Tarifs hospitaliers 2025 : malgré des annonces équilibrées, des CHU toujours sous-financés et inquiets

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Philippe El Saïr, le Président de la Conférence des DG de CHU, en mai 2024.
Le gouvernement Bayrou a annoncé l’augmentation de 0,5% des tarifs des hôpitaux publics comme des établissements du privé. Une revalorisation qui du point de la vue de la Conférence des Directeurs Généraux de CHU, constitue un signal positif sans pour autant répondre au sous-financement structurel des CHU.

Afficher une égalité de traitement. C’était l’objectif du gouvernement qui a annoncé ce 25 mars une augmentation identique des tarifs hospitaliers (0,5%) pour les secteurs public et privé en 2025. « Il y a une équité totale entre le public et le privé, ce qui est un changement majeur par rapport à l’année dernière », a expliqué la ministre du Travail et de la Santé Catherine Vautrin. Pour rappel, en 2024, le gouvernement avait annoncé une augmentation des tarifs de 4,3% pour l’hôpital public, contre 0,3% pour le privé, s’attirant les foudres de ce dernier qui avait appelé à la grève générale. 

Pour la Conférence des DG de CHU, qui s’est exprimée dans un communiqué, cette revalorisation globale et équitable, qui distingue cependant « une hausse de de 1% des tarifs sur certaines activités lourdes (réalisées en grande majorité par les CH de référence et les CHU), constitue un signal positif de la part des pouvoirs publics », malgré un « caractère un peu facial dans la mesure où le CICE (200 millions) et le financement de l’avenant 33 (80 millions d’euros) viendront en sus des 0,5% ». 

D’autres mesures annoncées par le gouvernement traduisent, selon les représentants des CHU, d’une « volonté d’écoute et de sécurisation de la situation » de leurs établissements. C’est le cas par exemple, même si la Conférence des DG l’aurait souhaité plus important, de l’effort consenti sur les MERRI (85 millions d’euros supplémentaires) qui financent la participation des établissements de santé aux missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation. En l’occurrence, cet argent doit concrètement « conforter le financement de l’augmentation du nombre d’étudiants, les activités de recherche et les actes hors nomenclatures [c’est à dire non pris en charge par l’Assurance Maladie] réalisés majoritairement dans les CHU. » Autre point qui a rassuré les CHU : la hausse des cotisations retraites des fonctionnaires hospitaliers (de quatre points soit 850 millions d’euros) annoncée dans le précédent PLFSS, et qui « aurait conduit à une impasse », sera finalement pris en charge par un nouveau financement. 

Si cela rejoint la réaction de la FHF qui, de son côté, s’est félicitée de voir que « le gouvernement affiche sa volonté le début de reprise d’activité qui se manifeste à l’hôpital public depuis l’an passé. », l’hôpital public et les CHU restent préoccupés. 

Un sous-financement structurel qui perdure

Car malgré tout, la situation financière des hôpitaux, et en particulier celle des CHU, n’est pas bonne. Et ces derniers restent inquiets, estimant que les mesures annoncées par le gouvernement Bayrou ne traitent pas le problème de sous-financement structurel. 

Réanimation
©DCStudio

Dénoncé depuis de nombreux mois, le déficit a été multiplié par 5 entre 2021 et 2024, atteignant 1 milliard d’euros. Et pour la Conférence des DG, d’ajouter : « Les études techniques menées permettent de démontrer que 90% de cette dégradation du déficit des CHU s’explique d’une part par le sous-financement des mesures salariales (environ 500 millions d’euros), et d’autre part, par l’inflation (environ 435 millions d’euros). En effet, le mode spécifique de financement des CHU, qui repose à 60% sur des dotations et 40% sur les tarifs, ne leur a pas permis de bénéficier de façon satisfaisante des mécanismes de compensation choisis par les pouvoirs publics. »

Dans son communiqué, la Conférence conclut sur l’idée que la dégradation du déficit a des effets concrets sur la capacité des établissements à investir. Elle pourrait également accentuer la fragilisation de plusieurs opérations de modernisation. 

La rédaction 

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