La FHF en ordre de bataille pour affronter une 2e vague !

La Fédération hospitalière de France pose ses marques en cette rentrée marquée par l’épidémie de COVID-19 et en vue des futurs travaux parlementaires sur le PLFSS, le PLF 2021 et la loi "Grand âge et autonomie". Lors de la webconférence de presse qui s'est tenue le 15 septembre, Frédéric Valletoux, son président, Zaynab Riet, déléguée générale et d'autres représentants de l'association se sont exprimés tour à tour sur les inquiétudes, les attentes et les priorités des responsables hospitaliers.

La Fédération hospitalière de France pose ses marques en cette rentrée marquée par l’épidémie de COVID-19 et en vue des futurs travaux parlementaires sur le PLFSS, le PLF 2021 et la loi "Grand âge et autonomie". Lors de la webconférence de presse qui s’est tenue le 15 septembre, Frédéric Valletoux, son président, Zaynab Riet, déléguée générale et d’autres représentants de l’association se sont exprimés tour à tour sur les inquiétudes, les attentes et les priorités des responsables hospitaliers.
Alors que la recrudescence des cas de COVID fait planer la menace d’une reprise épidémique, Frédéric Valletoux appelle à maintenir «l’union sanitaire sacrée» face à la crise. Soit la mobilisation solidaire de tous les acteurs du secteur sanitaire et médico-social, publics ou privés, et des pouvoirs publics qui les soutiennent. Le président de la FHF a insisté sur l’importance de «tirer les enseignements du printemps» et d’anticiper pour que ne se reproduise «plus jamais ça !». Et il avance dans ce sens «six impératifs à mettre en œuvre à très court terme».

Prévention, vigilance et anticipation

A commencer par «une politique claire de prévention afin d’éviter de contaminer les plus fragiles», une coordination anticipée et orchestrée par les agences régionales de santé afin de limiter le renoncement aux soins ou leur déprogrammation.
Frédéric Valletoux pointe aussi l’exigence, concernant les tests, d’une «stratégie nationale de dépistage réellement fondée sur les publics prioritaires» et dans laquelle les ARS doivent être amenées à jouer «leur rôle de régulation». Il appelle en outre à «garder une vigilance maximale sur la gestion des stocks de matériels de protection et de médicaments» et «à passer à la vitesse supérieure en matière de recrutement dans le médico-social» avec la préconisation d’une augmentation de 25% des effectifs dans les cinq ans pour répondre aux besoins. A savoir, «3 équivalents temps plein pour 100 résidents en Ehpad».
Le président de la FHF évoque enfin, comme dernier impératif, l’importance de s’interroger sur la pertinence et l’efficacité du dispositif national de crise au regard des enseignements tirés du premier épisode épidémique (qui a vu se multiplier les cellules de crise). Il émet le souhait que le Gouvernement en prenne acte pour améliorer l’organisation et clarifier le rôle de chacun dans l’éventualité d’une 2e vague.

Une faible marge de manoeuvre sur les effectifs

«Le système de santé reste totalement le même par rapport au printemps, il n’y a pas plus de personnels dans les services hospitaliers», prévient Frédéric Valletoux. Et d’insister:«On sera coupable, si cette fois-ci on anticipe pas».
Alors que s’amorce doucement la réactivation des plans blancs, les équipes médicales gardent une inquiétude face à la faible marge de manoeuvre sur les effectifs et les capacités. «Pour l’instant, nous n’avons pas de lits de réanimation éphémères réactivés et nous n’avons pas encore déprogrammer des soins mais nous y pensons, remarque le Dr Jean-Marie Woehl, président de la commission médicale d’établissement des Hôpitaux civils de Colmar (Haut-Rhin). Côté recrutement, nous avons déjà atteint "le plein emploi" et nous aurons un problème si nous devons créer de nouvelles unités COVID. Il va falloir réorganiser».

Poursuivre la transformation du système dans le sillage de la crise

Pour Zaynab Riet, «cette phase de préparation de la 2e vague doit être l’occasion de passer à l’action» pour poursuivre la transformation du système de santé et tout particulièrement en oeuvrant à sa «déconcentration». Qu’il s’agisse de prévention, de dépistage ou de continuité des soins, il est essentiel que les problématiques soient prises en compte par tous les acteurs du territoire, estime la déléguée génrale de la FHF. «Il y a eu une forte agilité de la par des hôpitaux et des GHT à s’organiser pendant la crise. Nous devons continuer à penser l’organisation et la gradation des soins dans ce sens», a-t-elle préconisé.
La délégué générale s’est exprimée pour finir sur les avancées attendues dans le cadre de la loi "Grand âge et autonomie" soulignant dans ce contexte l’importance de conserver la gouvernance du champ médico-social «majoritairement» au sein des instances de l’Etat «pour que nos aînés puissent bénéficier des soins requis et de qualité tout au long de leur vie».

L’attente d’une augmentation significative de l’Ondam 2021

Autre sujet mis sur la table par les dirigeants hospitaliers : les attentes sur l’Ondam 2021. Dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2021, ils attendent du Gouvernement une augmentation significative de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam).
Concernant l’Ondam dédié au sanitaire, espère une enveloppe supplémentaire de plus de 2 milliards d’euros (hors surcoût du COVID non encore totalement évalué) à laquelle il conviendrait d’ajouter environ 5 milliards d’euros pour la mise nen oeuvre du Ségur de la Santé.
Pour le médico-social, la FHF réclame une hausse de l’Ondam de 3 millards d’euros afin de répondre à l’objectif visé d’augmentation de 25% des effectifs en 5 ans.
Betty Mamane

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