Les couleurs du temps, une unité adaptée aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou maladie apparentée

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Lieu de vie et de soins, l’Unité d’Hébergement Renforcé du CHU de Nancy constitue une nouvelle offre dans la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée avec troubles comportementaux. Soins, activités sociales et thérapeutiques sont proposés aux patients, adaptés à chaque situation médicale et assurés par une équipe volontaire et spécifiquement formée. Visite guidée des « Couleurs du temps », nom donné par les professionnels de l’unité à ce nouveau service de l’hôpital public.

Lieu de vie et de soins, l’Unité d’Hébergement Renforcé du CHU de Nancy constitue une nouvelle offre dans la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée avec troubles comportementaux. Soins, activités sociales et thérapeutiques sont proposés aux patients, adaptés à chaque situation médicale et assurés par une équipe volontaire et spécifiquement formée. Visite guidée des « Couleurs du temps », nom donné par les professionnels de l’unité à ce nouveau service de l’hôpital public.
Nouvelle structure prévue par le plan Alzheimer 2008-2012 et placée sous la responsabilité du Dr Marie-Agnès Manciaux, chef du pôle Gérontologie et Soins palliatifs du CHU de Nancy, l’UHR « Couleurs du temps » qui a ouvert progressivement ses portes depuis octobre 2010, occupe le 1er étage du Centre St Stanislas, au centre ville de Nancy. C’est une unité d’hospitalisation « classique » en soins de longue durée qui accueillait 28 personnes âgées, transformée pour accueillir 16 résidants  dans les conditions propres à une Unité d’Hébergement Renforcé.
« L’architecture et l’organisation des espaces figurent parmi les principaux critères qui caractérisent une UHR », explique le Dr Claude Lederlin, médecin à l’unité. En parallèle à l’espace privé – chambre individuelle avec sanitaires, dont l’ameublement et la décoration sont personnalisables – les résidants bénéficient d’espaces communs de qualité. Des petits salons et une salle à manger privative pour recevoir ses proches en toute tranquillité ; des salles d’activités, une salle à manger et une cuisine communes pour les moments de vie collective ; un circuit de déambulation intérieur et extérieur sécurisé. « Dernier équipement indispensable à l’UHR qui prend en charge des malades Alzheimer valides, capables de se déplacer seuls, poursuit le médecin, la terrasse qui donne sur le jardin intérieur. C’est un lieu de promenade très apprécié par les résidants et leurs visiteurs ».
Ici, le rythme de vie de chacun est respecté : les équipes soignantes adaptent leur organisation de travail en fonction de l’heure de lever variable d’un résidant à l’autre. La seule exigence est d’être prêt pour le repas du midi servi à heure fixe. « Le soir, chaque résidant se couche lorsqu’il en a envie, précise le Dr Marie-Christine Godart, autre médecin de l’unité. Certains se retrouvent en petit groupe dans l’un des salons et une soignante leur fait la lecture. Un bon moyen de calmer l’angoisse de la nuit qui peut être ressentie par des patients. »
Principe fondamental de l’UHR dans la prise en charge médicale : utiliser le moins possible de médicaments, toujours prescrits en deuxième intention. « La prise en charge multidisciplinaire et avant tout comportementale s’articule autour de 3 points forts, ajoute le Dr Claude Lederlin : des protocoles de soins adaptés et individualisés, réévalués régulièrement en équipe, un projet personnalisé de vie et de soins pour chaque résidant intégrant ses désirs et associant sa famille. Enfin, les activités à effet thérapeutique mises au point et encadrées par du personnel spécialisé avec la participation du personnel soignant, de bénévoles et de familles volontaires. »
Lecture, jeux de société, discussions, cuisine, peinture : ces activités ont pour but de stimuler les fonctions cognitives des patients, leurs fonctions sensorielles (toucher, goût et odorat) et leurs capacités fonctionnelles et de maintenir le lien social. « Chaque jour, une partie du repas du midi – l’entrée ou le dessert par exemple, est confectionnée par les résidants eux-mêmes raconte la psychologue Claire Guitton. Et tous les jeudis, c’est l’ensemble du déjeuner qui est cuisiné par les patients et partagé avec le personnel soignant. » Des activités physiques, comme la gymnastique douce, pratiquées et encadrées par un psychomotricien sont également organisées. Dans tous les cas, chaque résidant est parfaitement libre d’y participer ou non.
Les professionnels de l’UHR – médecins, infirmières, aides-soignantes, cadre de santé, psychologue, psychomotricien et bientôt un psychiatre, ont choisi d’y travailler : une motivation couplée à une formation permanente indispensable à la prise en charge personnalisée des patients présentant souvent des troubles du comportement sévères. « La technique relationnelle est à la base de nos pratiques professionnelles, fait remarquer le Dr Marie-Christine Godart. Il s’agit d’utiliser le toucher, le regard et tout ce qui permet de rentrer en communication avec la personne désorientée, sans la brusquer pour éviter que certains gestes comme la toilette, ne soient vécus comme une agression. » Bien sûr, là comme ailleurs dans l’hôpital, l’écoute du patient est primordiale : sens de l’observation, patience, rigueur et capacité d’adaptation sont des qualités essentielles chez les professionnels accompagnant les résidants de l’unité.

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