Esthétique du bien être à l’hôpital d’enfants de Nancy

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La première chose qui se remarque chez Laura c’est son sourire. Rayonnant. Puis sa douceur. Enveloppante. Tout chez cette jeune femme de 28 ans est calme et sérénité. Ce n’est pas qu’une image. De ses qualités, elle tire l’énergie nécessaire pour soulager, dans son quotidien professionnel, la vulnérabilité, la fatigue et le repli. Laura Lamy est socio esthéticienne : elle intervient auprès de publics « souffrants et fragilisés par une atteinte à leur intégrité physique, psychique ou en détresse sociale ».

La première chose qui se remarque chez Laura c’est son sourire. Rayonnant. Puis sa douceur. Enveloppante. Tout chez cette jeune femme de 28 ans est calme et sérénité. Ce n’est pas qu’une image. De ses qualités, elle tire l’énergie nécessaire pour soulager, dans son quotidien professionnel, la vulnérabilité, la fatigue et le repli. Laura Lamy est socio esthéticienne : elle intervient auprès de publics « souffrants et fragilisés par une atteinte à leur intégrité physique, psychique ou en détresse sociale ». Grâce à la Ligue contre la Cancer 54, elle est présente une fois par semaine à l’hôpital d’enfants, au CHRU de Nancy, dans le service d’onco pédiatrie dirigé par le Pr Pascal Chastagner. Les mains de Laura apaisent, réconfortent, détendent les jeunes patients, soumis à de lourds traitements, qu’elle réconcilie avec leur corps et leur image.
C’est un métier à part entière. La socio esthétique, dont la reconnaissance est encore trop discrète dans les établissements de santé en France, est une nouvelle discipline qui relève d’une formation spécialisée comme celle qu’a suivie Laura Lamy. Forte de ses CAP et BP d’esthétique-cosmétique, et après avoir exercé plusieurs années en institut de beauté, elle a suivi les cours du CODES (Cours D’ESthétique à option humanitaire et sociale) dispensé à Tours. Un centre de formation unique en France qui rassemble dans un  partenariat original le CHRU, l’Hôpital St Maurice, la Région Centre et L’Oréal Luxe. La formation prépare au travail en milieu hospitalier et social, à la gestion de la relation avec les patients, leur entourage, les professionnels et enfin à la connaissance des pathologies physiques et psychologiques de ces publics particuliers. Autant de compétences débouchant sur un titre reconnu par l’Etat et permettant de compléter les prises en charge classiques.
Grâce à la Ligue contre le cancer de Meurthe-et-Moselle, qui œuvre en faveur de la promotion tous les soins de supports, Laura Lamy intervient depuis près de 6 mois auprès des enfants et des adolescents accueillis au CHRU de Nancy. Elle vient tous les mardis aux rendez-vous calés par l’ éducatrice avec les enfants (de 2 ans et demi à 17 ans) ou/et avec leurs parents. « Pour entrer en contact avec les plus petits, je leur explique que je vais leur appliquer de la crème et que je vais les masser pour se relaxer » raconte la jeune femme « C’est sûr que par les mots ce n’est pas évident à comprendre mais je suis aidée aussi par les soignants. » 
Cette activité de contact physique et de grande proximité, voire d’intimité, implique que ceux à qui elle est destinée soient tactiles, ce qui n’est pas forcément le cas. C’est pourquoi aucun soin esthétique n’est fait sans l’accord de l’enfant, et ce, même si les professionnels de santé et les parents jugent que ce serait nécessaire. Laura informe le patient sur ce qui est possible et il choisit : du modelage (visage et corps), aux soins des ongles souvent endommagés par les traitements (mise en beauté et parfois vernis) en passant par le maquillage en cas de perte de sourcils et de cils. « Suivant le degré d’isolement de l’enfant (aplasie) je module mon équipement (chariot, produits, etc.) et j’utilise des doses d’essai désinfectées ou des produits spécifiques achetés grâce au soutien de l’association lorraine « Nicolas Morge – un sens à la vie ». J’ai listé ces produits et cette liste est validée par les médecins du service. »
La socio esthéticienne intervient en hospitalisation et en hôpital de jour. Le rituel est immuable : adaptation aux souhaits de l’enfant (musique relaxante ou télévision) et durée variable du rendez-vous (une demi-heure et au-delà). Tout dépend de l’état des jeunes patients : ils ferment rapidement les yeux, se détendent, se reposent et certains s’assoupissent. D’autres parlent et parfois se confient car les modelages permettent le « lâcher prise » d’où les qualités d’écoute nécessaires. « Après chacune de mes visites, je remplis une fiche bilan où je mentionne le soin donné, les produits utilisés, je décris la séance en détails. » explique Laura Lamy « Je notifie aussi les observations que j’ai faites par rapport à l’état de la peau des patients qui est très réactive aux traitements. Cette fiche est glissée dans leur dossier médical. »
Totalement intégrée dans l’équipe du service d’oncopédiatrie, la jeune femme – salariée de l’association, « Image de soi » dont la mission est de faciliter l’exercice de la profession de socio esthéticienne dans le Nord Est de la France- intervient aussi dans d’autres établissements nancéiens avec des publics handicapés ou de grand âge. A contre-courant des pratiques mercantiles de l’esthétique, elle assume son choix sans sensiblerie : « Lorsque je travaillais en institut, j’ai remarqué que le soin esthétique n’était pas que futile. Il fait du bien aux personnes en bonne santé. Je me suis dit donc que cela pourrait être profitable pour les personnes malades, affaiblies. La socio esthétique a une dimension service public. J’ai trouvé ma vocation. »
Auteur
Laurence Verger, Responsable communication Recherche & culture
CHRU de Nancy
Contacts
Association « Image de Soi » : image.desoi@yahoo.fr
Comité de Meurthe-et-Moselle de la Ligue contre le cancer : 03 83 53 14 14 /
cd54@ligue-cancer.net

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