L’Hôtel-Dieu de Paris, prototype de l’hôpital universitaire de santé publique

Engagée dans un vaste plan de restructuration, l’AP-HP planche sur les nouvelles missions de l’hôtel-Dieu, berceau de l’hôpital public à Paris dont l'histoire séculaire remonte au VIIème siècle. Et si l'île de la Cité peut s'enorguellir de disposer d'un tel site, sa rénovation pour mise aux normes ne peut être envisagée tant les travax seraient coûteux. Aussi l'AP-HP, s’appuyant sur le caractère emblématique de l’établissement, souhaite le transformer en un hôpital universitaire de santé publique. Un concept nouveau dont les caractéristiques ont fait l'objet d'analyses et de contributions expertes ; la réflexion se poursuit avec tous les partenaires et acteurs de santé.

Engagée dans un vaste plan de restructuration, l’AP-HP planche sur les nouvelles missions de l’hôtel-Dieu, berceau de l’hôpital public à Paris dont l’histoire séculaire remonte au VIIème siècle. Et si l’île de la Cité peut s’enorguellir de disposer d’un tel site, sa rénovation pour mise aux normes ne peut être envisagée tant les travax seraient coûteux. Aussi l’AP-HP, s’appuyant sur le caractère emblématique de l’établissement, souhaite le transformer en un hôpital universitaire de santé publique. Un concept nouveau dont les caractéristiques ont fait l’objet d’analyses et de contributions expertes ; la réflexion se poursuit avec tous les partenaires et acteurs de santé. Elle est désormais animée par le Pr Jean-Yves Fagon*, nommé préfigurateur du nouvel Hôtel-Dieu.
Soucieuse de répondre aux nouvelles attentes de la société en matière de santé, l’AP-HP a retenu quatre paramètres déterminants pour définir les nouvelles missions de l’offre hospitalière du XXIème siècle : plus que jamais elle doit veiller à garantir l’accès aux soins de proximité pour tous grâce à des filières fortement articulées avec la ville et au développement d’une offre de secteur 1* ; tenir compte de l’évolution des pathologies, de leur mode de prise en charge, des progrès techniques et des savoirs et de leur incidence sur les métiers de santé ; et enfin répondre à la forte demande de la population en matière de santé publique ( promotion de la santé, prévention, dépistage, éducation thérapeutique, évaluation des pratiques professionnelles et médicales).
Le concept d’hôpital universitaire de santé publique se dessine
A la fois plate-forme de prévention, établissement dispensant des soins de secteur 1**, centre de recherche, de formation doté de techniques de simulation innovantes et d’enseignement en santé, l’hôtel-Dieu de Paris abritera aussi le musée et l’espace d’information du public ainsi que le siège de de l’institution.
L’hôpital universitaire de santé publique apportera une réponse innovante aux attentes en matière
– de prévention, de soins de secteur 1 et d’éducation à la santé
L’Hôtel-Dieu de demain pourrait garantir une offre de soins de secteur 1 via un centre de médecine ambulatoire ouvert sur la ville avec un espace de consultations sans rendez-vous, pouvant répondre aux besoins urgents de proximité, associé à des consultations spécialisées et adossé à un plateau technique. Ce projet constituerait un service majeur qui viendrait compléter l’offre de soins assurée par la médecine de ville pour la population francilienne et plus particulièrement pour les populations fragiles (patients en situation de précarité, adolescents, étudiants…) qui bénéficieraient d’horaires étendus, y compris le week-end. Il devrait permettre de soulager les services d’urgences et pourrait constituer un élément fort des relations entre la ville et l’hôpital dans une logique de parcours de soins.
En matière de santé publique, le projet consiste à développer une activité centrée sur la médecine préventive, le dépistage, l’éducation à la santé, la médecine du travail, les vaccinations. En aval du soin, les activités pourraient se décliner en consultations médicales ou paramédicales destinées à l’éducation thérapeutique ou encore à la gestion de cohortes.
Les patients pourraient bénéficier d’un plateau technique commun intégrant un espace d’accueil et d’orientation, des espaces de consultations, un centre de prélèvements biologiques relié au laboratoire de Cochin (à l’étude) et, enfin, un plateau d’imagerie de secteur 1.
Par ailleurs, un centre de télé-radiologie pourrait permettre de constituer une base de données unique en santé publique grâce à la mise en place d’un réseau d’experts en imagerie. Ce centre d’excellence qui pourrait rayonner sur toute l’AP-HP servirait également aux activités d’enseignement et au développement de techniques de e-learning pour les étudiants, les radiologues et les médecins d’autres spécialités.
La question de conserver des urgences de type SAU (service d’accueil des urgences) fait actuellement l’objet de réflexions en lien étroit avec la communauté médicale. Le maintien de l’UMJ (unité médico-judiciaire) et de Cusco (unité d’hospitalisation des gardés à vue) à l’Hôtel-Dieu fait de son côté l’objet d’une concertation avec la préfecture de police et l’autorité judiciaire.
L’hôpital universitaire de santé publique se distinguera par sa forte dimension interuniversitaire au sein de sa structure pluridisciplinaire L’originalité du projet consisterait à rassembler sur un même site, près des malades, des médecins et des soignants, une communauté scientifique médicale et non médicale (universités ou écoles spécialisées en économie, sociologie, psychologie, grandes écoles disposant d’activités en santé publique) très active dans la recherche, la formation et l’enseignement en santé. Il pourrait servir de centre de conseil et d’expertise pour l’AP-HP mais aussi pour les autorités publiques comme l’ARS, les collectivités locales, les agences sanitaires et les ministères.
Il disposera d’un centre de formation aux métiers de la santé
Désireuse d’investir dans la formation de ses personnels, l’AP-HP souhaite regrouper l’école de chirurgie ainsi que les écoles IBODE (infirmiers de blocs opératoires diplômés d’état) et IADE (infirmiers anesthésistes diplômés d’état). Ce regroupement permettrait de réfléchir à la réorganisation de ces enseignements reconnus au niveau international tout en développant des techniques innovantes avec un enseignement fondé sur la simulation d’actes techniques.
Un concept de musée revisité pourrait accueillir l’espace d’information du public
Le musée totalement rénové, largement ouvert sur l’histoire médicale du 20ème siècle pourrait intégrer un dispositif de présentation des nouveaux chantiers de l’institution. Il serait également un lieu de débat, de rencontres et d’échanges. Grâce à une scénographie originale, le musée permettrait aux visiteurs (grand public, professionnels, étudiants…) de découvrir l’hôpital d’hier et d’aujourd’hui, de situer la trajectoire originale de l’AP-HP et de mieux comprendre l’extraordinaire aventure de ses évolutions.
L’espace d’information du public trouverait tout naturellement sa place en son sein.
Après la remise d’un rapport en juin 2012, la réflexion se poursuit avec tous les acteurs
L’ARS, la Ville de Paris, les universités, les instances centrales de l’AP-HP ainsi que celles du groupe hospitalier Paris centre (Cochin, Broca, Hôtel-Dieu), sont associées à la réflexion. Afin d’élaborer le futur projet médical, l’AP-HP a ouvert le débat en créant six groupes de travail constitués d’experts internes ou externes à l’AP-HP, de représentants des usagers et de professionnels de santé. Dans un communiqué la direction générale reconnaît que « ce projet ne pourra avance qu’avec l’adhésion des partenaires externes que sont les universités, les médecins de ville ou les centres de santé. Il nécessitera également l’engagement et le soutien des acteurs impliqués dans la mise en oeuvre des politiques de santé locales, régionales voire nationales. «
Financement
Le produit de la vente des bâtiments du siège, avenue Victoria et rue Saint Martin, constituera la participation financière de l’AP-HP. La direction générale s’est engagée à ce que le projet ne pèse pas sur la capacité globale d’investissement de l’AP-HP.
Calendrier prévisionnel
Septembre 2012: début de la concertation interne et externe afin de préciser les contours du projet
Fin 2012 : finalisation du projet et mise en place de l’équipe projet
1er trimestre à fin 2014 : première étape des travaux pour les activités de soins
Mi 2015 à fin 2016 : deuxième phase de travaux
*Le Pr Jean-Yves Fagon,  est chef du service de réanimation médicale à l’Hôpital européen Georges Pompidou (AP-HP) et a été directeur de la politique médicale de l’AP-HP
**Les soins de secteur 1 sont prodigués par des médecins qui appliquent les tarifs officiels

