Un millésime de légende conservé dans un nouveau foudre de chêne

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Cérémonie insolite au CHU de Strasbourg le 21 janvier 2015 : le Président du Conseil de Surveillance et Maire de Strasbourg Roland Ries, le directeur général Christophe Gautier et le Président de la Société d’Intérêt Collectif Agricole (SICA) de la Cave Historique du CHU, Patrick Aledo assistaient dans le plus grand recueillement à l'installation du nouveau fût qui accueillera le plus vieux vin du monde, trésor qui fait la fierté de l'établissement.

Cérémonie insolite au CHU de Strasbourg le 21 janvier 2015 : le Président du Conseil de Surveillance et Maire de Strasbourg Roland Ries, le directeur général Christophe Gautier et le Président de la Société d’Intérêt Collectif Agricole (SICA) de la Cave Historique du CHU, Patrick Aledo, assistaient dans le plus grand recueillement à l’installation du nouveau fût qui accueillera le plus vieux vin du monde, trésor qui fait la fierté de l’établissement. Protégée comme une œuvre d’art, ce foudre trône au fond de la cave voutée, six fois séculaire, du CHU de Strasbourg. A ses côtés trois autres futs datés de 1472, 1519 et 1525.
Le nouveau foudre a été réalisée gracieusement par Xavier Gouraud, meilleur ouvrier de France et Jean-Marie Blanchard, compagnon du devoir et généreusement offerte par la tonnellerie Radoux. Il remplace un fût qui contenait du vin de 1472, plus vieux nectar du monde en tonneau ! 300 litres d’un millésime légendaire qui n’a été servi qu’à trois reprises seulement en cinq siècles :
en 1576, à des Zurichois, lorsqu’ils ont prouvé qu’ils pourraient accourir rapidement pour venir en aide à leurs amis strasbourgeois,
en 1718, lors de la reconstruction de l’hôpital suite à un incendie dévastateur ayant eu lieu deux années auparavant. La cave était le seul bâtiment n’ayant pas été affecté par le sinistre. Ainsi, une fiole du vin de 1472 fut symboliquement déposée dans la première pierre du nouvel édifice et, à cette occasion, le vin fut goûté.
en 1944, lors de la Libération de Strasbourg, le Général Leclerc, devenu plus tard Maréchal, est le dernier personnage historique à avoir pu goûter au vin de 1472.
En 2001, lors de la pose de la première pierre du Nouvel Hôpital Civil par la secrétaire d’Etat à la Santé et aux Handicapés, Madame Dominique Gillot et Madame le Maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, un échantillon du vin de 1472 fut déposé symboliquement ainsi qu’un stéthoscope, une fiole de Gewurztraminer issu du millésime 2000 de la Cave historique des Hospices civils et des pièces de monnaie courantes.
Chaque année, des milliers de visiteurs venus du monde entier viennent découvrir ce lieu historique hors du commun et se promener tout au long de la Galerie des Foudres. Cette allée compte une cinquantaine de pièces qui sont utilisées par la trentaine de Domaines viticoles associés. Dans ces futs, ils élèvent des vins de cépage, issus de des terroirs alsaciens, dans le plus strict respect d’une charte de qualité draconienne, avec notamment une double dégustation à l’aveugle… Une production qui sera mise en bouteille sur place (150 000 bouteilles par an). La cave possède aussi un pressoir du XVIIIème siècle et de nombreux objets et instruments relatifs à la vigne.
Un peu d’histoire
Dès 1395, année de sa création, la Cave Historique des Hospices de Strasbourg participe à l’autosuffisance alimentaire de l’hôpital, lui permettant de vivre en autarcie. A cette époque, les religieux proposent bien plus que des soins, le gîte et le couvert aux pèlerins et aux pauvres.
En bénéficiant des dons et legs de diverses personnes soucieuses d’assurer le salut de leur âme, l’Hôpital accroit son patrimoine foncier. Les frais hospitaliers sont souvent réglés en nature, par une partie de la récolte ou par la cession de propriété de terres agricoles. Ainsi, vers la fin du Moyen-âge, l’hôpital détient des intérêts divers dans des communes connues pour leur activité viticole.
La Cave Historique des Hospices de Strasbourg servait donc au stockage des vins, mais aussi du grain et d’autres denrées périssables.
A partir du 17ème siècle, l’hôpital se médicalise, suite aux progrès de la médecine et de la chirurgie, et les quantités de vin distribuées aux malades sont peu à peu réduites.
C’est ainsi qu’en 1994, faute de vignes, d’un savoir-faire indispensable et d’un outil adapté, l’utilisation en propre des chais avait cessé. Les foudres en bois se dégradaient rapidement, commençant à moisir pour les plus petits d’entre eux, ou à s’assécher pour les plus importants.
En 1995, sans perspective de développement, la cave est condamnée à disparaître. Ce n’est que grâce à un repositionnement et à une dynamisation de sa gestion qu’elle réussit à survivre.
En 1996, pour le 600ème anniversaire de la Cave des Hospices de Strasbourg, grâce à la volonté d’œnologues emmenés par Pierre Sparr, leur président, trois foudres furent restaurés. Leurs moûts servit à élaborer deux vins alsaciens vinifiés, élevés et mis en bouteilles sur place. S’ensuivit un important travail d’information des vignerons alsaciens, réalisé sous l’égide des oenologues et de l’interprofession.

Chiffres clés de la cave des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg
1395 année de sa construction
150 000 bouteilles par an
1210 m² de surface
80 tonneaux
26 viticulteurs
ATTENTION « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération » 
Pour en savoir plus télécharger le dossier de presse

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