureront un processus Achat optimal en ces temps tourmentés.

À lire également

Déficit des CHU, le grand paradoxe

Dans un communiqué datant du 3 juillet dernier, les trois conférences CHU ont publié les résultats budgétaires 2025. Avec un niveau de déficit quatre fois plus important qu’en 2021 malgré une activité record, les CHU appellent à un redressement des tarifs de séjours.

Les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux lancent un centre d’excellence en cancérologie pédiatrique

Chaque année en France, plus de 2 200 enfants et adolescents sont diagnostiqués d’un cancer. Si les taux de survie dépassent aujourd’hui 80 %, les rechutes et les séquelles à long terme restent un défi majeur pour la recherche médicale. Dans ce contexte, les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux, aux côtés de l’Oncopole Claudius Regaud et de leurs partenaires, lancent CIRCLE, un centre de recherche d’excellence dédié aux cancers pédiatriques.

Le CHU de Poitiers s’équipe du Biograph Vision Quadra, une innovation majeure en imagerie médicale

Le CHU de Poitiers et Siemens Healthineers France ont signé le 25 juin une convention historique pour l’acquisition du Biograph Vision Quadra, TEP/TDM de dernière génération. Cet équipement sera fonctionnel début 2027 au sein de l’extension du pôle régional de cancérologie du CHU, marquant une étape clé dans l’excellence clinique et scientifique de l’établissement. Ce projet représente un investissement de 9,5 millions d’euros pour l’acquisition et l’installation de l’équipement au cœur même du pôle régional de cancérologie.

Don d’organes : opération sensibilisation au CHU de Nîmes 

À l’occasion de la Journée nationale du don d’organes, le CHU de Nîmes, centre reconnu pour les prélèvements d’organes et de tissus, poursuit son engagement en faveur de cet enjeu majeur de santé publique. Comme dans d’autres grands établissements hospitaliers, les équipes de la Coordination Hospitalière des Prélèvements d’Organes et de Tissus (CHPOT) se sont mobilisées pour informer, sensibiliser et rappeler l’importance d’un geste solidaire qui permet chaque année de sauver des milliers de vies.

Les HCL, premier établissement public autorisé à produire des phages thérapeutiques

Le 28 mai dernier, les Hospices Civils de Lyon ont reçu de la part de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé, l’autorisation de fabrication de Matière Première à Usage Pharmaceutique (MPUP) pour la production de phages thérapeutiques. Cette autorisation est la première délivrée à un établissement de santé. Validant un savoir-faire conforme aux « bonnes pratiques de fabrication », elle va permettre au CHU de Lyon, pionnier dans le domaine, de produire et distribuer des phages de manière sécurisée et à un coût maîtrisé. Historique, cette reconnaissance ouvre la voie à l’instauration, en France, d’une véritable filière publique de phagothérapie, approche thérapeutique considérée comme l’une des plus prometteuses pour lutter contre la progression mondiale de la résistance aux antibiotiques.