À lire également

Cancer du poumon : une première bronchoscopie robotisée au CHU de Rouen

Le Pr Samy Lachkar, responsable de l’unité d’endoscopie respiratoire de Pneumologie du CHU de Rouen, a réalisé avec succès la première bronchoscopie robotisée au sein de l’établissement. Une innovation technologique importante dans la détection et le diagnostic précoce du cancer du poumon, l’un des cancers les plus meurtriers en France.

Le CHU de Rennes à la pointe de la génomique diagnostique

Avec l’acquisition d’un séquenceur « Long-read » de nouvelle génération financé grâce à la générosité des donateurs et mécènes du Fonds de dotation Nominoë, les équipes de génétique moléculaire et génomique et de cytogénétique du CHU de Rennes voient désormais différemment le génome de leurs patients en accédant à des régions jusqu’ici inaccessibles. Cet investissement de 900 000 euros augmente de manière significative les capacités de diagnostic de l’établissement et ouvre des perspectives inédites pour la recherche en génétique.

Endométriose : les 3 CHU du Grand Est au cœur d’un nouveau dispositif régional

Pathologie chronique encore insuffisamment diagnostiquée, l’endométriose touche près de 10 % des femmes en France, soit entre 1,5 et 2,5 millions de patientes. Elle se manifeste par des douleurs parfois invalidantes, peut impacter la fertilité et reste marquée par un délai de diagnostic moyen estimé à sept ans. Face à cet enjeu majeur de santé publique, le ministère de la Santé a lancé en 2022 une stratégie nationale visant à structurer la prise en charge, renforcer la recherche et réduire les délais diagnostiques. C’est dans ce cadre que s’inscrit la création du dispositif régional EndoGrandEst, porté par les CHU de Strasbourg, Nancy et Reims.

Myélome multiple, le CHU de Nantes au cœur de la recherche clinique pour faire progresser les traitements

Publiés le 29 mai 2026 dans la prestigieuse revue scientifique The New England Journal of Medicine par le Pr Cyrille Touzeau, les résultats d’un essai clinique international impliquant 162 centres, démontrent l’intérêt d’une immunothérapie par Teclistamab1 dès la première récidive de la maladie chez les patients atteints de myélome multiple2. Egalement présentés à l’occasion du congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), les résultats d’une étude clinique ayant évalué un traitement précoce par Elranatamab chez des patients atteints d’un myélome multiple pas encore symptomatique3, soulignent l’intérêt de ces nouvelles immunothérapies par anticorps bispécifiques pour le traitement du myélome.