Grèves et mobilisation des secteurs sanitaire et médico-social : le mouvement s’enflamme!

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Six mois après la clôture du Ségur de la Santé, la colère enfle quant à ses concrétisations. Dans le sillage des praticiens hospitaliers, neuf structures syndicales et associatives lancent un appel commun à la grève des secteurs sanitaire, médico-social et social, ce 21 janvier. Les sages-femmes annoncent leur mobilisation 26 janvier.

Six mois après la clôture du Ségur de la Santé, la colère enfle quant à ses concrétisations. Dans le sillage des praticiens hospitaliers, neuf structures syndicales et associatives lancent un appel commun à la grève des secteurs sanitaire, médico-social et social, ce 21 janvier. Les sages-femmes annoncent leur mobilisation 26 janvier.
Dans la mouvance des «Lundis de la colère» initiés par les praticiens hospitaliers le 11 janvier, neuf structures syndicales et associatives appellent à la grève et à une journée de mobilisation ce jeudi 21 janvier. A savoir: l’Amuf, la CGT, Sud Santé sociaux, la CFE-CGC Santé sociaux, l’intersyndicale Action praticiens hôpital (APH), le Collectif interblocs, le Collectif interhôpitaux, le Collectif interurgences, et la Coordination nationale des comités de défenses des hôpitaux et maternités de proximité.
Au nombre de leurs revendications: l’augmentation du budget hospitalier et plus généralement à tous les établissements de santé publics, l’arrêt des fermetures de services, l’augmentation de lits et de structures et plus globalement une revalorisation des professions médicales et non médicales ainsi qu’une application équitable des accords du Ségur.

Haro sur les inégalités de rémunération entre public et privé 

Le courrier adressé par le ministère de la Santé aux organisations syndicales, le 7 janvier a mis le feu aux poudres. Ce document, détaillant les mesures héritées du Ségur, porte notamment sur les nouvelles grilles de rémunérations jugées «inégalitaires» par les praticiens hospitaliers (PH), avec en l’occurrence la perte de quatre ans d’ancienneté pour ceux nommés avant 2020.
Au-delà, et plus largement, pèsent aussi les inégalités de rémunération avec le secteur privé. Un sentiment légitime d’injustice estime Zaynab Riet, déléguée générale de Fédération hospitalière de France. «Ce Ségur est certes une avancée mais cela ne peut pas être suffisant tant que l’on aura pas ouvert le sujet des écarts de rémunération et de permanence des soins», a-t-elle relevé lors de la conférence de presse  de la FHF ce 19 janvier. «Cela fait partie des tabous, regrette quant à lui Frédéric Valletoux, le président de la FHF. Alors que des enquêtes ont été lancées pour objectiver ces inégalités».

Les sages-femmes en grève le 26 janvier

En tout état de cause, dans ce contexte pandémique, la grogne gagne tous les secteurs de la santé. Ce sont à leur tour, les professionnels de la maïeutique et de la natalité qui appellent à la grève le 26 janvier à travers l’opération «Grève de la natalité». Ce mouvement a pris forme à l’initiative de l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF) rejointe par l’Union nationale et syndicale des sages-femmes (UNSSF) et l’Association nationale des étudiants sages-femmes de France (Anesf).
Les sages-femmes dénoncent un manque de visibilité et de reconnaissance de leur profession. Elles «ne veulent plus être méconnues, méprisées, oubliées», indique le communiqué de l’ONSSF. «Au début de l’épidémie, nous n’étions même pas parmi les professionnels dotés en masque», rapporte Camille Dumortier, présidente de l’ONSSF, à Hospimedia.

Non à la «production» des naissances

Au-delà de leurs propres revendications, les sages-femmes souhaitent alerter les pouvoirs publics sur les conditions d’accouchement. Elles dénoncent, en plus des coupes budgétaires, des gels des salaires, «une politique du chiffre» éloignées des valeurs de leur métier.
Elles en appellent donc « à la solidarité nationale, aux femmes et aux hommes de bonne volonté» pour réduire la «production» des naissances alerte le communiqué de l’ONSSF. A titre d’illustration ironique, elles distribueront des préservatifs dans les rues, lors de leur mobilisation, le 26 janvier prochain. Une vingtaine de salariés de l’Institut médico-éducatif (IME) de Plabennec, dans le Finistère, ont choisi par ailleurs de poser nus pour protester contre la non-revalorisation de leurs salaires.
Titouan De Sousa et Betty Mamane

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