Les hématomes sous-duraux du nourrisson ou le syndrome du bébé secoué

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Alerté par le nombre croissant d'enfants accueillis présentant un hématome sous-durale, le Pr. Patrick Dhellemmes, neurochirurgien pédiatrique à l'hôpital Roger Salengro, a constitué en 1998 une cellule d'évaluation pluridisciplinaire autour des enfants victimes de maltraitances. Elle associe un neurochirurgien,un pédiatre, une assistante sociale et un médecin légiste*. Pour chaque admission d'enfant ou de nourrisson victime d'un traumatisme crânien, la cellule se réunit afin d'étudier la situation de l'enfant et de décider de l'opportunité d'un signalement aux autorités judiciaires ou administratives

Une prise en charge standardisée plébiscitée par les autres services

En 2001, cette démarche a été adoptée par quatre pôles et services. Ainsi, les pôles de réanimation pédiatrique du Pr. Leclerc et de neurochirurgie pédiatrique du CHRU de Lille, seules unités spécialisées pour la région Nord-Pas-de-Calais qui accueillent enfants et nourrissons victimes de traumatismes crâniens sévères, ont souhaité harmoniser leur prise en charge. Ce partenariat s’est étendu aux services d’ophtalmologie et de neuroradiologie.

En 2001, une cinquantaine de jeunes enfants admis pour traumatisme crânien ont été suivis par ces médecins. 7 sont malheureusement décédés.


« Bien que le syndrome du bébé secoué soit ancien et en augmentation constante, la création et le fonctionnement des structures pluridisciplinaires dépendent d’initiatives individuelles.
De plus, aucun accompagnement psychologique n’a été envisagé au niveau national ni pour les parents d’enfants maltraités ni pour le personnel qui les prend en charge. » déplorent les membres de la cellule d’évaluation pluridisciplinaire.

Une étude qui montre les lacunes du système

En partenariat avec ces services, le Dr Nathalie Noule**, médecin légiste, a étudié 38 cas d’enfants âgés de moins de deux ans hospitalisés entre 97 et 2000 pour un hématome sous-dural.
Elle a démontré que 97% d’entre eux pouvaient être attribués à des mauvais traitements. Dans 33 cas, les parents n’ont fourni aucune explication.
Le plus surprenant est que, malgré la sévérité des lésions, seuls 17 enfants ont fait l’objet d’un placement judiciaire et dans 17 cas seulement, des poursuites pénales ont été engagées envers les auteurs présumés.
L’enfant maltraité est dans la majorité des cas le premier enfant du couple et une victime sur trois est issue d’un milieu favorisé.

Protéger les jeunes enfants : le devoir du médecin

Lorsqu’un enfant de moins de deux ans est admis à l’hôpital avec un traumatisme crânien et que les parents ne sont pas en mesure d’expliquer l’origine de ses blessures, le médecin a le devoir de signaler aux autorités judiciaires ce cas afin de protéger l’enfant.

*Cette structure s’inspire du groupe pluridisciplinaire instauré à l’Hôpital Necker à Paris, pionnier dans ce domaine.
**Nathalie Noule a reçu le 15 octobre 2001 le prix de la Fondation pour l’enfance pour son mémoire intitulé « les hématomes sous-duraux du nourrisson et de l’enfant de moins de deux ans.

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