Déconfinement : la feuille de route des hôpitaux publics pour une prise en charge optimale

Avec le déconfinement, les établissements de santé se doivent de maintenir deux filières de prise en charge: l’une pour les patients Covid-19, ou susceptibles de l’être, l’autre pour les patients qui n’ont pas de pathologie Covid19. Comment mener au mieux cette double mission? "Le Plan de préparation de la sortie du confinement", défini sous la direction de Jean Castex, coordonnateur de la stratégie nationale de déconfinement, en donne la feuille de route.

Avec le déconfinement, les établissements de santé se doivent de maintenir deux filières de prise en charge: l’une pour les patients Covid-19, ou susceptibles de l’être, l’autre pour les patients qui n’ont pas de pathologie Covid19. Comment mener au mieux cette double mission? "Le Plan de préparation de la sortie du confinement", défini sous la direction de Jean Castex, coordonnateur de la stratégie nationale de déconfinement, en donne la feuille de route.
Pour ce qui concerne la filière de prise en charge des patients non covid, les établissements de santé «devront s’organiser pour être en mesure d’absorber le flux normal de prise en charge qui s’adresse à eux tout en étant en mesure de rattraper l’activité de soins qui a été déprogrammée à partir du 17 mars dernier», indique le responsable de la mission sur le déconfinement. Précisant que dans l’éventualité d’un regain de l’épidémie, il est nécessaire de disposer «d’hôpitaux et de services sanitaires reconstitués» offrant une capacité de prise en charge hospitalière suffisante, en particulier en réanimation. La structuration d’une «réserve» en capacité de soins critiques permettant de faire face à toute résurgence épidémique constitue également un enjeu prioritaire.

Un désarment progressif des lits en réanimation

Le désarmement des lits de réanimation, différencié en fonction des indicateurs départementaux, devra demeurer progressif et pouvoir être réversible très rapidement (dans des délais de 24, 48 ou 72 heures selon les lits) pour faire face à un nouvel afflux de patients. Ces écarts de disponibilités des capacités de réanimation d’un département à l’autre sont susceptibles d’avoir des conséquences sur le rythme de reprogrammation de l’activité, notamment chirurgicale.

Priorité aux patients exposés à des risques de pertes de chance

«La reprogrammation des activités de soins et le rattrapage de l’activité des soins qui avaient été différés par la mise en place du confinement doivent permettre de prioriser les patients exposés à des risques de pertes de chance pour prévenir celles-ci», explique Jean Castex. A savoir, notamment: le suivi des pathologies chroniques, la réalisation des actes de dépistage, notamment de cancers, et un suivi intégral des pathologies psychiatriques et des troubles entraînés par le confinement lui-même. Sur ce dernier point, le soutien aux nombreux dispositifs de soins psychiatriques mis en place pendant la crise doit être poursuivi.

Mise en place d’une cellule de régulation au sein des établissements

Afin de maintenir une offre suffisante de lits de réanimation et de soins critiques, dans l’éventualité d’une deuxième vague épidémique, Jean Castex préconise la mise en place d’une cellule de régulation au sein des établissements afin de préserver une élasticité de l’offre de soins. Plus largement, le pilotage de la reprise d’activité devra reposer sur une concertation territoriale, sous l’égide des ARS, avec l’appui d’une cellule nationale pour la gestion des situations les plus complexes.
«Une attention particulière devra être également apportée aux ressources humaines dans un contexte de fatigue des personnels hospitaliers, en particulier dans les régions les plus affectées par la crise», souligne Jean Castex.

L’implication essentielle des professionnels libéraux

Il insiste par ailleurs sur l’attention à porter aux conditions d’exercice des professionnels libéraux, en première ligne pour l’organisation des diagnostics des patients Covid-19: prescription et réalisation de tests, en lien avec les infirmières et les laboratoires de biologie, pour identifier rapidement les nouveaux cas et lutter contre la chaine de transmission. Ils auront également un rôle essentiel à jouer pour réaliser le rattrapage de l’activité de soins qui a pu être différée pendant la période du confinement, notamment pour les personnes souffrant de pathologies chroniques. «Il conviendra que les pouvoirs publics leur apportent tout leur soutien à cet effet, avance le coordonnateur. En particulier, il faudra veiller à leur approvisionnement régulier en masques sanitaires». Il recommande par ailleurs que les dérogations relatives à la téléconsultation soient prorogées au-delà du confinement. Enfin, il appelle à une meilleure valorisation du rôle des pharmaciens dans les différentes actions mises en œuvre dans le déconfinement.
Betty Mamane

À lire également

Déficit des CHU, le grand paradoxe

Dans un communiqué datant du 3 juillet dernier, les trois conférences CHU ont publié les résultats budgétaires 2025. Avec un niveau de déficit quatre fois plus important qu’en 2021 malgré une activité record, les CHU appellent à un redressement des tarifs de séjours.

Les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux lancent un centre d’excellence en cancérologie pédiatrique

Chaque année en France, plus de 2 200 enfants et adolescents sont diagnostiqués d’un cancer. Si les taux de survie dépassent aujourd’hui 80 %, les rechutes et les séquelles à long terme restent un défi majeur pour la recherche médicale. Dans ce contexte, les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux, aux côtés de l’Oncopole Claudius Regaud et de leurs partenaires, lancent CIRCLE, un centre de recherche d’excellence dédié aux cancers pédiatriques.

Le CHU de Poitiers s’équipe du Biograph Vision Quadra, une innovation majeure en imagerie médicale

Le CHU de Poitiers et Siemens Healthineers France ont signé le 25 juin une convention historique pour l’acquisition du Biograph Vision Quadra, TEP/TDM de dernière génération. Cet équipement sera fonctionnel début 2027 au sein de l’extension du pôle régional de cancérologie du CHU, marquant une étape clé dans l’excellence clinique et scientifique de l’établissement. Ce projet représente un investissement de 9,5 millions d’euros pour l’acquisition et l’installation de l’équipement au cœur même du pôle régional de cancérologie.

Don d’organes : opération sensibilisation au CHU de Nîmes 

À l’occasion de la Journée nationale du don d’organes, le CHU de Nîmes, centre reconnu pour les prélèvements d’organes et de tissus, poursuit son engagement en faveur de cet enjeu majeur de santé publique. Comme dans d’autres grands établissements hospitaliers, les équipes de la Coordination Hospitalière des Prélèvements d’Organes et de Tissus (CHPOT) se sont mobilisées pour informer, sensibiliser et rappeler l’importance d’un geste solidaire qui permet chaque année de sauver des milliers de vies.

Les HCL, premier établissement public autorisé à produire des phages thérapeutiques

Le 28 mai dernier, les Hospices Civils de Lyon ont reçu de la part de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé, l’autorisation de fabrication de Matière Première à Usage Pharmaceutique (MPUP) pour la production de phages thérapeutiques. Cette autorisation est la première délivrée à un établissement de santé. Validant un savoir-faire conforme aux « bonnes pratiques de fabrication », elle va permettre au CHU de Lyon, pionnier dans le domaine, de produire et distribuer des phages de manière sécurisée et à un coût maîtrisé. Historique, cette reconnaissance ouvre la voie à l’instauration, en France, d’une véritable filière publique de phagothérapie, approche thérapeutique considérée comme l’une des plus prometteuses pour lutter contre la progression mondiale de la résistance aux antibiotiques.