Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Enquête FHF: les hospitaliers préparés et mobilisés mais en attente de renfort face à la crise

Les personnels hospitaliers se sentent mieux protégés et mieux préparés mais dans le contexte d’un besoin de recrutement aigu et d'une lassitude qui s'installe. Telles sont les principales tendances mises au jour par l'enquête réalisée par la Fédération hospitalière de France (FHF) à la mi-octobre.

Les personnels hospitaliers se sentent mieux protégés et mieux préparés mais dans le contexte d’un besoin de recrutement aigu et d’une lassitude qui s’installe. Telles sont les principales tendances mises au jour par l’enquête réalisée par la Fédération hospitalière de France (FHF) à la mi-octobre.
Les résultats présentés colligent la situation de près de 300 établissements (CHU, CHS, CH, EHPAD et autres ESMS) situés à 80% dans des zones de circulation active du virus et employant plus de 160 000 professionnels non médicaux. Entre héritage de la première vague COVID-19, progressif retour à la normale et regain épidémique, cette enquête pointe la situation RH déjà complexe des établissements à fin septembre.

Des professionnels mieux protégés et mieux préparés à la prise en charge des patients COVID

Entre héritage de la première vague COVID-19 et progressif retour à la normale, cette enquête pointe la situation RH déjà complexe des établissements à fin septembre.
Les résultats  révèlent que les préoccupations concernant les équipements de protection individuelle (masques, surblouses, lunettes de protection…), si présentes au printemps, ont quasiment disparu. Seul l’approvisionnement en gants appelle à la vigilance.
Autour de 10% des professionnels des établissements touchés par la première vague ont été formés à la prise en charge des patients COVID et environ 1% à la prise en charge COVID en service de réanimation. Bien identifiés, ces professionnels constituent un vivier de compétences très important dans l’appréhension d’une seconde vague alors même que, parallèlement, la connaissance du virus SARS-COV-2 a permis d’améliorer les protocoles de prise de charge.

Absentéisme en hausse, notamment dans les EHPAD

On observe une hausse de l’absentéisme en 2020 par rapport à 2019 d’environ 1% en CHU, 1,6% en EPS hors CHU et presque +2% en EHPAD. Cette hausse s’explique largement par le contexte sanitaire (professionnels de santé touchés par la COVID). Il est ainsi à noter qu’au mois de septembre, l’absentéisme avait retrouvé un niveau proche de 2019, sauf en EHPAD.
Cet absentéisme conjoncturel fragilise le fonctionnement quotidien des équipes, et peut devenir très difficile à gérer en cas de pic d’absentéisme, notamment dans de petits établissements ou dans des services particuliers.

Légère augmentation des départs d’infirmiers et aides-soignants

On observe une légère hausse des départs de professionnels en cette année 2020, plus marquée chez les aides-soignants. Il est à souligner que les verbatim de l’enquête font ressortir que si la hausse des départs n’est pas inquiétante à ce stade, les DRH notent la fatigue des professionnels et une hausse des intentions de départs (pas toujours suivies d’effet) qui illustrent un sentiment de lassitude. Plus encore, pour les établissements, cette hausse des départs n’est pas directement liée à la «surmobilisation» de la crise COVID-19 ou à la volonté de changer de profession, mais plutôt à la persistance de conditions de travail perçues comme dégradées.

Le recrutement, la priorité


Concernant le quotidien des services, une des principales préoccupations des établissements porte sur les postes restés vacants (les postes restés vacants peuvent être ponctuellement pourvus via des remplacements temporaires). A ce titre, les difficultés de recrutement déjà installées persistent dans un contexte d’un besoin de recrutement accru sur l’ensemble du territoire et d’un vivier de professionnels formés qui n’a pas pu être élargi depuis le printemps. La hausse annoncée du nombre de professionnels formés apparait comme une priorité pour les établissements.

Le «casse-tête» de l’organisation des renforts en effectifs 


80% des établissements répondant à l’enquête cherchent activement à renforcer les effectifs et la grande majorité d’entre eux indiquent rencontrer des difficultés pour ce faire. Dans l’urgence, il est à noter qu’ils prévoient notamment d’avoir recours aux modalités de mobilisation déjà utilisées au printemps, notamment les étudiants en santé et les jeunes retraités, catégories qui présentent l’avantage de connaître le lieu d’exercice (lieu de stage ou ancien de lieu de travail) et de pouvoir être rapidement opérationnels.
Toutefois, signe de l’attention portée par les établissements à préserver autant que faire se peut l’équilibre vie privée vie professionnelles des agents, moins de 15% d’entre eux ont été contraints de demander à certains professionnels soignants de reporter ou d’annuler leurs congés.
Betty Mamane

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

A Caen, le CHU innove pour mieux soigner les tumeurs cérébrales 

Comme chaque année, le mois de février est l’occasion pour les CHU, acteurs majeurs du soin et de la recherche à l’échelle régionale, de mettre en valeur leur implication dans la lutte contre le cancer. Le CHU de Caen est notamment revenu sur ses innovations en matière d’intervention neurochirurgicale. Il est d’ailleurs, pour certaines d’entre elles, un précurseur en France.

A Reims, des Logisti-soins libèrent du temps aux soignants

A l’écoute de ses soignants, le CHU de Reims mise sur le déploiement d’un nouveau métier au cœur de son Nouvel Hôpital : le logisti-soins. Gestionnaire des activités de restauration, des consommables et de la maintenance du matériel biomédical, celui-ci vise une amélioration nette de la répartition du travail. Entièrement adoptée par les équipes soignantes, cette réorganisation optimise le soin et dégage ainsi un temps indispensable tant aux soignants qu’aux patients.

L’APHM élabore un kit d’urgence pour les missions spatiales 

Le service de Radiologie Interventionnelle de l’Hôpital de la Timone (AP-HM) s’implique dans le partenariat entre le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), l’Institut de Médecine et Physiologie Spatiale (MEDES) et la Société Française de Radiologie (SFR). Afin d’améliorer la sécurité des astronautes lors des missions spatiales, douze équipes de radiologues ont travaillé sur la conception d’un kit médical d’urgence prenant en charge plus d’une dizaine de pathologies différentes.