Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Quatre variants pour un vaccin : le professeur Delfraissy évoque un tournant décisif de la pandémie

L'espoir de l'efficacité de la campagne vaccinale, la menace des nouveaux variants du virus, le risque d'une potentielle troisième vague... Invité de la web-émission "Les Contrepoints de la Santé", le 19 janvier, le président du Conseil scientifique Covid-19 a fait un point sans concession de la situation sanitaire.

L’espoir de l’efficacité de la campagne vaccinale, la menace des nouveaux variants du virus, le risque d’une potentielle troisième vague… Invité de la web-émission "Les Contrepoints de la Santé", le 19 janvier, le président du Conseil scientifique Covid-19 a fait un point sans concession de la situation sanitaire.
Les Français peuvent-il avoir une bonne santé en 2021? A la question qui ouvre le débat, la réponse du Pr Jean-François Delfraissy se veut réaliste : si la campagne vaccinale offre un espoir de sortie de la pandémie, les trois mois à venir vont s’avérer «très difficiles».
En effet, la venue des vaccins coïncide avec l’apparition de nouveaux variants de la Covid-19. Bien qu’a priori, ils ne semblent pas entraîner de forme plus grave, leur taux de transmission est nettement plus élevé. «Ils font passer un Ro de 1 à 1,4 voire 1,5», précise l’immunologiste. D’autant qu’au moins quatre de ces virus mutants se sont déjà développés: un anglais, un sud-africain, un brésilien et même un «Suisse de l’est» proche de la frontière autrichienne.

La menace en mars d’une 3e vague épidémique

Alors que le variant sud-africain semble toucher principalement les DOM-TOM, la variante anglaise a déjà été détectée en France. D’après une enquête flash, sur 100 000 tests, 1,4% des PCR positifs sont liés à ce variant. Une nouvelle enquête est par ailleurs prévue sur ce point pour la dernière semaine de janvier et dont le président du Conseil scientifique anticipe déjà des résultats «autour de 4 à 5%». Il reste cependant confiant quant à l’efficacité des vaccins de Pfizer et Moderna contre ce virus.
Le cas sud-africain semble plus incertain. «Pour l’instant nous n’avons aucune donnée montrant que les vaccins actuels neutralisent complètement le virus sud-africain», indique le Pr Delfraissy. Même les fameux anticorps monoclonaux, ayant traité Donald Trump, ne semblent avoir qu’un faible impact sur ce variant.
« C’est une véritable course contre la montre qui se joue». D’après certains scénarios envisagés par le Conseil scientifique, on peut s’attendre durant le mois de mars à avoir «30 à 40% de variant anglais en France ». Avec un indice de transmission de 1,4, le nombre d’infections et de cas graves pourrait drastiquement augmenter. D’où la possible survenue d’une troisième vague épidémique.

 L’enjeu d’une pression immunologique suffisante pour contrer le virus

Le Pr Delfraissy évoque deux hypothèses. La plus pessimiste serait que les nouvelles mutations surpassent le rythme de production des vaccins: «un scénario de jour sans fin» avec l’arrivée d’autres variants dans le courant de l’année, certains avec une transmission plus élevée.
La seconde hypothèse, moins catastrophiste, suppose que la production de nouveaux vaccins à forte efficacité se conjugue à une augmentation du nombre de vaccinés. Ces deux critères permettraient la construction d’une pression immunologique suffisamment importante pour contrer le virus. Mais si l’efficacité est faible et le nombre de vaccinés insuffisant, les mutations du virus pourront dépasser l’effet du vaccin, prévient le spécialiste. 
Le Président du Conseil scientifique insiste également l’importance de «la relation de confiance entre le patient et le médecin» dans cette campagne de vaccination. Et se félicite de l’engouement progressif envers le vaccin qui semble gagner la population. Il souligne du reste les efforts accomplis par les autorités sanitaires pour accélérer le processus, évoquant à titre d’exemple le cas de l’hôpital où il exerce: « il y a 10 jours, il y avait un centre de vaccination, maintenant il y en sept, on vaccine même la nuit».
Pour en savoir plusLes Contrepoints de la Santé
Betty Mamane et Titouan De Sousa

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

A Reims, des Logisti-soins libèrent du temps aux soignants

A l’écoute de ses soignants, le CHU de Reims mise sur le déploiement d’un nouveau métier au cœur de son Nouvel Hôpital : le logisti-soins. Gestionnaire des activités de restauration, des consommables et de la maintenance du matériel biomédical, celui-ci vise une amélioration nette de la répartition du travail. Entièrement adoptée par les équipes soignantes, cette réorganisation optimise le soin et dégage ainsi un temps indispensable tant aux soignants qu’aux patients.

L’APHM élabore un kit d’urgence pour les missions spatiales 

Le service de Radiologie Interventionnelle de l’Hôpital de la Timone (AP-HM) s’implique dans le partenariat entre le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), l’Institut de Médecine et Physiologie Spatiale (MEDES) et la Société Française de Radiologie (SFR). Afin d’améliorer la sécurité des astronautes lors des missions spatiales, douze équipes de radiologues ont travaillé sur la conception d’un kit médical d’urgence prenant en charge plus d’une dizaine de pathologies différentes.

A Nantes, un vers marin contribue à sauver un grand brûlé

L’été dernier, le CHU de Nantes a accueilli un patient brûlé sur 85% de son corps. Face à un pronostic vital engagé et à une absence d’alternative, les médecins ont alors demandé l’accord de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour utiliser un pansement oxygénant à base de ver marin (Arenicola Marina) et tenter de le sauver. Si ce produit est encore en phase expérimentale, les résultats semblent prometteurs. Nous avons interrogé le Pr Pierre Perrot, Chef de service du Centre des brûlés du CHU de Nantes, sur cette première.